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La ''petite guerre''
Gilbert Dagron   Haralambie Mihaescu   Le Traité sur la guérilla de l'empereur Nicéphore Phocas (963-969) - (De velitatione)
CNRS éditions - Histoire 2011 /  10 € - 65.5 ffr. / 372 pages
ISBN : 978-2-271-07156-9
FORMAT : 12cm x 19cm
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Les éditions du CNRS viennent de rééditer un intéressant ouvrage intitulé Le Traité sur la guérilla (De velitatione) de l’empereur Nicéphore Phocas (963-969), que présentent et commentent très adéquatement Gilbert Dragon et Haralambie Mihaescu. Les auteurs sont respectivement professeur honoraire au Collège de France et ancien membre de l’Académie des sciences de Roumanie. Autant dire, donc, qu’ils connaissent bien le sujet et qu’ils éclairent très utilement les analyses militaires souvent fines et audacieuses de l’empereur.

Nicéphore Phocas (913-969) fut un empereur Byzantin. Il fut également un éminent général, qui sut se couvrir de gloire au cours de ses multiples campagnes militaires en Orient. Il vainquit les Arabes en Crête, il conquit Antioche ainsi que la Mésopotamie. Toutefois, les choses ne furent pas aussi simples qu’il parait. D’abord contesté, en raison des circonstances à tout le moins suspectes de la disparition de son prédécesseur Romain II, l’empereur fut finalement victorieux. D’ailleurs, son prénom – Nicéphore – signifie «qui porte la victoire».

L’influence de Nicéphore Phocas fut non seulement décisive au sein de l’empire byzantin, mais en outre elle en transcenda les frontières. Par la force des armes, il a fasciné toute la chrétienté. Ce fut, il est vrai, une épopée guerrière exceptionnelle, dont la source fut ce Traité sur la guérilla dans lequel l’empereur théorise la guérilla : «la guerre de harcèlement, d’embuscades, de coups de main menés par des unités régulières ou des partisans sans ligne de front». C’est ce qu’on appelle la guerre asymétrique, c’est-à-dire une guerre du faible au fort. Il s’agit en sus d’une guerre psychologique, mais contrairement au terrorisme la guérilla, ou «petite guerre», ne vise pas les civils.

Les circonstances dans lesquelles est né le Traité sont décisives, puisque l’empire romain d’Orient devait faire face au danger de l’islam et des Bulgares. Ce traité permet de mieux comprendre l’histoire de l’empire byzantin. Au fil des pages, on distingue très clairement la mobilisation idéologique et religieuse qui va de pair avec la guérilla. Ce Traité n’a pas qu’un intérêt historique. Il intéressera en effet les passionnés de stratégie militaire, en rappelant par exemple la supériorité des cavaliers sur la «piétaille». A cet égard, Nicéphore considérait les fantassins comme le tout-venant, c'est-à-dire à la fois de basse extraction et d’une valeur militaire à tout le moins douteuse. C’est à eux que le général réserve une harangue de belle, mais creuse rhétorique.

Le renseignement est important et ce qui importe en la matière, c’est de voir sans être vu. La bonne transmission du renseignement et des ordres est quant à elle vitale : le mieux gardé et le plus tôt prévenu gagne presque nécessairement. D’après Nicéphore, il faut éviter les attaques surprises durant la nuit. Il est même question des conditions de vie des soldats, alors que traditionnellement les traités militaires sont relativement muets sur ce point. Bref, ce Traité est un précieux document de stratégie militaire, même si parfois le style est quelque peu confus en raison des nombreuses digressions ou répétitions qu’il recèle.


Jean-Paul Fourmont
( Mis en ligne le 07/06/2011 )
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