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Un monde vert ?
Loïc Chauveau   Le Développement durable - Produire pour tous, protéger la planète
Larousse - Petite encyclopédie Larousse 2008 /  9.90 € - 64.85 ffr. / 128 pages
ISBN : 978-2-03-582628-2
FORMAT : 14,0cm x 19,0cm

L’auteur du compte rendu : Rémi Luglia, professeur agrégé d’Histoire et interrogateur en deuxième année dans une classe préparatoire commerciale, est doctorant à Sciences-Po Paris où il mène une recherche sur l’histoire de la protection de la nature en France de 1854 à nos jours à travers le mouvement associatif.
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Ce printemps, Larousse a enrichi sa collection «Petite Encyclopédie» de plusieurs ouvrages tous plus intéressants les uns que les autres. Fidèle à sa réputation de grand vulgarisateur, Larousse, à travers cette collection, met à la disposition de tous les connaissances nécessaires à chaque sujet mais aussi les analyses des plus grands spécialistes. En 128 pages, la collection nous propose un condensé sur un enjeu majeur de notre temps. Elle reprend en cela l’idée (le rêve ?) d’une encyclopédie thématique composée selon ses intérêts par le lecteur, idée représentée par la très fameuse mais trop aride collection «Que-sais-je ?»… En plus de textes précis alliant vulgarisation et encadrés techniques, Larousse dote sa collection d’une iconographie somptueuse. Cartes, photographies, schémas, graphiques, tout concourt au plaisir de la découverte et agrémente la lecture. Loin d’être exclusivement confinée dans une perspective illustrative, l’iconographie possède une réelle fonction didactique et les légendes ne manquent jamais de donner du sens à l’image. Ouvrage réalisé par un spécialiste maîtrisant parfaitement son sujet ; thème en parfaite adéquation avec les préoccupations de nos sociétés contemporaines ; lecture agréable : tout est fait pour que chaque parution soit une réussite.

Actuellement, un des thèmes favoris de tout homme ou femme de communication est le développement durable. On nous propose à qui mieux mieux un yaourt «durable», une voiture «durable», une maison «durable», une consommation «durable», une autoroute «durable», une agriculture «durable»… La multiplicité des ces messages contradictoires et bien souvent cyniques brouille complètement le concept même de «développement durable». Un concept par ailleurs grandement polysémique et même parfois cacophonique tant tout un chacun s’en sert comme fourre-tout idéologique.

Sans compter que nombreux sont les écologistes à critiquer vertement le caractère profondément oxymorique de ce terme de «développement durable». Comment concevoir un développement infini quand on vit dans un espace fini ? Fait-on dans ce cas du «développement» peu ou prou un synonyme de «croissance» ?

Faisant fi de ces débats, certes passionnants pour les spécialistes parce qu’ils incitent à s’interroger sur le fond des choses, mais ô combien arides et générateurs de trouble pour les profanes, Loïc Chauveau trace une voie claire et simple en se fondant sur la définition communément admise, en tout cas dans les instances internationales : «un développement économique de l’humanité tout entière, dans le respect de l’environnement, des droits de l’homme et de vraies règles sociales pour tous». Et c’est cette définition qui va le guider dans son exposé en lui permettant d’étudier chacun des éléments de la notion et la manière dont ils peuvent s’articuler les uns avec les autres.

Car toute la difficulté du «développement durable» est bien là : faire coexister des dynamiques en apparence contradictoires, ou du moins qui l’ont été jusqu’à présent. En effet, on sait faire de la croissance économique en produisant et en consommant toujours plus mais en détruisant l’environnement, en surexploitant les ressources et en générant de profondes inégalités sociales. On sait parfaitement comment protéger l’environnement mais en interdisant les activités humaines génératrices de perturbations, c’est-à-dire quasiment toutes. On sait parfaitement également ce qu’il faudrait faire pour assurer un niveau de vie convenable à tout être humain mais au détriment des ressources naturelles et de la croissance économique. Mais comment parvenir à concilier les trois ? C’est l’enjeu du «développement durable».

Loïc Chauveau commence donc par nous présenter le versant «protection de l’environnement», sous entendu de l’environnement de l’homme. On retrouve ici exposées les principales thématiques : couche d’ozone, biodiversité, pollutions, eau, énergies, recyclage, surexploitation des ressources, risques, agriculture… L’auteur clarifie à chaque fois le problème et les enjeux. En quelques dizaines de page, nous avons donc un catalogue raisonné des éléments-clé de la survie de l’humanité sur la Terre.

Second thème : l’économie. Loïc Chauveau s’intéresse ici aux «nouvelles façons de produire». Et oui ! Si l’on veut atteindre le premier objectif (préservation de l’environnement), il va bien falloir produire plus «propre» ! Dans le même ordre d’idée, Loïc Chauveau expose pourquoi le commerce devra aussi se transformer ; nous sommes à mi-chemin entre le pôle «économie» du «développement durable» et le pôle «social». Car faire du commerce autrement est également une manière de prendre en considération les besoins des habitants du «Sud». Et effectivement, le troisième enjeu est bien d’établir «de nouvelles règles sociales» qui placeraient l’être humain au cœur des choix politiques et économiques assignant ainsi la plus haute priorité au développement humain et tout simplement à l’équité, voire au principe de fraternité…

Loïc Chauveau choisit de conclure son ouvrage par un dernier chapitre sur «consommer différemment». On le rejoint parfaitement car il semble que l’enjeu n’est pas tant comment on produit (même si c'est indéniablement important) mais combien… et que tout le reste découle de cela. Vouloir une croissance économique infinie assortie d’un développement humain sur le standard américain ou même européen ne peut être qu’illusoire. Il s’agit donc bien de transformer notre rapport aux choses et à l’avoir et c’est bien évidemment l’écueil majeur. L’auteur remet donc finalement dans une perspective commune les trois grands thèmes qui composent classiquement le «développement durable». Peut-être aurait-on pu avoir ici un point complet sur le concept «d’a-croissance» (ou «décroissance») cher à Serge Latouche.

Avec clarté, Loïc Chauveau nous livre ici une approche simple mais suffisante d’un concept trop souvent galvaudé. Son ouvrage est indéniablement utile pour remettre les notions en place et réfléchir ensuite seul aux choix qui nous sont proposés dans nos sphères publiques.


Rémi Luglia
( Mis en ligne le 10/07/2008 )
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