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Bande dessinée  ->  Chroniques - Autobiographie  
 

Second du nom
Didier Tronchet   Le Fils du yéti
Casterman - Ecritures 2014 /  16 € - 104.8 ffr. / 200 pages
ISBN : 978-2-203-08575-6
FORMAT : 17,2x24 cm
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Didier Tronchet a un parcours à part dans la bande dessinée. De dessinateur humoristique dans les années 1980, il est devenu écrivain émouvant avec un passage par le théâtre puis par la mise en scène. Sans pour autant laisser jamais tomber le dessin, auquel il s'accroche obstinément, dans des albums de tons variés qui vont du drame intimiste au carnet de voyage.
En évolution constante, Tronchet fait pourtant des retours cycliques sur son œuvre passée, transposant pour la scène ou le cinéma les premiers albums de Jean-Claude Tergal ou donnant une deuxième vie à Patacrèpe et Couillalère sous le titre Deux Cons. Ce Fils du yéti ne fait pas exception à la règle : outre la reprise d'un gag fameux de Jean-Claude Tergal, il adapte très littéralement le roman du même titre publié chez Flammarion en 2011.

Un roman adapté en bande dessinée par son auteur, scénario et dessin compris, est un cas exceptionnel pour ne pas dire unique dans les annales du médium. Pour l'occasion, Tronchet a fait le choix d'une forme très identifiée au roman graphique : du noir et blanc, un dessin léger retouché au lavis et un texte très présent. Des codes souvent utilisés pour marquer le respect au texte d'origine, et qui rendent ici son primat à la phase de l'écriture. Cette histoire, c'est d'abord un texte, un témoignage drôle et quasi-lyrique, dans lequel Tronchet se livre largement. Le dessin, avec ses maladresses et ses humanités, vient en rendre compte plus simplement, plus sincèrement aussi, avec recul. Ce deuxième Fils du yéti est moins amusant que le premier, et cache de nombreuses ellipses dans ses points de suspension, mais il gagne aussi au passage une émotion nouvelle, un déséquilibre naturel qui en fait une bande dessinée profondément touchante.

Le narrateur est un dessinateur de bande dessinée venu du Nord et prénommé Didier. Dans cette tranche de vie d'une semaine, le voilà confronté aux flammes d'un incendie, au regard curieux d'une jolie voisine, à l'enterrement de sa grand-mère et à l'affection de son neveu. Ce qui se joue ici, c'est la difficile acceptation du passage de témoin de l'existence, du rôle de fils, de père, d'être humain qu'il faut bien vouloir endosser.
C'est aussi une propension à voir le monde dans une série de petites cases contrôlées, manie très courante chez les lecteurs de bande dessinée et qui justifie bien le retour du récit dans cette forme. Tronchet compare le monde à un album-photo, parfois sous sa variante d'album Panini rempli de vignettes de joueurs de foot à collectionner : les hommes se cachent ainsi sous des images mises en scènes où le temps s'est arrêté. Ce n'est pas un hasard si le narrateur conclut son voyage dans les cases de Tintin au Tibet. Psychanalyse d'Hergé, la grande aventure blanche devient le symbole de la pureté impossible, le moment où le héros du roman d'apprentissage abandonne le monde des morts et décide de revenir vers la société des vivants.
Le Fils du yéti s'inscrit peut-être ainsi dans ces bandes dessinées centripètes, celles de Dave McKean ou Marc-Antoine Mathieu, qui parlent entre les cases du médium qu'elles utilisent (1). C'est aussi, comme toujours chez Tronchet, un récit ironique où le héros ne parvient jamais à se prendre tout à fait au sérieux, et qui nous fait parfois bien rire. C'est surtout une juste évocation des carrefours difficiles de la vie au quotidien.

(1) Voir à ce sujet notre article sur Neuvième Art 2.0: Derrière les grilles


Clément Lemoine
( Mis en ligne le 21/03/2014 )
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