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Paradis perdu
Andrés Barba   Une république lumineuse
Christian Bourgois 2020 /  18 € - 117.9 ffr. / 192 pages
ISBN : 978-2-267-03206-2
FORMAT : 12,0 cm × 20,0 cm

François Gaudry (Traducteur)
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.«Quand on m’interroge sur les trente-deux enfants qui perdirent la vie à San Cristobal, ma réponse varie en fonction de l’âge de l’interlocuteur. S’il a mon âge, je réponds que comprendre n’est rien d’autre que recomposer ce que nous n’avons vu que fragmentairement». Les premières lignes du roman de l’auteur madrilène fixent le drame de San Cristobal et plongent le lecteur dans une fable morale qui le tiendra en haleine tout en le faisant réfléchir à la vraie nature de l’enfance. Ce récit a obtenu le prix Herralde en Espagne.

L’enquête du narrateur est implacable et avance vers un dénouement inexorable. Le conflit est projeté à une grande échelle, dans le tissu social de San Cristobal, petite ville de province entre la jungle et le fleuve, dans un pays imaginaire qu’on imagine en Amérique du Sud : l’espagnol est la langue officielle, la torpeur tropicale, les familles traditionnelles, la même perpétuation du pouvoir et le copinage sont communs à toutes ces petites cités du sud.

En avril 1993, le narrateur, jeune fonctionnaire diplômé en affaires sociales, marié depuis peu à Maia, professeure de violon et mère d’une fillette de neuf ans, arrive là. Il se voit offrir le poste de responsable à la mairie après le succès d’un programme d’intégration des minorités autochtones dans une autre localité. Vingt ans plus tard, il se souvient et analyse à froid l’épisode concernant ces enfants sauvages pour trouver un sens à l’apparition de ces jeunes, leur violence, leur saleté, la langue inconnue qu’ils ont créée. Leur présence a bouleversé l’organisation, la sécurité de la ville et sa nature même : ce lieu de vie harmonieux est devenu un champ de guerre. La population passe de l’indulgence et la pitié, à la peur et la haine.

L’action monte en intensité, l’auteur construit la paysage social pour raconter les événements qui se sont enchaînés dans un crescendo jusqu’à l’attaque par ces jeunes du supermarché Dakota où ils ont tué plusieurs personnes avec des couteaux volés. Ils se sont enfuis, poursuivis par la police, et ont disparu. Une fillette de douze ans, dans une famille aisée, tient un journal qui ajoute une vision troublante sur ces jeunes monstres. Les caméras de surveillance de la ville donnent des renseignements mais rien de précis ne permet de les localiser. Où sont-ils passés ?...

Une république lumineuse propose une réflexion approfondie sur la société à partir des conventions qui définissent l’enfance, loin de l’exotisme d'un Kipling, ainsi que sur notre relation à l’autre, quand c’est un enfant. «Nous éprouvions une sorte d’ambivalence entre le désespoir avec lequel nous nous étions lancés à la recherche des enfants meurtriers et l’inquiétude que nous ressentions pour les nôtres, le sentiment que les uns nous inspiraient déteignant nécessairement sur les autres, comme si l’un n’était que la version négative de l’autre».

Le narrateur est fasciné par cette «République lumineuse», quand il trouve la cachette des trente-deux criminels, qui n’ont rien sauf leurs coutumes bizarres et leur langue originale. Ils ont construit une structure sous la terre, comme un œuf qui donnerait naissance à une version alternative de l’humanité, car ces enfants n’étaient ni possédés ni domestiqués. Personne n’avait besoin d’eux, seuls et libres, usurpateurs même dans un monde auquel ils n’appartenaient pas.

Un roman dystopique, proche de la parabole : ces enfants échappés de l’ordre établi par les adultes remettent en cause une conception parfois fausse de l’enfance.


Eliane Mazerm
( Mis en ligne le 29/05/2020 )
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