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La guerre, une innovation ?
Michel Goya   La Chair et l'acier - L'armée française et l'invention de la guerre moderne (1914-1918)
Tallandier 2004 /  25 € - 163.75 ffr. / 479 pages
ISBN : 2-84734-163-3
FORMAT : 15x22 cm

L'auteur du compte-rendu: Sébastien Laurent, agrégé et docteur en histoire, est maître de conférences à l’Université Bordeaux III et à l’IEP de Paris. Chargé d’études au Service historique de l’armée de terre, il consacre ses recherches depuis plusieurs années aux services de renseignements militaires et policiers aux XIXe et XXe siècles. Il est le fondateur de la section "Histoire & sciences sociales" de Parutions.com.
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A l’heure où les tables des plus modestes librairies sont encombrées de (trop) nombreux ouvrages sur la Grande Guerre, il est réjouissant de pouvoir lire un ouvrage qui entend profondément renouveler l’étude de la part militaire du conflit. A lire les multiples recueils de lettres de poilus on en viendrait en effet à oublier que la guerre cache une dimension organisationnelle et technique.

Le combat n’est pas seulement la réalité décrite par John Keegan, à savoir un affrontement d’homme à homme, un mélange complexe de peur et d’hostilité, il renvoie aussi à l’organisation du combat. Les chefs militaires construisent la guerre. Ce livre écrit par un officier dans le cadre d’une recherche universitaire n’a rien à voir avec l’histoire-bataille. Il se situe à la marge de l’histoire et d’un questionnement sociologique sur le fonctionnement des organes de commandement. Le projet de l’auteur est de comprendre la transformation de l’armée française qui passe à l’été 1914 de la charge, baïonnette au canon, effectuée par les fantassins en pantalons rouges dans les plaines, aux opérations combinées de 1918, associant de petits groupes de combat, progressant en liaison avec les chars d’assaut et sous le regard de l’aviation.

De 1914 à 1918 la «densité matérielle» qui entoure le fantassin «a augmenté soixante fois», selon l’auteur. Les conditions générales du combat et donc l’emploi des unités en sont profondément transformées. Michel Goya développe sa réflexion en s’appuyant sur deux perspectives complémentaires : l’évolution des techniques mises au service de l’effort de guerre et les transformations de la tactique militaire. Ce livre est une brillante contribution à la compréhension d’un fait majeur, l’innovation en temps de guerre. Par une démonstration impeccable nourrie de multiples exemples, l’auteur montre que l’armée française, régulièrement dépassée par un ennemi plus innovant, a pu redresser la tête à partir de 1917. La nomination du général Pétain à la tête du haut commandement ouvre en effet une nouvelle ère de l’histoire du fait militaire en France. Pétain sait s’entourer de jeunes officiers qui innovent, tant du point de vue de l’emploi des forces – de la tactique –, que du lien assuré avec les ingénieurs et les spécialistes de l’armement.

L’ouvrage de Michel Goya développe l’idée d’un profond échec de la génération d’avant-guerre tenant le haut commandement. La plupart des innovations tant techniques que tactiques sont le fait de jeunes officiers ayant connu l’expérience des tranchées et dont l’apport permit, à partir de la gestion intelligente de Pétain en 1917, de compenser les erreurs dramatiques d’un haut commandement formé, à l’école de guerre et au centre des hautes militaires, à une guerre dépassée dès la bataille de la Marne. Mais ce livre en fin de compte renforce l’énigme : comment la première armée du monde en 1919 fut défaite en quelques semaines à l’été 1940 ?


Sébastien Laurent
( Mis en ligne le 07/12/2004 )
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