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Bande dessinée  ->  Les grands classiques  
 

Histoire d’eau
Jean-David Morvan   Jose-Luis Munuera   Spirou et Fantasio (tome 47) - Paris-sous-Seine
Dupuis 2004 /  8.20 € - 53.71 ffr. / 48 pages
ISBN : 2-8001-2947-6
FORMAT : 21,5 x 30 cm
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S’attaquer à une figure mythique de la bande dessinée n’est pas une chose facile et le cas de Spirou est sans doute encore plus délicat puisque, au contraire de séries stylistiquement cloisonnées comme Blake et Mortimer, Lucky Luke ou Les Schtroumpfs, les aventures du groom rouquin évoluent avec une marge de manœuvre plus ou moins importante selon les auteurs et les périodes. Cette liberté créative est paradoxalement beaucoup plus contraignante puisqu’il s’agit de ne pas bouleverser non plus totalement les codes de la série. En 1998, Tome et Janry en ont fait les frais avec le déroutant « Machine qui rêve ». Un Spirou beaucoup plus noir, plus réaliste et qui fut du même coup froidement accueilli. Malgré quelques défauts évidents, l’album était pourtant une tentative originale d’explorer d’autres directions et, sans le dire vraiment pour cause de crime lèse-majesté, de repousser une fois pour toute l’influence écrasante de Franquin.

Le semi-échec de « Machine qui rêve » a conduit à l’éviction du duo Tome et Janry (qui continue toutefois de se consacrer aux enfantillages du petit Spirou) pour l’arrivée de Morvan et Munuera. Les deux hommes se connaissent bien puisqu’ils ont travaillé ensemble sur la série Merlin. À leurs côtés, un « directeur artistique » de talent, Philippe Buchet (Sillage) d’abord pressenti pour être le dessinateur principal de la série. Un hommage à Franquin dès les premières planches fait figure de profession de foi : il s’agit maintenant de revenir vers un univers connu et des valeurs sûres. Un méchant diabolique, des machines incroyables, et une énième étonnante invention du comte de Champignac : le terrain laissé en friche quelques années est à nouveau exploité, et le retour à la grande aventure peut avoir lieu.

Dans le Spirou de Morvan et Munuera, les machines ne rêvent plus, mais elles tabassent. Un groupe de gros robots enlève le comte de Champignac et, quelque temps plus tard, c’est la Ville lumière qui connaît la crue du siècle en plein été. C’est l’occasion pour les auteurs de s’amuser à imaginer la capitale sous les eaux, et ce avec un grand soin apporté aux décors. Spirou et Fantasio parcourront la ville à la recherche du comte dans un circuit touristique de base qui les mènera du Louvre au centre Beaubourg devenu aquarium géant, en passant par la basilique du Sacré-Cœur, point culminant émergé au-dessus des flots.

Graphiquement, les personnages semblent revenir d’un stage intensif de fitness. Élancées, longilignes, les silhouettes de nos héros se sont affinées et ont gagné en aérodynamisme ! Sous le pinceau de Munuera, Spirou et Fantasio deviennent deux jeunes hommes sportifs et bien dans leurs baskets. La jolie mise en couleur de Lerolle, entièrement numérique pour la première fois dans l’histoire de la série, apporte une note de modernité appréciable.

Mais pour ce premier contact avec la série, l’épisode reste hélas bien en deçà de ce que l’on pouvait attendre. Convenue et bâclée, l’intrigue ne tient pas ses promesses. L’ensemble manque singulièrement de rythme, et l’humour tombe le plus souvent à plat. Quant aux scènes d’action, elles sont le prétexte à un découpage inutilement compliqué et étriqué qui rend la lecture quelque peu confuse.

Mais qu’importe évidemment puisque c’est du dernier opus de Spirou et Fantasio dont il s’agit avant tout ! Qu’importe l’ivresse, pourvu qu’on ait le flacon. « Paris-sous-Seine » est un album de transition ; un travail inégal mais qui contient quelques moments très réussis qui laissent présager un avenir artistiquement plus cohérent. L’épisode ne restera pas dans les annales de la série, mais il marque un nouveau départ – un de plus –, et aura sans doute permis aux deux auteurs de prendre leurs marques pour mieux poursuivre une belle aventure commencée voilà plus de soixante ans.


Alexis Laballery
( Mis en ligne le 05/09/2004 )
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