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Bande dessinée  ->  Fantastique  
 

Le retour à la Terre
Benoît Peeters   François Schuiten   Revoir Paris (tome 1)
Casterman 2014 /  15 € - 98.25 ffr. / 64 pages
ISBN : 9782203043275
FORMAT : 24x32 cm

Egalement disponible : Images – François Schuiten. Un très beau recueil d’illustrations reprenant plusieurs des travaux de François Schuiten autour de Paris. 32 pages, 9.90 euros.
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En 2155, les humains ont quitté la Terre, devenue invivable, pour s’expatrier dans l’espace et créer l’Arche, un refuge mais aussi un havre policé. Quelques volontaires et surtout les personnes âgées retournent sur Terre pour finir leurs jours. Parmi la dernière cargaison qui a pris place dans l’un des vaisseaux, le Tube, il y a la jeune Kârinh. Elle a toujours rêvé de voir la Terre et surtout Paris. Depuis qu’elle est enfant, elle est passionnée par les livres et connaît par cœur l’histoire de cette ancienne capitale. Ce voyage vers la Terre est aussi la solution idéale pour quitter l’Arche et son destin tout tracé. Kârinh a besoin d’aventures, de voyages, et sur Terre elle espère aussi trouver quelques réponses à ses questions concernant ses parents…

Ce premier tome laisse une large place (45 pages) au voyage dans l’espace proprement dit. Comme une longue introduction avant le véritable périple, lorsque Kârinh arrive sur Terre, puis Paris. Mais ce trajet dans l’espace s’accompagne d’un autre, plus perturbant, plus étonnant : le voyage dans le temps et dans les rêves. Kârinh est en effet « utopiomane » : à l’aide de substances diverses et de quelques supports (livres, dessins, photos, cartes…), elle a la capacité de visiter un Paris d’autrefois, réel ou imaginaire. La voici ainsi plongée, le temps de quelques minutes dans une gravure d’Albert Robida, une perspective d’Auguste Perret ou un livre de Walter Benjamin. Les retours à la réalité sont douloureux et de plus en plus compliqués pour Kârinh. Et l’arrivée sur Terre ne sera pas non plus de tout repos. Le Paris qu’elle pense connaître a en effet bien changé…

Au premier abord, cette histoire s’apparenterait à de la science-fiction traditionnelle, avec son vaisseau spatial, ses corps placés en sommeil prolongé et son chef de bord qui vadrouille dans les travées désertes. On pense à 2001, à Alien, mais très vite, le ton si particulier de Peeters & Schuiten prend le dessus. C’est de la science-fiction-fantastico-onirico-poétique : le genre reste encore à trouver. C’est un genre, un ton, qui rassemble tous les albums de leurs auteurs. Certes, ce nouvel opus ne fait pas partie du cycle des Cités Obscures, il en a pourtant furieusement la saveur et la couleur. Après tout, les fans de la saga le savent bien, Paris n’est qu’une ville reflet de Pâhry… Et des thèmes traités dans les ouvrages précédents se retrouvent ici, accentuant la parenté de Revoir Paris avec le cycle. La ville est un héros à part entière et c’est tout un cortège d’idées qui accompagne ce principe : il y a la ville comme ruine, comme piège, la cité merveilleuse et dangereuse, la nostalgie d’une époque, l’espoir d’un futur meilleur. C’est aussi l’idée d’une ville en perpétuel mouvement, comme les racines d’un arbre qui poussent inexorablement, comme la structure géométrique qui envahit Urbicande : la ville est vivante et pour Kârinh elle est son berceau, sa mère, son père. Le peu de Paris que l’on perçoit ici a fait exploser en miettes l’idée d’un Grand Paris. C’est ici, comme le disent les auteurs clairement une planète ! Autre thème cher aux auteurs, celui de l’image et par extension du livre comme objet de culte, objets magiques et à protéger, à célébrer. Ici, Kârinh se concentre sur des livres d’histoire et d’architecture, pour mieux contrôler et focaliser ses voyages.

Après La Théorie du grain de sable et 12 – La Douce qui retrouvaient un noir et blanc expressif et émouvant, François Schuiten revient à la couleur, et à son travail si caractéristique sur des gammes chaudes et froides, des tonalités nimbant l’ensemble, personnages et architectures d’une sorte de voile transparent, de tulle laiteuse. Avec ce premier tome, réellement fascinant par son faux rythme, son exigence, Schuiten et Peeters prennent le temps d’installer un univers, un personnage et, pour le lecteur, la découverte va se faire petit à petit. Le second tome sera donc, peut-être, celui d’une découverte, une révélation, un Paris visionnaire. Un rêve pour ces architectes que sont Schuiten & Peeters.

Comme souvent avec ces auteurs, la frontière de la bande dessinée est poreuse et c’est vers d’autres dispositifs que se tourne le duo pour compléter le récit. Ici, rien de moins qu’une exposition qui a lieu à la Cité de l’Architecture et du patrimoine (Paris), du 20 novembre 2014 au 9 mars 2015.


Alexis Laballery
( Mis en ligne le 19/12/2014 )
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