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Bande dessinée  ->  Humour  
 

Certes, du Libon
 Libon   Les cavaliers de l’apocadispe (tome 2) - n’ont pas fait exprès
Dupuis 2019 /  12.50 € - 81.88 ffr. / 72 pages
ISBN : 9791034737079
FORMAT : 19,9x26,4 cm
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Après un premier volume remarqué l’an dernier, Les Cavaliers de l’Apocadispe reviennnent dans les librairies pour la rentrée. À cette sortie s’ajoute celle d’une intégrale Hector Kanon chez Fluide Glacial pour souligner la reconnaissance de Libon comme auteur complet. Nous avons donc le plaisir de lire dix-sept épisodes du trio infernal, toujours aussi salutaire pour la bonne humeur de nos neurones.

Les Cavaliers font désormais partie des incontournables du journal Spirou, et leur succès risque fort de durer. Rien qu’avec les anciens épisodes, il y aurait de quoi remplir deux albums supplémentaires, et leurs aventures continuent. Les récits repris dans Les Cavaliers de l’Apocadispe n’ont pas fait exprès rappelleront aux lecteurs du journal, dans le désordre, des numéros spéciaux de ces dernières années : le Tour de France, le parc Spirou, Star Wars, Noël, Batman, la Saint-Valentin… Une grande diversité de thèmes surprenante mais invisible pour le nouveau lecteur. Plus le thème est contraignant, plus Libon l’écrase pour le mettre au niveau de sa série, sans la corrompre mais avec une forte dose d’ironie. Il a cette grande force de pouvoir s’alimenter à tout ce qui passe, sans perdre sa propre identité. Rares sont les dessinateurs qui s’en sortent aussi bien, sur des sujets souvent dévolus aux seconds couteaux du journal.

Cette identité, il la doit beaucoup à ses choix graphiques, franchement radicaux. Libon semble refuser les effets de style gratuits, les changements de point de vue et le spectaculaire. Au contraire, toutes les vignettes reprennent le même plan, s’accrochent à un cadrage immobile avec des personnages de plein pied et des situations cycliques. Le dessinateur décrit ses héros de l’extérieur, en se contentant d’indices ténus pour laisser entendre qu’ils ont aussi une âme (la largeur de la bouche, la bulle légèrement plus petite, les gouttes d’eau sur le visage). Cette élégance, à laquelle on pourrait également donner le nom de pudeur, l’amène à refuser les traits de mouvement et les dessins trop réalistes. En bon graphiste, il se soucie des détails, et nous oblige à nous y intéresser à notre tour. Chaque dialogue, ciselé en orfèvre, comporte une saveur unique à faire glousser le lecteur à voix haute.

Les personnages en sont d’autant plus des espèces de robots, animés par un instinct unique qui se cogne au réel à tout bout de champ. Évidemment, la communication dans un tel univers est impossible. Les héros sont des monomaniaques contrariés par des actions pop-up, des interruptions permanentes et une incompréhension généralisée. Le dysfonctionnement est la seule certitude, que nous attendons avec l’assurance bonhomme que le pire va arriver. Si quelque chose de douloureux peut advenir, il est clair qu’il adviendra.

Pourtant, tout est également dérisoire. La grosse somme sûrement perdue par des trafiquants monte à « deux billets de cinq euros », et les truites sont les plus dangereux des animaux sauvages. Mais même dans un monde de petites brutes et de sorties au parc d’attractions, les cavaliers semblent toujours avoir conscience de vivre dans une bande dessinée. Le seul crime reconnu (le seul qu’Olive soit capable de faire, d’ailleurs), c’est le crime anti-star wars.
Un petit monde dans lequel nous plongeons avec délice !


Clément Lemoine
( Mis en ligne le 28/08/2019 )
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