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Littérature  ->  Essais littéraires & histoire de la littérature  
 

A la recherche de Marcel Proust
René Peter   Une saison avec Marcel Proust
Gallimard - Blanche 2005 /  13.50 € - 88.43 ffr. / 174 pages
ISBN : 2-07-077434-1
FORMAT : 14 x 21 cm

Préface de Jean-Yves Tadié.

L’auteur de l’article : Arnaud Genon est professeur de Lettres Modernes, enseignant à Troyes. Doctorant à l’Université de Nottingham Trent (thèse sur Hervé Guibert), il est aussi membre du groupe Autofiction de l’ITEM (CNRS-ENS).

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L’on pourrait se demander : que peut-on encore écrire sur Proust qui n’ait pas été déjà écrit ? Il suffit pour cela de consulter n’importe quelle bibliographie critique consacrée à l’auteur de A la recherche du temps perdu pour s’apercevoir rapidement que les essais biographiques ne manquent pas. Après l’encyclopédique biographie de Jean-Yves Tadié (Gallimard, 1996), qui préface le présent ouvrage, la vie de Proust nous semblait connue et il paraissait difficile d’en dire davantage.

Mais détrompons-nous. Une saison avec Marcel Proust qui paraît 83 ans après la mort de l’écrivain, a été achevé en 1947. Retrouvé dans un vieux carton par Dominique Brachet, petite-fille de René Peter, ce récit évoque les cinq mois de l’année 1906 que René Peter, biographe de Debussy et historien de l’Académie française, partagea avec Proust, dont le « génie d’écrivain n’était encore apparu à personne » (p.33), alors que tous les deux demeuraient à Versailles.

A cette époque, Marcel Proust était « déchiré » par la perte de sa mère. Elle était morte huit mois plus tôt et laissait son fils inconsolable. Proust s’installait à Versailles dans la mesure où « il ne pouvait être question pour lui de continuer à habiter rue de Courcelles, seul, dans cet immense et désolé Sahara où partout flottait l’âme de sa mère… » (p.91). Il y retrouvait René Peter qu’il avait connu plus jeune car, comme le note Dominique Brachet dans son avant-propos, leurs pères appartenaient « l’un et l’autre à l’élite du corps médical » (p.25).

Livre de souvenirs et d’anecdotes sur Proust, Une saison avec Marcel Proust ne vient pas bouleverser les riches biographies déjà existantes. Mais il éclaire la personnalité d’un Proust alors inconnu, déjà malade, aux prises avec ses crises d’asthme qui le retenaient la plupart du temps dans son appartement. Les souvenirs de René Peter sont souvent amusés et amusants, à l’image d’une conversation rapportée durant laquelle Proust proposait une critique du poème de Maurice Vaucaire intitulé Les Petits Pavés. Proust reprend chaque vers, chaque mot afin de démontrer la qualité contestable de ces quelques vers et révèle ainsi la finesse de son esprit.

Mais les moments d’inquiétude ou de lassitude que ressentait l’écrivain sont aussi restitués, notamment à travers certaines remarques de Proust sur lui-même que reprend René Peter : « Or, René, qu’est devenue ma vie ? Celle d’un patraque, celle d’un reclus entouré de médicaments comme un alchimiste de cornues, qui n’a ni le loisir ni même la force de vivre » (p.108). Sa jalousie, son caractère indécis, sa modestie sont toujours évoqués avec le regard et les mots de celui qui, on le comprend, fut un véritable ami. Pour preuve, Proust dit un jour à René Peter qu’il avait été durant quatre mois le seul témoin de sa vie.

La fin du récit évoque les transformations de Proust qui s’éloignait de plus en plus de ses fréquentations mondaines : « Il parlait déjà un peu du monde comme on parlerait d’une maîtresse qu’on a l’intention secrète de quitter » (p.149) et s’il continuait à fréquenter le milieu aristocrate, c’était, selon René Peter, « non plus désormais par snobisme, mais par besoin d’atteindre au mûrissement des personnages qui naiss[ai]ent en lui » (p.151). La recherche du temps perdu commençait à germer dans son esprit.

Ce livre constitue donc un véritable - et plaisant - document sur Marcel Proust. Un Marcel Proust d’avant la gloire et les honneurs, un Marcel Proust qui jalousait la notoriété des autres, ne sachant pas encore que c’est la sienne qui permettrait, presque un siècle plus tard, de faire ressusciter, le temps d’un livre, la mémoire d’un de ses proches amis : René Peter.


Arnaud Genon
( Mis en ligne le 11/07/2005 )
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