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Mitteleuropa
Slobodan Snajder   La Réparation du monde
Liana Levi 2021 /  24 € - 157.2 ffr. / 624 pages
ISBN : 14,5 cm × 21,0 cm
FORMAT : 14,5 cm × 21,0 cm

Harita Wybrands (Traducteur)
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Slobodan Snajder (Schneider en allemand), né en 1948 à Zagreb, est un auteur dramatique reconnu. S’inspirant de son histoire familiale et surtout paternelle, il balaie ici deux siècles d'histoire européenne, en insistant sur le XXe, avec le deuxième conflit mondial et la guerre civile en Yougoslavie. Une nouvelle démonstration de l’absurdité de ces drames. Le titre vient du Tikkoum Olam, une conception juive de la justice sociale dans un monde meilleur. Au cours du roman, l’auteur évoque aussi la Kabbale, avec l’intervention de Mordekaï, vieux sage qui explique la pensée juive à Georg, d’après l’Ancien Testament, seul reconnu par la religion hébraïque.

Slobodan Snajder fonde son épopée sur le mythe du joueur de flûte de Hamelin (ville germanique) qui a entraîné les enfants de la ville et les a fait disparaître pour se venger de leurs parents. En 1770, beaucoup de Souabes, en aval d’Ulm, quittent leur région, affamés et séduits par la proposition de l’émissaire de Marie-Thérèse de coloniser la Slavonie, région croate, désertique, à la frontière de l’empire austro-hongrois. L’ancêtre du narrateur, le jeune Georg Kempf, descend le Danube sur un radeau. Il fondera une famille vers Vukovar, famille qui va survivre puis prospérer, le père du héros étant un marchand de saindoux.

Dans les années 1930, ils deviennent sous l’impulsion de Hitler des «Volksdeutsche», allemands ethniques en dehors du Reich, populations très utiles aux nazis. Leur vie est rythmée par la mort (Tod), le besoin (Not) et le pain (Brot). Le héros du roman, né en 1919, est le père du narrateur ; il s'appelle lui aussi Georg Kempf, ou Djuka en croate. L’Autriche s’est effondrée en 1918, le traité de Versailles qui mit à genoux l’Allemagne est un réalité lointaine, les Allemands de la diaspora croate sont peu concernés par l’ascension de Hitler. Mais les nouvelles arrivent peu à peu, les Volkdeutsche apprennent qu’en Allemagne, le chômage a presque disparu, la reconstruction du pays se fait avec les bons Allemands protégés des mauvais Allemands non Aryens qui sont isolés et placés derrière les barbelés. Le bolchevisme, ennemi du Reich, n’est pas une menace pour ces Croates d’origine souabe.

Au printemps 1941, la situation en Allemagne fait encore illusion, Stalingrad n’aura lieu que dans un an, la France est écrasée, les Anglais sont sur leur île, la Pologne morcelée est rendue aux Allemands. Georg est enrôlé de force dans les Waffen SS et les fanatiques à la tête de mort se permettent toutes les exactions, avec la bénédiction du chef Himmler. Georg devient Sturrmann (caporal) dans la division Galizien (connue comme la plus cruelle), jurant fidélité au Führer jusqu’à la mort, avec son groupe sanguin tatoué sous le bras, le signe de Caïn. Il ne partage pas du tout le fanatisme nazi, lui qui a vécu en Slavonie entouré de Juifs. Après son refus d’intégrer un peloton d’exécution, il déserte grâce à une infirmière, membre clandestin de la résistance polonaise, et survit dans la forêt. En Pologne, il rencontre Véra qui sera la mère du narrateur. A la fin des hostilités, il parvient à rejoindre sa terre natale, passée sous la férule du communiste Tito.

Toute sa vie, membre d’une diaspora déchirée, Georg a hésité sur son identité. Croate ou Allemand ? C’est aussi le drame de la Yougoslavie, envahie en 1941, puis déchirée par la guerre civile des années 1990. Ce roman, symphonie littéraire riche, aux propos politiques et historiques rigoureux, est un texte puissant. Il constitue un roman croate important.

«Kempf n’avait pas le choix. Rien ne dépendait de sa décision. Il était un objet, une chose, son statut n’avait nullement changé depuis l’époque où il avait été recruté en tant que volontaire-forcé dans la Waffen-SS. Par la suite il avait travaillé comme homme à tout faire en basse Pologne avec autant de droits qu’un serf médiéval».


Eliane Mazerm
( Mis en ligne le 05/04/2021 )
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