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Histoire & Sciences sociales  ->  Antiquité & préhistoire  
 

L’invincibilité romaine
Giovanni Brizzi   Le Guerrier de l'Antiquité classique - De l'hoplite au légionnaire
Le Rocher - L'Art de la guerre 2004 /  21.90 € - 143.45 ffr. / 258 pages
ISBN : 2-268-05267-2
FORMAT : 16x24 cm

Traduction de Yann Le Bohec.

L’auteur du compte rendu : Rémi Luglia, professeur agrégé d’Histoire et interrogateur en deuxième année dans une classe préparatoire commerciale, est doctorant à Sciences-Po Paris où il mène une recherche sur l’histoire de la protection de la nature en France de 1854 à nos jours à travers le mouvement associatif.

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Il y a quelques années, en caricaturant, nous disposions de trois sortes d’histoire militaire : les romans historiques, les ouvrages d’art sur les armes et uniformes et les récits de batailles et de campagnes. Giovanni Brizzi nous fait ici l’éclatante démonstration que cette époque est définitivement révolue. Dans la lignée de Georges Duby et de son Dimanche de Bouvines, de la polémologie et de ses riches problématiques, d’une école anglo-saxonne d’histoire militaire qui a entrepris de vérifier le concret des récits guerriers antiques et de bien d’autres influences historiographiques, l’auteur réalise un superbe essai d’histoire «totale».

En partant des sources d’histoire militaire, essentiellement les textes antiques et l’archéologie, il dresse le portrait des sociétés concernées (cités grecques, République puis Empire romain, cité carthaginoise) et des mutations qui les animent. L’adéquation entre l’outil militaire et la société qui le produit éclaire de multiples et réciproques manières les deux bouts de ce lien.

Ainsi, l’hoplite représente un système militaire en parfaite conformité avec la citoyenneté mise en place par les cités grecques archaïques puis classiques. Le citoyen est celui qui a suffisamment de richesses pour se payer la panoplie et peut donc défendre la cité au sein de l’infanterie lourde. Toutefois, dans de nombreuses cités, ce modèle s’accompagne de troupes légères dont la fonction principale est de protéger les ailes de la phalange hoplitique, d’effectuer les tâches de reconnaissance et de poursuivre l’ennemi vaincu.
Avec la phalange macédonienne, véritable bloc hérissé de lances mais peu apte à la manœuvre, vont se développer les tactiques d’enveloppement. Philippe de Macédoine puis son fils Alexandre partent du constat que les paysans macédoniens n’ont pas les moyens de s’équiper en hoplites. Voulant malgré ce handicap disposer d’une infanterie de ligne, ils choisissent de doter leurs soldats d’une très longue lance (la sarisse) et d’un petit bouclier. Ils forment ensuite des blocs compacts épaulés par une cavalerie de tout premier ordre. La phalange est l’enclume sur laquelle la cavalerie, après avoir battu une aile ennemie, vient écraser le centre ennemi.

Le système militaire romain, d’une grande souplesse, a été perfectionné de manière pragmatique au fur et à mesure que des campagnes différentes révélaient des besoins nouveaux. Pour lutter contre les Samnites, les Romains inventent la légion manipulaire. Face aux Ibères, la nécessité de la cohorte s’impose.

Bref, chaque évolution de l’armement ou des tactiques est soigneusement détaillée puis expliquée en s’appuyant sur une historiographie de haut niveau comme en témoignent les bibliographies proposées à la fin de chacun des chapitres. Giovanni Brizzi ne s’arrête pas là, ce qui, on l’aura compris, était déjà pleinement roboratif. Il construit son essai autour d’une double démonstration. Il tisse le lien entre l’hoplite, le phalangite et le légionnaire. Il explique les mutations de l’art militaire antique par l’oscillation des conceptions guerrières entre la force et la ruse. C’est l’opposition classique d’Achille et d’Ulysse, même si, en lieu et place d’Achille, Giovanni Brizzi préfère l’image d’Ajax. Nous avons là encore quelques belles pages.

En définitive, quel que soit le lecteur, il trouvera son compte dans ce stimulant essai : le spécialiste y appréciera les qualités de synthèse et les problématiques audacieuses, fondées sur une historiographie solide et riche ; l’amateur aimera les récits animés et les explications claires. Un ouvrage pleinement satisfaisant en somme.


Rémi Luglia
( Mis en ligne le 05/01/2005 )
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