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Philippe Contamine   Olivier Bouzy   Xavier Hélary   Jeanne d'Arc - Histoire et dictionnaire
Robert Laffont - Bouquins 2012 /  32 € - 209.6 ffr. / 1214 pages
ISBN : 978-2-221-10929-8
FORMAT : 13,3cm x 20cm
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Cette fille du peuple a été une trouvaille de la démocratie, du peuple prenant la parole (…). Jeanne d’Arc est le fruit de notre temps. Jusqu’à la Révolution, jusqu’à l’envahissement du sol, on n’a pas su ce qu’elle était». C’était en ces termes fort élogieux que Maurice Barrès évoquait naguère Jeanne d’Arc, à laquelle Philippe Contamine, Olivier Bouzy et Xavier Hélary ont récemment consacré un Histoire et dictionnaire, publié aux éditions Robert Laffont.

Assurément, comme l’écrivait Alain, l’histoire de cette figure passionnante est «la plus belle histoire du monde». Alors que d’aucuns se réclament de la Pucelle, au prix parfois de raccourcis à tout le moins étonnants, cet ouvrage s’inscrit dans «une franche volonté d’information, d’information méthodique, vérifiée et vérifiable». La «démarche» des auteurs, ainsi que l’affirme d’emblée Philippe Contamine, se veut en effet «salubre».

Pour ce faire, les universitaires proposent diverses «interprétations» et «mises en perspective», compliquées par l’éloignement historique et mental de notre univers. Se gardant de verser tant dans «l’écueil réductionniste» que dans celui de la «légende vivante», les auteurs ont entendu rendre compte de l’aggiornamento de l’historiographie à propos de l’histoire des femmes, de la guerre, de la paix, de la diplomatie, de l’opinion publique, du sentiment national et religieux. Il s’agissait d’appréhender l’histoire de Jeanne d’Arc à travers différents prismes.

Née vers 1412 dans un milieu pauvre, Jeanne provenait d’un village lorrain, Domrémy. Dans sa jeunesse, en pleine Guerre de Cent Ans, le ciel lui aurait demandé de secourir la France, alors occupée par les troupes anglaises et bourguignonnes. En 1429, la jeune femme rencontra celui que l’on appelait par dérision «le roi de Bourges». Lors de cette visite, singulièrement clairvoyante, Jeanne reconnut Charles VII, qui s’était dissimulé parmi ses courtisans. Finalement, le roi accepta de lui attribuer quelques troupes.

Les historiens retracent, dans cet ouvrage où se mêlent récit et dictionnaire sa vie à Vaucouleurs, à Chinon et à Poitiers. Il est également fait grand cas de la célèbre libération d’Orléans, assiégée depuis des mois et sur le point de tomber aux mains des Anglais. Galvanisés par cette victoire, les Français suivirent la Pucelle et pourchassèrent les Anglais, remportant d’autres succès encore. Louvoyant de ville en ville, les Français reprirent notamment Auxerre, Troyes et Reims, où le monarque put enfin être sacré, conformément à la volonté de Jeanne.

Cependant, cet épisode amorça le déclin de la jeune femme. A Paris, la fortune quitta les Français. Jeanne y fut blessée, puis elle se replia avec le roi au sud de la Loire. En 1430, alors que le duc de Bourgogne tenta de prendre Compiègne, la ville s’en remit à Jeanne d’Arc, laquelle fut finalement capturée. Livrée aux Anglais, Jeanne fut jugée à Rouen, où Pierre Cauchon, l’évêque de Beauvais, mena une sorte de procès politique. Jeanne fut brûlée vive sur la place du Vieux-Marché en 1431. Réhabilitée par le pape en 1456, Jeanne fut béatifiée en 1909 et canonisée en 1920.

C’est sur cette atypique trajectoire que reviennent les universitaires avec force détails. Alors qu’elle fait régulièrement l’objet de tentatives d’instrumentalisation, il peut être positif de se remémorer le propos étonnamment sage de Maurice Barrès, selon lequel «il n’y a pas un Français, qu’elle que soit son opinion religieuse, politique ou philosophique, dont Jeanne d’Arc ne satisfasse les vénérations profondes».

«Chacun de nous, ajoutait-il, peut personnifier en elle son idéal. Etes-vous catholique ? C’est une martyre et une sainte, que l’Eglise vient de mettre sur les autels. Etes-vous royaliste ? C’est l’héroïne qui a fait consacrer le fils de Saint Louis par le sacrement gallican de Reims. Rejetez-vous le surnaturel ? Jamais personne ne fut aussi réaliste que cette mystique ; elle est pratique, frondeuse et goguenarde, comme le soldat de toutes nos épopées. Pour les républicains c’est l’enfant du peuple qui dépasse en magnanimité toutes les grandeurs établies (…). Enfin, concluait-il, les socialistes ne peuvent pas oublier qu’elle disait : «j’ai été envoyée pour la consolation des pauvres et des malheureux»».

Finalement, «tous les partis peuvent réclamer Jeanne d’Arc. Mais elle les dépasse tous. Nul ne peut la confisquer. C’est autour de sa bannière que peut s’accomplir aujourd’hui, comme il a cinq siècles, le miracle de la réconciliation nationale».


Jean-Paul Fourmont
( Mis en ligne le 28/02/2012 )
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