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La première Marilyn…
Marilyn Monroe   Ben Hecht   Confessions inachevées
Robert Laffont 2011 /  20 € - 131 ffr. / 240 pages
ISBN : 978-2-221-12743-8
FORMAT : 13,7cm x 21,6cm

Joshua Greene (Préfacier)

Janine Hérisson (Traducteur)
Antoine Monvoisin (Traducteur)

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A l’origine de ces confessions rapportées, il y a trois personnes : Charles Feldman, agent de Marilyn, Ben Hecht, écrivain et proche de l’actrice, et Milton Greene, photographe, entre autres, du modèle adulé. Le premier demande au second d’aider la star à écrire ses mémoires et c’est durant leurs séances de travail que le projet prend forme. Curieusement, Monroe, âgée à l’époque de 28 ans, ne prolonge pas l’expérience littéraire et confie le manuscrit à Hecht qui le publia pour la première fois en 1974. Ces mémoires couvrent la période 1936-1954, années d’enfance, d’adolescence puis de formation de l’actrice jusqu’à son second mariage avec Joe DiMaggio, le célèbre joueur de baseball. Hecht a donc remis en forme le travail initial de Monroe et y a peut-être ajouté quelques formules personnelles…

A la lecture de cette ébauche (quelques 250 pages tout de même), on est d’emblée séduit. Même si les stars qui se livrent ainsi semblent conditionnées par un destin souvent identique (enfance pauvre, malheureuse et solitaire, singularité et incompréhension des autres puis amour, gloire et beauté avant la déchéance promise), le parcours de Marilyn, (sex-)symbol de l’éternel féminin, est tout à fait saisissant et l'on suit avec simplicité et proximité la curieuse trajectoire de la bimbo hollywoodienne.

De son véritable nom, Norma Jean Mortenson, Marilyn Monroe (1926-1962) passe une enfance quelque peu chaotique. Abandonnée par son père puis recueillie par sa tante suite à l’internement de sa mère, la jeune fille oscille entre orphelinats et familles d’accueil. Solitaire, un peu rejetée, sa vie change à 13 ans, le jour où, par nécessité matérielle, elle enfile un pull qui moule ses jolies formes. A l’école, les garçons, jusqu’ici indifférents, révèlent leur vraie nature en courtisant l’adolescente du jour au lendemain ; frénétiquement, obsessionnellement. A partir de cette expérience à la fois traumatisante et fascinante, Monroe comprend que cet «atout charme» la mènera loin (bien que non sans risque). A la lire, tout est parti de sa poitrine, il est vrai très imposante dès le plus jeune âge. Comme quoi, un destin de starlette ne s’écrit pas autrement et c’est la ''misère des glandes'' (comme l’écrivait Cioran) qui compose à la fois le succès et la tragédie de la femme.

Très vite, sa beauté singulière perturbe autant sa psyché (elle rêve de déambuler dénudée parmi la foule alors même que le désir sexuel est bien loin de ses préoccupations) que sa condition de femme (les hommes deviennent fous à son endroit). Ce succès auprès de la gent masculine fait qu'on lui trouve un mari et la voilà déjà rangée à 19 ans, sans argent, sans emploi, sans amour. Ennui affectif, libido inexistante, divorce du couple composent les premières années de sa jeune vie.

Puis, convaincue d’un talent naissant, Monroe se choisit un pseudo et décide de devenir actrice en montrant sa plastique de rêve dans les soirées où elle commence à se faire un nom. De photos glamours en apparitions chez Huston et Mankiewicz, ces petites interventions auxquelles s’ajoutent des soirées mondaines, composent son quotidien toujours assombri par les tentatives de drague, de séduction et de chantage au sexe des hommes qu’elle croise sur son chemin. S’y ajoutent des problèmes financiers et un succès qui se fait terriblement attendre malgré les belles promesses des producteurs et des agents. Alors qu’elle n’a pas 21 ans, Monroe dicte cette phrase terrible et prémonitoire à Ben Hecht : «Oui, il y avait quelque chose de spécial chez moi, et je savais ce que c’était. J’étais le genre de filles qu’on retrouve morte dans une chambre minable, un flacon de somnifères à la main» (p.118).

Marilyn n’est pas encore une actrice confirmée mais il y a déjà dans son parcours grandeur et décadence. Une volonté toujours farouche de réussir (en alliant rencontres déterminantes et un véritable travail d’actrice) se heurte à sa beauté scandaleuse qui la dessert face aux mauvaises intentions de certains (elle doit subir plusieurs tentatives de viol). S’ensuivent quelques grands moments, sa rencontre avec son agent Johnny Hyde qui meurt subitement, celle avec un acteur célèbre mais dont elle tait le nom, puis son mariage en 1954 avec le sportif Joe DiMaggio rencontré lors d’un gala à Hollywood. Elle découvre ainsi les joies du plaisir charnel, prend des cours d’art dramatique, étudie l’histoire de l’art à l’université de Los Angeles ; bref, elle prend conscience à la fois de son talent de comédienne et du rôle intellectuel que doit jouer une femme du monde. Elle part avec son mari en voyage de noces à Tokyo avant de s’envoler en Corée pour soutenir les troupes américaines engagées là-bas. Ainsi s’achève brutalement le récit de l’actrice qui, a priori, ne l'a jamais poursuivi.

Ces mémoires interrompus auraient ainsi pu être le premier grand chapitre d’une autobiographie à la fois simple et touchante. On est surpris, 50 ans après sa mort, de voir à quel point un tel sex-symbol pouvait échapper aux clichés habituels de la star et témoigner d’une belle lucidité sur son époque et son mode de vie. Monroe parait à la fois naïve (comment s’étonner des réactions du public à son encontre quand on pose dénudée dans un calendrier durant les années 50 ?) et amère (critiquant la vacuité et la superficialité d’Hollywood) quand elle n’est pas fragile et banale (notamment dans son rapport aux hommes puissants et faussement mystérieux !). Marilyn Monroe ou un destin brisé dont voici en quelque pages le résumé, montrant une enfance douloureuse, une célébrité contrastée et quelques amours contrariés…

Reste un document de tout premier ordre sur la vie de l’une des femmes les plus connues du monde du cinéma et de la chanson. Un texte qu’elle signait alors qu’elle avait 28 ans et rencontrait le succès tant convoité. Quelques belles photos de Marilyn prises par Milton Greene et rendant compte de la grâce de l’actrice sillonnent le livre. Double plaisir donc !


Jean-Laurent Glémin
( Mis en ligne le 21/12/2011 )
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