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Super héros, mode d’emploi
Alan Moore   Chris Sprouse   Rick Veitch   Jim Starlin   Supreme (tome 2) - Le Retour
Delcourt - Contrebande 2009 /  25 € - 163.75 ffr. / 288 pages
ISBN : 978-2-84789-219-2
FORMAT : 13,3x19 cm
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Celui-là, les amateurs d’Alan Moore l’ont attendu un petit moment. Dix ans après sa première publication, et six ans après la traduction du premier tome (« L’Âge d’or », qui mérite son titre), Delcourt publie enfin la suite et la fin des aventures de Supreme, scénarisées par le père de Watchmen et de From Hell. Les super héros, l’auteur anglais les connaît bien. Il les aime et les déteste à la fois, se plait à leur rendre hommage tout en se foutant de leur bobine et de leurs collants sous le slip. C’est l’amour vache, l’amour fou. Et chaque nouveau travail autour du genre est un petit chef-d’œuvre. Là où, en trifouillant les mentalités de ces justiciers masqués, Watchmen cherchait à dépasser le genre et à le pousser jusque dans ses derniers retranchements, Supreme se pose comme l’archétype du comics de super héros, la série ultime qui réfléchirait à sa condition même de série.

Lorsqu’en 1996 Alan Moore reprend le personnage créé par Rob Liefeld, il décide d’envoyer valdinguer tout ce qui a été fait auparavant sur la série qu’il juge plutôt médiocre. Il lui faut à peine deux planches pour faire de Supreme sa chose, son nouveau terrain de jeu, son laboratoire. Le personnage titre est un Superman bis, un héros tout en muscles et en pouvoirs extraordinaires, veillant sur la terre comme au ciel et cachant son identité sous les traits d’un discret et modeste dessinateur de bandes dessinées à lunettes, habitant dans cette bonne vieille cité qu’est Omegapolis. Avec la saga « The Story of the Year » (soit, en France, le premier tome sus cité), Alan Moore élaborait ainsi un petit joyau de bande dessinée, un récit à la fois sérieux et parodique, ludique et profond. En suivant de près Suprême, le scénariste s’attachait à définir de A à Z l’univers du super héros classique : ses origines, ses ennemis, ses amours, le tout dans un récit labyrinthique et astucieux qui se mord finalement la queue dans un final éblouissant. L’idée la plus fameuse restant sans doute la création de Supremacy, l’endroit où toutes les différentes versions de Supreme, des origines aux interprétations parodiques, se retrouvent une fois qu’elles ont été suffisamment utilisées. Ici, Moore combine avec malice la fiction avec la création, « rationalisant » ainsi le caractère immortel de ces héros de papier.

L’ensemble est une véritable mise en abyme du genre. Derrière ce personnage volontairement fadasse de super boy-scout, se cachent des entités secrètes plus puissantes encore : des scénaristes et des dessinateurs, des imaginations débridées. Supreme n’est qu’une énième version d’un super héros, tout comme le style graphique des années 50 ne correspond plus du tout à celui des années 90. Moore mélange les périodes, confronte les idées désuètes d’une époque aux concepts a priori plus sérieux d’une autre. Et les dessinateurs se plient à l’exercice en s’amusant à parodier le style des comics d’antan : trait épais, aplats de couleurs criardes et papier jauni. Le tout forme une petite histoire illustrée du genre, un cours magistral sur les super héros, leur univers, leurs codes narratifs et leur évolution.

Avec ce second tome (qui reprend les épisodes 53 à 56 de Supreme et les épisodes 1 à 6 de The Return), Moore termine de travailler sur son personnage. Certes, l’effet de surprise est passé et le premier arc étant bouclé, les épisodes qui se suivent ici ne semblent être que des petits digestifs après le plat de résistance. Mais chez Moore, les miettes sont toujours bonnes à ramasser, et ses histoires sont toujours stimulantes et réjouissantes. Qu’il réinvente la guerre de Sécession (où les Sudistes gagnent la bataille en se servant de l’arme atomique !), qu’il mette Supreme face à ses plus dangereux ennemis où qu’encore une fois il fasse preuve de maestria narrative en croisant ses récits, Moore reste impérial et inventif. Paradoxes temporels, fantaisie débridée, science amusante, références en tout genre, dialogues astucieux et pouvoirs incroyables sont au menu : c’est de la distraction intelligente, et force est de constater que ça ne court pas les rues.

Le dernier épisode de Supreme scénarisé par Moore est un long et tumultueux hommage à Jack Kirby, l’un des pères fondateurs. En terminant sur cette figure tutélaire, sur Dieu le père, Moore boucle définitivement et magistralement sa série, et réalise au final l’une de ses créations les plus réussies. Les fans de comics adoreront. Les autres aussi.


Alexis Laballery
( Mis en ligne le 21/07/2009 )
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