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Bande dessinéeet Humour  

Les Tuniques Bleues (n°51) - Stark sous toutes les coutures
de Raoul Cauvin et Lambil
Dupuis 2007 /  8.50 €- 55.68  ffr. / 46 pages
ISBN : 978-8001-3945-6
FORMAT : 21x30 cm

Cousu de fil bleu

Parmi la galerie de personnages hauts en couleur qui peuplent le campement des Tuniques Bleues, le petit chouchou des lecteurs est sans aucun doute le capitaine Stark, personnification loufoque de la btise militaire. Prsent aux cts des hros depuis le dbut de la srie (soit depuis une cinquantaine d'albums), cet indispensable second rle se rsume une rplique unique, rpte en boucle ( Chaaaaargez ! ), et deux activits alternatives : charger, et attendre la prochaine charge, immobile sur son cheval. Oui, le capitaine Stark, on croyait le connatre par coeur. On avait tort. Dans ce nouvel album, Cauvin et Lambil examinent enfin Stark sous toutes les coutures .

travers le rcit d'un ami d'enfance de leur suprieur hirarchique, Blutch et Chesterfield apprennent avec tonnement que celui-ci a eu une vie avant la cavalerie. Ambrose (car c'est son prnom) se destinait devenir tailleur comme son pre, mais il fut recrut par l'arme, et un clat de grenade reu dans le crne en fit le militaire fl que l'on sait. Jamais court d'initiatives hasardeuses, nos deux hros demandent au chirurgien du camp de trpaner Stark afin de lui rendre sa raison. Et c'est un Stark nouveau qui s'veille de l'opration ; un Stark qui refuse de monter cheval et ne semble plus bon qu' repriser les tuniques (bleues) de ses collgues.

Le cap du cinquantime album est pass et rien n'a chang : les Tuniques Bleues continuent de dnoncer l'absurdit de la guerre avec malice et lgret. Ce nouvel album se distingue par une ide de dpart plutt inspire, qui sert parfaitement la thmatique antimilitariste de la srie, et possde en mme temps un bon potentiel comique. Malheureusement, le scnariste traite son sujet avec la paresse qui semble lui tre devenue coutumire. En dlayant un contenu trs pauvre sur 44 pages, en utilisant des ficelles narratives paisses comme des chelles de corde et en rduisant la part de l'humour une peau de chagrin (deux running-gags faiblards, dont un hors-sujet), Cauvin accouche d'un album aussi insipide que les quelques prcdents. Reste le dessin de Lambil, toujours aussi dlicieux... et peut-tre le capital de sympathie que Blutch, Chesterfield et Stark conservent malgr tout auprs des lecteurs nostalgiques.

Michaël Bareyt
( Mis en ligne le 03/09/2007 )
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