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La République modernisée
Bernard Bailyn   Les Origines idéologiques de la révolution américaine
Belin - Littérature et politique 2010 /  25 € - 163.75 ffr. / 382 pages
ISBN : 978-2-7011-4358-3
FORMAT : 13,5cm x 21,5cm

Traduction de Ludovic Bourniche

L'auteur du compte rendu : Alexis Fourmont a étudié les sciences politiques des deux côtés du Rhin.

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Dans une lettre adressée à sa femme, La Fayette prétendait que «le bonheur de l'Amérique est intimement lié au bonheur de toute l'humanité». Le «héros des deux mondes» continuait en affirmant, sans ambages, sa conviction que sous peu les États-Unis d'Amérique deviendraient «le respectable et sûr asile de la vertu, de l'honnêteté, de la tolérance, de l'égalité et d'une tranquille liberté» (G. Saint Bris, La Fayette, p.138). La guerre d'Indépendance des colonies américaines contre l'empire britannique, entre 1775 et 1783, déchaîna les passions, si bien que nombre d'étrangers y prirent part et s'engagèrent aux côtés des Insurgés. Ce fut le cas, par exemple, de Français comme Rochambeau ou La Fayette et d'Anglais comme Paine.

Si la révolution américaine a eu une telle résonance, ce n'est pas uniquement parce que les Américains infligèrent une défaite sans appel à l'empire britannique, sur lequel «le soleil ne se couchait jamais» (the empire on which the sun never sets). La révolution américaine suscita tant d'engouement parce qu'elle fut à la fois la dernière des révolutions anglaises ainsi que l'origine de la première démocratie moderne. Éclairé par les leçons de l'histoire, il est aujourd'hui aisé de conclure que la Guerre d'Indépendance était objectivement inévitable. Pourtant, la Révolution américaine n'allait pas de soi, loin s'en faut. Elle fut pour partie l'aboutissement d'idées nouvelles, lesquelles sapèrent les fondements de l'intégration des colonies américaines à l'empire britannique.

Dans Les Origines idéologiques de la révolution américaine, ouvrage à la fois dense et d'une grande érudition, le Professeur Bernard Bailyn écrit dès l'introduction que «l'idéologie de la révolution américaine mêlait des idées et des convictions extrêmement radicales pour l'époque – et qui sont encore aujourd'hui absolument radicales». Ces convictions ambitionnaient de «libérer l'individu des abus d'un pouvoir oppressif, de la tyrannie de l'État». Toutefois, «les porte-parole de la révolution – les pamphlétaires, les essayistes et les commentateurs de toute sorte – n'étaient pas des philosophes et il ne constituaient pas une intelligentsia séparée du reste la société». Certes l'idéologie révolutionnaire américaine ne formait en aucun cas un bloc monolithique, mais la plupart des Insurgés estimaient que «tous les systèmes politiques, et assurément toutes les républiques, devaient être fondés à un degré significatif sur la vertu» (pp.5-6).

Fonder une république, telle était la tâche - immense et ardue - des Américains. Les controverses furent nombreuses et violentes. D'aucuns affirmèrent que la fondation d'une république était parfaitement illusoire et vouée à l'échec. A cet égard, les Révolutionnaires américains n'hésitèrent pas à citer des passages entiers de Montesquieu, selon qui il est naturel qu'une république «n'ait qu'un petit territoire». Le Français ajoutait que «sans cela elle ne peut guère subsister. Dans une grande république, il y a de grandes fortunes, et par conséquent peu de modération dans les esprits (…); les intérêts se particularisent ; un homme sent d'abord qu'il peut être heureux, grand, glorieux, sans sa patrie ; et bientôt, qu'il peut être seul grand sur les ruines de sa patrie. Dans une grande république, le bien commun est sacrifié à mille considérations (…). Dans une petite, le bien public est mieux senti, mieux connu, plus près de chaque citoyen ; les abus y sont moins étendus, et par conséquent moins protégés» (pp.279-280).

On le voit, les obstacles à l'établissement d'une république outre-Atlantique furent nombreux. C'est probablement ce qui rend l'œuvre des Pères fondateurs à ce point titanesque. Ceux-ci ont, bel et bien, «corrigé, agrandi, remodelé et modernisé» (p.308) la pensée politique et constitutionnelle. En ce sens, ils ont préparé l'univers intellectuel de la Révolution française, naguère considérée par Hegel comme un splendide «lever de soleil» dans l'histoire de l'humanité.


Alexis Fourmont
( Mis en ligne le 22/12/2010 )
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