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Histoire & Sciences socialeset Poches  

Le Capitalisme hors la loi
de Marc Roche
Seuil - Points 2012 /  6.70 €- 43.89  ffr. / 259 pages
ISBN : 978-2-7578-2862-5
FORMAT : 11cm x 18cm

Première publication en août 2011 (Albin Michel)

''Le capitalisme de l’ombre''

Journaliste financier basé d’abord à New York, puis à Washington, à Bruxelles et finalement à Londres, Marc Roche est l'auteur d'un essai intitulé Le Capitalisme hors la loi paru d'abord chez Albin Michel et aujourd'hui en poche au Seuil. Dans cet ouvrage à la fois fin, documenté et bien écrit, le correspondant du Monde en Grande-Bretagne s’est penché sur ce qu’il appelle «le capitalisme de l’ombre».

Marc Roche convie en effet le lecteur à une passionnante plongée dans les affres du capitalisme contemporain. Ce capitalisme devenu à la fois opaque et spéculatif, dont l’actuelle directrice du Fond monétaire international dit sans ambages qu’il est en quelque sorte hors la loi, s’opposerait au capitalisme réglementé. Ce dernier avatar du capitalisme se serait, il est vrai, émancipé de presque toute règle. Faisant fi des frontières nationales, le capitalisme contournerait très efficacement les réglementations en recourant à diverses techniques, comme notamment le hors bilan, les paradis fiscaux, etc.

L’auteur fustige, de plus, l’explosion de la frontière entre les banques de dépôt et les banque d’affaires. Introduite par le Président américain Bill Clinton, la fin de cette distinction serait une autre raison de l’évolution actuelle du monde de la finance dans lequel chaque pays aurait ses paradis fiscaux plus ou moins attitrés. L’auteur révèle en outre que les spéculateurs chassent en meute, ce qui ne fait qu’accentuer les déséquilibres du système. Par ailleurs, l’apparition de divers titres ou valeurs bancaires contribue aussi à créer une certaine opacité. Est également mis en évidence le rôle parfois néfaste des agences de notation, dont la myopie serait l’un des problèmes.

Face à ces tendances, très néfastes et destructrices pour les économies réelles, les classes politiques de la plupart des pays sembleraient parfaitement impuissantes à juguler les nouvelles distorsions du monde bancaire, économique et financier. Finalement, explique l’auteur, il manquerait une sorte de gendarme de la finance à même de fixer un cadre à ce nouveau capitalisme et le régulant sans l’asphyxier.

Jean-Paul Fourmont
( Mis en ligne le 26/06/2012 )
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