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Littérature  ->  Policier & suspense  
 

Je suis Ariel, l’Enfant Adopté
Lawrence Block   Ariel
Baleine - Baleine noire 2007 /  12 € - 78.6 ffr. / 395 pages
ISBN : 978-2-84219-416-1
FORMAT : 11,5cm x 17,0cm

Traduction de Jacques Finné.
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En 1994, Lawrence Block a été sacré «Grand Maître» du roman policier américain. De nombreux héros (l’espion insomniaque Evan Michael Tanner, le privé alcoolique Matthew Scuder, le tueur à gage John Keller, etc.) et ouvrages (une cinquantaine de polars, une dizaine d’anthologies, des nouvelles, etc.) font de ce New-Yorkais à la double casquette d’auteur-éditeur, comptant déjà quarante ans de publications à son actif, une plume noire incontournable.

Dans son alléchant catalogue, Baleine Noire accueille des écrivains trash contemporains (à l’instar de Serge Scotto) comme d’autres plus «classiques» et pionniers (Thomas de Quincey, par exemple). Et, rendons-lui grâce, cette collection résolument atypique, à prix très démocratiques, a encore déterré un petit joyau, jusqu’alors inédit en français et à présent admirablement traduit par Jacques Finné.

«Roberta me répétait que j’étais jolie. Elle me parlait beaucoup, même si je ne prêtais pas toujours une grande attention à ses paroles. Maintenant, elle ne me parle presque plus. Je ne sais pas au juste quand elle a décidé qu’elle ne m’aimait plus. Peut-être qu’elle ne m’a jamais aimée, mais j’étais trop sotte alors pour le comprendre et peut-être qu’à mesure que j’ai grandi, elle en a eu assez de faire semblant. De plus, j’ai remarqué certaines choses. Elle ne m’aimait plus quand Caleb est né et, maintenant qu’il est mort, elle me hait. Sans doute parce que moi, je suis vivante». Sans doute…

Ces mots tracés dans son journal intime par Ariel, une jeune adolescente adoptée par Roberta et David, reflètent à eux seuls le lien bancal, voire ironique, unissant cette famille apparemment sans histoire, qui emménage dans une vieille bâtisse et s’élargit avec la venue de Caleb, un nouveau-né «naturel» (dans les deux acceptions de l’expression) en bonne santé. Au décès inopiné du bébé, les failles ont tôt fait de se révéler au sein des psychologies fragiles, tandis que les fossés se creusent inexorablement dans les rapports humains. L’intrigue, nouée autour de cette tragique et inexplicable disparition, est menée à la manière d’un huis clos, à la différence près qu’ici ce ne sont pas les murs qui enferment les individus, mais bien leurs secrets, leurs démons intérieurs, leurs peurs les plus primitives et irrationnelles.

Le talent de Block est d’avoir rendu palpable une atmosphère. On entend les planchers grincer et la mélodie émaner de la flûte aigrelette ; on voit les fantômes se matérialiser en pleine obscurité et une faible lumière de bougies vaciller sous la porte d’Ariel ; on sent le malaise et la folie gagner peu à peu les protagonistes. En vingt-sept ans, ce récit troublant n’a pas pris une ride. Alors que le cinéma a maintes fois exploité la veine des apparitions et des lieux hantés (notamment dans The Others, Le Sixième sens, They, etc.) avec le réalisme et la fortune que l’on sait, Ariel n’a décidément rien à envier à ces productions qui ont l’intrinsèque avantage du visuel. Entre policier et fantastique, coïncidences et dévoilements, flou et crudité, on ressort complètement déboussolé de cette lecture, parfois malsaine et souvent dérangeante, avec le sentiment prégnant que la sérénité de nos nuits sans cauchemars n’est plus qu’un doux souvenir…


Samia Hammami
( Mis en ligne le 16/07/2007 )
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