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Le pays de l’enfance…
Marie Sizun   La Maison de Bretagne
Arléa - 1er mille 2021 /  20 € - 131 ffr. / 256 pages
ISBN : 978-2-36308-242-8
FORMAT : 13,1 cm × 19,1 cm
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Romancière qui se partage entre Paris et la Bretagne, Marie Sizun (née en 1940) interroge dans son oeuvre la famille, la filiation, le quotidien… Dans ce délicat récit, La Maison de Bretagne, la narratrice, en huit courts chapitres, un par jour de la semaine, d’un dimanche à l’autre, renoue sans enthousiasme avec son enfance, ses souvenirs familiaux.

L’occasion lui en est fournie par l’injonction par l’agent immobilier qui gère sa maison bretonne d’y effectuer des travaux. Une maison que la narratrice a décidé, une fois pour toutes, après en avoir malgré tout accepté l’héritage, de mettre à distance. Comme elle a mis à distance depuis des années les souvenirs de son enfance fracassée à ses yeux par la séparation de ses parents, qui a détruit la famille.

Un père, peintre fantasque et séduisant, parti en Argentine vivre une autre vie. Argentine où il trouve la mort quelques années plus tard dans un accident. Anne-Marie, mère glaciale, professeur de lettres, définitivement asséchée par cette rupture, et peu présente à ses deux filles. Armelle, la cadette, vive, insolente, qui refuse de se laisser enfermer dans le mausolée familial. La figure chaleureuse de Berthe, la grand-mère, celle qui, avec son mari, avait acquis la modeste maison et y vit depuis leur retraite, accueille à bras ouverts fille et petite fille à chaque été, et leur offre l’insouciance qui leur manque tant à Paris.

Bien décidée à rompre avec les souvenirs bretons d’une enfance sinon heureuse du moins protégée, la narratrice décide de vendre la maison, et d’y consacrer cette semaine de congé. Cependant, ses plans sont déjoués par une découverte macabre qui la contraint à prolonger son séjour ; aussi, bien malgré elle, revient-elle sur son enfance, son adolescence, découvre une image de sa mère très différente de celle qu’elle s’est forgée. Elle s’autorise avec circonspection à vivre enfin, à sortir de ce deuil stérile d’un père aimé et fantasmé. Elle s’apprivoise, accepte les rencontres, accepte de se laisser surprendre, d’être émue, de laisser libre cours à son envie de peindre, de faire des projets.

Un joli roman qui est presque une longue nouvelle (Marie Sizun a obtenu en 2018 le prix de la nouvelle de l’Académie française pour Vous n’avez pas vu Violette ?). Par petites touches, Marie Sizun raconte une adolescence des années 1980/90, une ou plutôt deux : celle sage - trop - de la narratrice, celle débridée de sa sœur qui a échappé à la famille ; un univers glacial, non faute de sentiments, mais en raison de l’impossibilité de les exprimer. Un univers dont peut-être, en dépit du temps perdu, il est possible de s’évader. Un roman aux douces couleurs bretonnes : gris bleu lumineux.


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 01/03/2021 )
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