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Bande dessinée  ->  Science-fiction  
 

Le dernier des Castaka ?
Alexandro Jodorowsky   Juan Gimenez   La caste des Méta-Barons (tome 8) - Sans-Nom, le dernier Méta-Baron
Les Humanoïdes associés 2004 /  12.60 € - 82.53 ffr. / 64 pages
ISBN : 2731661488
FORMAT : 24 x 32 cm
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Au cœur de cette vaste épopée galactique et mystique qu’est le cycle de l’Incal, le personnage du méta-baron (Sans-Nom) intrigue autant qu’il fascine les nombreux fans de Moebius et Jodorowsky. Aussi la mise en place par ce dernier d’un cycle à part concernant le guerrier ultime a-t-elle fait rêver bien des lecteurs. De Othon le trisaïeul (tome 1) à Aghora le père-mère (tome 7), la dynastie des Castaka présente même suffisamment d’originalité, et une histoire assez mouvementée pour faire concurrence aux tribulations de John Difool.

C’est l’un des charmes de ce futur délirant né de l’esprit fertile de Jodorowsky. Toutefois, les différents épisodes sont d’une valeur parfois inégale et, si le trait de Gimenez est difficilement pris en défaut, les visions scénaristiques de Jodorowsky ne furent pas toujours accessibles au commun des lecteurs. On avait parfois du mal à saisir les complexités de l’histoire, un rien ésotérique. Avec ce huitième album consacré au sauveur de John Difool, la boucle est bouclée et la saga des origines complètes : on y rencontre même Gangez, l’oiseau mythique évoqué dans le hors-série La Maison des ancêtres, et qui est à l’origine de la caste des méta-barons. Mais plus encore, on retrouve avec satisfaction le dépouillement des premiers tomes et un récit enfin débarrassé de ses oripeaux métaphysiques. Le monde dans lequel évoluent les héros est, lui, toujours aussi cohérent (au point d’avoir inspiré un jeu de rôle), et jusque dans les dialogues, le lecteur retrouve ce jargon techno qui est l’un des attraits de la série.

Reprenons l’arbre généalogique des Castaka : on se souvient qu’avant de venir un méta-baron, il faut, selon le code familial du bushitaka, se débarrasser du méta-baron précédent au cours d’un duel à l’arme blanche. Le meurtre du père : tout cela est très freudien ! Or, depuis Aghora, «père-mère» de Sans-Nom, deux méta-barons subsistent, puisqu’Aghora n’a pas su vaincre de manière définitive son père, Tête d’acier, et n’a réussi qu’à l’exiler aux confins de la galaxie. Héritant de ce fardeau d’un ancêtre quasi invincible et prêt à réclamer son titre, Sans-Nom se trouve dans une situation dangereuse. De plus, il doit également faire face à l’une des plus grandes menaces pour l’humanité, déjà en piètre état : un «supra-pou» sidéral capable de ravager un univers pour satisfaire son appétit, et qui se rassasierait bien des restes de l’espèce humaine. Mais chez les Castaka, le sens de la famille triomphe généralement des rigidités du code guerrier, et le mercenariat n’interdit pas une certaine sensibilité aux destinées de son prochain. Entre-temps, le lecteur aura assisté à l’inimaginable : la défaite et la fuite du méta-baron…

Cet album achève fort bien une série ambitieuse, parfois excessive, mais qui offre aux amateurs de science-fiction un monde et un héros originaux et attachants. Contrairement aux autres méta-barons, qui cultivaient l’inhumanité avec délectation, Sans-Nom sait s’attacher le lecteur par ses failles (une pointe de dépression) et une fragilité toute humaine qu’il subit malgré lui. A la dernière page, on se sent donc un peu orphelin, comme à la fin d’un bon livre. Heureusement, l’album débouche sur la promesse de nouvelles aventures et sur un nouveau cycle, consacré à Sans-Nom. Le méta-baron n’est pas encore enterré.


Gilles Ferragu
( Mis en ligne le 07/03/2004 )
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