L'actualité du livre
Histoire & Sciences socialeset Période Moderne  

Rome des pèlerins
de Louis Callebat
Flammarion 2000 /  29.01 €- 190.02  ffr. / 135 pages
ISBN : 2-08-012804-3

Rome antique, Rome chrétienne, Rome triomphante

L’anne jubilaire qui vient de s’achever a attir jusqu’ Rome des millions de fidles. Ces plerins de l’an 2000 ont vcu avec enthousiasme les rassemblements de masse " grand spectacle" que nous ont lgu les rgimes autoritaires du XXe sicle et auxquels l’glise catholique ne s’est rallie que sous le pontificat de Jean-Paul II. En dehors de ces moments de liesse collective, ils ont aussi rpt les parcours et les rites des plerins de jadis, revu les difices et les sites admirables qui font la gloire de la Ville depuis tant de sicles. Ce sont ces rites, ces parcours et ces paysages que prsente Rome des plerins.

Louis Callebat voque d’abord les plerinages mdivaux ayant Rome pour but. Il retrace l’histoire de l’institution du jubil, cre par Boniface VIII en 1300 et nous entrane dans l’itinraire des sept principales glises de Rome, tel qu’il fut fix par Saint Philippe Neri en 1552 et pratiqu jusqu’au XVIIIe sicle. Ainsi suivons-nous l’auteur depuis le quartier de Philippe Neri jusqu’ Saint-Pierre, de la grande basilique Saint-Paul-Hors-les-Murs, puis Saint-Sbastien, Saint-Jean de Latran, Sainte-Croix-en-Jrusalem, Saint-Laurent-hors-les-murs, pour finir Sainte-Marie-Majeure.

Hier comme aujourd’hui, le plerin traverse tour tour la Rome antique des consuls et des empereurs, la Rome chrtienne des premiers sicles et du Moyen ge, la Rome renaissante et baroque de la papaut triomphante. Trois Rome bties les unes sur les autres, profondment imbriques jusqu’ en devenir indissociables et dont les silhouettes hrisses de colonnes, de votes et de coupoles habitent depuis toujours au coeur de l’imaginaire occidental.

En parcourant de nouveau, sous la conduite de l’auteur, les plus beaux de ces difices, le lecteur franais ne se sent pas dpays. Quand bien mme son got n’est pas pour les architectures triomphales et qu’il est indiffrent la religion catholique, il sent dans l’air de la Ville ternelle un je ne sais quoi de familier. D’autres capitales ont des charmes puissants, d’autres villes d’Italie l’emportent en pittoresque, mais aucune ne suscitent de pareil sentiment. Sans doute les Gaulois, fils de la Romania, retrouvent-ils en l’Urbs leur premire patrie. Retournons donc, comme nous y invite ce beau livre l’illustration et l’criture galement lgantes, ad limina Petri : Rome n’est pas pour nous une ville trangre.

Thierry Sarmant
( Mis en ligne le 29/03/2001 )
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