L'actualité du livrerencontre rencontrefemme Samedi 6 juin 2020
  
 
     
Le Livre
Histoire & Sciences sociales  ->  
Biographie
Science Politique
Sociologie / Economie
Historiographie
Témoignages et Sources Historiques
Géopolitique
Antiquité & préhistoire
Moyen-Age
Période Moderne
Période Contemporaine
Temps Présent
Histoire Générale
Poches
Dossiers thématiques
Entretiens
Portraits

Notre équipe
Littérature
Essais & documents
Philosophie
Beaux arts / Beaux livres
Bande dessinée
Jeunesse
Art de vivre
Poches
Sciences, écologie & Médecine
Rayon gay & lesbien
Pour vous abonner au Bulletin de Parutions.com inscrivez votre E-mail
Rechercher un auteur
A B C D E F G H I
J K L M N O P Q R
S T U V W X Y Z
Histoire & Sciences sociales  ->  Période Contemporaine  
 

Rien ne se perd, rien ne se crée
Anne-Claude Ambroise-Rendu   Crimes et délits - Une histoire de la violence de la Belle Epoque à nos jours
Nouveau monde 2006 /  9 € - 58.95 ffr. / 382 pages
ISBN : 2-84736-167-7
FORMAT : 12,5cm x 19,0cm

L’auteur du compte rendu : Mathilde Larrère est maître de conférences en Histoire contemporaine à l'université Paris XIII et à l'IEP de Paris.
Imprimer

Cette histoire de la violence est un large survol des crimes, délits, infractions, petites et grandes délinquances, ainsi que des sentiments qu’ils suscitent, de leurs représentations et des réactions institutionnelles et judiciaires qu’ils provoquent, ce de la fin du XIXe siècle à nos jours.

La première ambition de l’ouvrage vise ainsi à assembler en une vaste synthèse toutes les formes que peut prendre la violence, ce qui implique des juxtapositions surprenantes, des rapprochements fort gênants, que l’auteur ne questionne guère. Les affaires de malles sanglantes sont présentées en regard des attentats anarchistes, et l’on retrouve pèle mêle des «violences» aussi disparates (dans leur forme, leur motivation, leur contexte, leur ampleur, leur effet…) que les mutineries de 1917, le trafic de drogue à Pigalle, l’inceste, l’affaire Stavisky, les blousons noirs, Landru, les attentats de l’OAS, les sœurs Papin, les prostituées, le manifeste des 343 salopes, Mesrine - «ennemi public numéro 1» -, les voitures brûlées et les incivilités scolaires. Un sombre catalogue à la Prévert, sans poésie ni humour, et qui finit par ressembler au journal de 20 heures, juste ordonné dans une logique chronologique qui permet de suivre les évolutions de la fascination de l’opinion publique pour différents crimes, de montrer l’évolution des formes que revêt la violence selon le contexte et d’apprécier l’adaptation de la police. Nécessairement, compte tenu de l’ampleur du dossier, chaque thème est esquissé, rapidement décrit.

Une seconde partie, plus thématique, se propose d’offrir quelques éclairages historiques sur des débats actuels (afin notamment de montrer que les fantasmes et les peurs sociales n’évoluent guère ni n'empirent forcément.) L’auteur démontre ainsi combien les chiffres de la criminalité sont plus révélateurs des représentations du crime et des angoisses qu’il suscite que de sa réalité (ce que tout historien sait bien mais qu’il n’est pas inutile de rappeler à l’heure des instrumentalisations politiques de ces statistiques). L’auteur évoque ensuite les projets successifs de modernisation de la police et la façon dont systématiquement ils se heurtent à un discours dépréciatif. Elle résume à grand trait les débats sur les prisons et la récidive, avant que de pointer le rôle des médias, portés à théâtraliser les crimes et à donner une image faussée de la criminalité. Suit un rappel (utile à nouveau par les temps qui courent) de la collusion entre le racisme et la construction de l’image délinquante. L’auteur nous rappelle ensuite quelques-unes des erreurs judiciaires du siècle et la fascination qu’elles suscitent, puis s’interroge sur la place de l’expertise scientifique dans la fabrication des preuves et la procédure judiciaire.

Un ultime chapitre nous redit l’importance de l’instrumentalisation politique du discours sécuritaire. On pourra ainsi espérer qu’un lectorat appâté par une présentation de toutes les violences du siècle trouvera au final matière à ne pas se laisser guider que par le goût du sensationnel entretenu par les constructions médiatiques, et à prendre un peu plus de distance avec les représentations du crime.


Mathilde Larrère
( Mis en ligne le 19/09/2006 )
Imprimer

A lire également sur parutions.com:
  • Crime et culture au XIXe siècle
       de Dominique Kalifa
  •  
    SOMMAIRE  /  ARCHIVES  /  PLAN DU SITE  /  NOUS ÉCRIRE  

     
      Droits de reproduction et de diffusion réservés © Parutions 2020
    Site réalisé en 2001 par Afiny
     
    livre dvd