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Chronique d’une mort annoncée
Osvalde Lewat   Les Aquatiques
Les Escales - Domaine français 2021 /  20 € - 131 ffr. / 304 pages
ISBN : 978-2-36569-564-0
FORMAT : 14,0 cm × 22,6 cm
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Ce premier roman pourrait se dérouler au Cameroun, pays d’origine de l’auteure qui vit à Paris. Elle a préféré évoquer une république africaine subsaharienne fictive, le Zambuena, ce qui lui laisse toute liberté pour caricaturer et souligner les défauts de ces régimes gangrénés par une corruption généralisée, un vieux dictateur entouré d’une cour d’affidés et une homophobie érigée en loi. L’héroïne, Katmé, a treize ans à la mort de sa mère Madeleine, absente depuis longtemps et enterrée à la va-vite dans un cercueil trop petit sur un lopin de terre isolé. Le ton du roman est donné : un humour froid et acide, atténué parfois par une écriture émouvante, sans apitoiement inutile.

Vingt ans plus tard, Katmé jouit d'une position sociale élevée (elle a fait des études d’économie sociale et pourrait enseigner) ; son mari, Tashun, lui interdit de travailler pour qu’elle serve au mieux ses ambitions politiques. Actuellement préfet d’une grande ville, il fait une campagne éhontée pour devenir gouverneur de la région du Haut Fenn.

''Les Aquatiques'' est le nom d'un quartier populaire en voie de paupérisation, presque un ghetto, où vit l’âme soeur de Katmé depuis le lycée, Samy, garçon-fille artiste, peintre et sculpteur, très brillant mais marginal, loin des contingences matérielles. Il prépare une exposition provocatrice qui va lui attirer les foudres officielles. Quand sa situation s’aggrave avec son incarcération, Katmé se démène inutilement pour l’aider ; sa vie bascule dans une lutte désespérée contre le système en place et la perversion de son époux. Elle prend conscience qu’elle vit au rabais malgré sa position sociale, elle ne veut plus de compromis en sa défaveur, de la soumission totale à son mari ambitieux. Katmé a perdu tous repères... L’écriture sèche et brutale d’Osvalde Lewat accentue l’aspect dramatique de la situation, le sentiment d’incertitude et de danger.

«Mais enfin, qu’est-ce que l’amour a à voir avec le mariage ?(…). Notre pays étant ce qu’il est, si tu quittes ton mari, ne te fais pas d’illusion, on ne te fera aucun quartier. Si c’est ton mari qui te quitte, on te critiquera de ne pas avoir su le garder, mais au moins on te confèrera le statut de victime».

Le statut général de la femme africaine est un drame ancestral sauf dans de rares ethnies matriarcales. Ce très bon premier roman sans indulgence dit aussi le problème de l’homophobie dans les sociétés africaines contemporaines.


Eliane Mazerm
( Mis en ligne le 20/10/2021 )
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