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Z comme Zéro pointé
Jose-Luis Munuera   Jean-David Morvan    Yann   Spirou et Fantasio (n° 50) - Aux sources du Z
Dupuis 2008 /  9.20 € - 60.26 ffr. / 48 pages
ISBN : 978-2-8001-4050-6
FORMAT : 21,5x30 cm
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Le cinquantième album de Spirou a bien failli ne jamais voir le jour ! Évoqué par Jean-David Morvan dès 2006 (au lendemain de la sortie de « Spirou à Tokyo »), puis apparemment annulé par l'éviction de ses auteurs (annoncée lors d'Angoulême 2007), avant d'être officiellement confirmé, « Aux sources du Z » sera donc l'ultime aventure de Spirou signée Morvan & Munuera.
Cette fois, à leurs deux signatures vient s’en ajouter une troisième : celle de Yann, spirouphile et franquiniste bien connu, déjà co-scénariste du one-shot « Le Tombeau des Champignac ». Pour fêter dignement le double événement que constituent le cap du cinquantième tome d’une part, et le soixante-dixième anniversaire du personnage d’autre part, la fine équipe avait promis aux fans un album inoubliable.
Hélas, ils ont tenu parole. « Aux sources du Z » est à Spirou ce que « Le Ciel lui tombe sur la tête » est à Astérix : plus qu’un ratage total, c’est une tâche indélébile sur l'uniforme du groom.

L'argument de départ s’annonce clairement comme un prétexte. L’album voit le retour de Miss Flanner, l’amour de jeunesse de Zorglub et du comte de Champignac, qu’on savait atteinte d’un cancer. Pour sauver la vie de celle qu’il avait affrontée dans « Paris-sous-Seine », Spirou doit remonter le temps, par bonds successifs, jusqu’à l’époque où Pacôme et ses amis étaient encore étudiants. Pour cela, il sera amené à revivre certaines scènes de ses aventures passées.

« Aux sources du Z » est l'album de tous les paradoxes ; et pas seulement temporels. L'association de Morvan et de Yann, c'est un peu le mariage de la carpe et du lapin : les deux scénaristes représentent deux styles bien distincts, et surtout deux visions du personnage diamétralement opposées. Le premier est (avec son complice Munuera) l'artisan d'une soi-disant « modernisation » de la série : bruyante, lourde, dénuée d’humour et de fantaisie. Le second, au contraire, est un adepte du second degré et un nostalgique avoué des années Franquin.
Le scénario qu'ils ont concocté ensemble reflète parfaitement ces contradictions. Ainsi, pendant que ce grand gosse de Yann s'amuse dans son coin avec les vieux jouets qu'il a ressortis du grenier (la peau de singe du « Gorille a bonne mine », le masque-Fantasio de « La Mauvaise Tête », ou encore l'inévitable Turbotraction), et truffe au passage les dialogues de jeux de mots et autres fines allusions, Morvan sort les violons, en exhibant une cancéreuse en phase terminale. Le mélange des genres semble pour le moins déplacé.
À mesure que les auteurs dévoilent les éléments de leur intrigue, celle-ci apparaît de plus en plus artificielle, laborieuse, confuse, incohérente. Le dessinateur a beau remuer dans tous les sens ses personnages caoutchouteux et hystériques, il ne parvient pas à nous faire oublier la vacuité de tout ce remue-ménage. Lorsqu'il déploie de vains efforts de copiste, à l'occasion des séquences empruntées à Franquin, il ne fait que souligner la distance qui sépare cette lamentable « fan-fiction » des albums originaux. Quel est l’intérêt d’un hommage s’il se limite à de simples citations sans aucune inventivité ?
Glissons rapidement sur deux points qui risquent de traumatiser pour un moment les plus fidèles lecteurs de la série. Premièrement, une énorme entorse à la chronologie, sur laquelle repose précisément tout le scénario (en un mot : si on en croit Morvan et Yann, juste avant de rencontrer Spirou et Fantasio dans « Il y a un sorcier à Champignac », le comte était encore étudiant). Deuxièmement, le dénouement abracadabrant, façon Crisis on Infinite Earths (on pensait pourtant que ce genre d'âneries était réservé aux histoires de super-héros). Tout cela, finalement, ne fait que démontrer une évidence : dans une série comme Spirou et Fantasio, où les années passent sans que les personnages ne vieillissent jamais, la chronologie n’est plausible que tant qu’on feint de l’ignorer. Qu’on y regarde d’un peu trop près, et tout s’effondre : c’est exactement ce qui se produit ici.

Si Morvan et Munuera voulaient finir sur un coup d'éclat, c'est réussi : leur baroud d’honneur ressemble à un sabordage en règle. Pour aller de l’avant, les repreneurs de la série n'auront plus qu'à traiter cet album comme il le mérite, c'est-à-dire en l'ignorant totalement.


Michaël Bareyt
( Mis en ligne le 23/12/2008 )
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