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Histoire & Sciences sociales  ->  Antiquité & préhistoire  
 

La mythologie grecque (et romaine ?)
Catherine Salles   Quand les dieux parlaient aux hommes - Introduction aux mythologies grecque et romaine
Tallandier 2003 /  25 € - 163.75 ffr. / 563 pages
ISBN : 2-84734-066-1
FORMAT : 15x22 cm

L’auteur du compte rendu: Yann Le Bohec enseigne l’histoire romaine à la Sorbonne. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages adressés tant aux érudits qu’au grand public. En dernier lieu, il a publié L’armée romaine sous le Haut-Empire (Picard, 3e édit., 2002), César, chef de guerre (Éditions du Rocher, 2001), et Urbs. Rome de César à Commode (Le Temps, 2001).

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Quand on parlait de mythologie classique, en France et dans le monde, l’ouvrage de référence était dû à Pierre Grimal. En 1999, son Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine (PUF – voir aussi La mythologie grecque, PUF, Que sais-je ?, 2003) en était à sa 11ème édition . C’est dire tout l’intérêt qu’il avait suscité. Il est inévitable d’y penser quand on trouve un livre consacré au même sujet, et de faire des comparaisons.
Catherine Salles appartient au petit cercle des antiquisants bien connus d’un large public auquel elle a fait découvrir Les Bas-Fonds de l’Antiquité (Payot, 1996), Spartacus et la révolte des gladiateurs (Complexe, 1990) et bien d’autres sujets.

Première différence avec le livre de Pierre Grimal, celui de Catherine Salles ne prend pas les dieux dans l’ordre alphabétique mais dans un ordre logique et chronologique. Elle commence toutefois par un chapitre de méthodologie où elle pose des questions essentielles. Les Grecs croyaient-ils à leurs mythes ? Oui et non, dit-elle : même s’ils n’y croyaient pas, ils en avaient besoin pour justifier leurs rites. Il faudrait peut-être également prendre en compte les milieux sociaux et culturels : le dieu des philosophes ne saurait être le dieu des cordonniers. Y a-t-il eu une mythologie romaine ? Oui, à l’origine surtout. Mais, avec l’hellénisation de Rome, les récits des Grecs ont contaminé et parfois occulté la personnalité des dieux romains.

Le corps de l’ouvrage est divisé en quatre parties de longueurs inégales. La première partie reprend tous les récits qui expliquent comment le monde et les hommes sont nés, la cosmogenèse et l’anthropogenèse. Les monstres premiers, Titans et Géants, ont été vaincus par les dieux anthropomorphes, menés par Zeus alias Jupiter. Nés de la Terre, les humains furent puissamment aidés par Prométhée qui leur donna le feu, et durement frappés par Pandore, la femme, qui ouvrit la boîte où se trouvaient tous les maux.

La deuxième partie est consacrée aux dieux d’en-haut, les ouraniens. Ils appartenaient à deux générations. Dans la première série, nous trouvons Zeus-Jupiter et ses amours multiples et variés, Poséidon-Neptune, dieu de la mer, Héra-Junon, femme de Zeus l’adultérin, Hestia-Vesta (le foyer) et Déméter-Cérès, qui nous donna le blé. La deuxième génération rassemble Athéna-Minerve, l’intelligence, Apollon, qui a le même nom en grec et en latin, Hermès-Mercure, dieu des commerçants et des voleurs, Arès-Mars (la guerre), Aphrodite-Vénus, qu’il serait inutile de présenter si les Romains n’avaient inventé une Vénus chauve, et Dionysos-Bacchus, bien connu pour les bienfaits qu’il a apportés à l’humanité.

La troisième partie est consacrée aux dieux d’en-bas. Il s’agit en réalité de présenter les Enfers. La pensée des anciens, à ce sujet, a évolué. Dans les premières mythologies, il n’existait rien après la mort. Puis l’idée d’une survie s’est faite. Les uns pensaient que les âmes des morts survivaient dans la tombe, d’autres croyaient qu’elles allaient en un lieu souterrain, dans les Enfers. Dans tous les cas, la mort était perçue comme une survie douloureuse. Plus tard seulement des philosophes élaborèrent une autre conception de l’au-delà. Ils pensèrent que les justes pouvaient espérer un meilleur traitement et ils placèrent leur survie au ciel, aux Champs-Élysées ou dans les îles des Bienheureux par exemple.
Des divinités régnaient sur ces lieux, des juges y exerçaient leurs activités (Minos). Quelques personnages ont davantage retenu l’attention de Catherine Salles. Les uns sont restés célèbres pour avoir subi des supplices particulièrement odieux, par exemple Tantale, soumis à la soif, ou Sisyphe et son rocher. D’autres, —mais il s’agit autant de demi-dieux que d’humains—, ont visité les Enfers et ont pu en revenir, par exemple Hercule, Thésée, Dionysos ou Orphée.
Ces personnages se retrouvent dans la quatrième partie, consacrée aux héros qui ont vécu sur terre. Heraklès-Hercule mérite une mention particulière. Ce demi-dieu (fils d’un dieu et d’une mortelle) présente la particularité d’avoir toujours aimé et aidé les hommes.

Les autres chapitres sont classés, toujours thématiquement, de façon à nous présenter plusieurs aspects fondamentaux de la vie des humains. Le pouvoir politique, en l’occurrence royal, est représenté par le cycle de Minos le Crétois. La famille, en général, n’était pas aimée des créateurs de mythes; outre les Atrides, qui se sont entre-déchirés, les récits qui concernent Œdipe n’en donnent pas une belle image. La guerre, au contraire, n’était pas sans charmes pour les hommes de l’Antiquité. Les récits qui entourent le siège, la prise et le sac de Troie nous le montrent amplement : le butin et les belles captives représentaient un vif attrait pour les combattants.

Après la guerre, venait le voyage du retour, le <>inostos comme disaient les Grecs, dont le plus célèbre est celui d’Ulysse, une histoire qui, au demeurant, finit bien, par les retrouvailles avec Pénélope et le massacre des prétendants. Si certains héros voyagent, c’est pour fonder un peuple ou une ville. Énée, ancêtre des Romains, est venu de Troie, mais Romulus, fils de la louve, était un “indigène” en Italie et il a dû tuer son frère.
Le dernier chapitre retiendra particulièrement l’attention car il est consacré aux mythes amoureux. On y retrouvera avec joie Acis et Galatée, Philémon et Baucis, Éros et Psychè, Pygmalion et tant d’autres.

Le livre de Catherine Salles comprend en outre des annexes, une bibliographie et des index qui permettront de l’utiliser comme un dictionnaire, à l'instar du classique de Pierre Grimal. Cette Mythologie a été bien écrite et elle sera beaucoup lue. Elle pose une dernière question : les Modernes ont-ils une mythologie plus intelligente que celle des Anciens ?


Yann Le Bohec
( Mis en ligne le 25/07/2003 )
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