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Le parfum de la violette
Violet Hunt   La Nuit des saisons mortes
José Corti - Domaine romantique 2008 /  20 € - 131 ffr. / 180 pages
ISBN : 978-2-7143-0977-8
FORMAT : 13,5cm x 21,5cm

Traduction de Jacques Finné.
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Les sœurs Brönte, Simone de Beauvoir, George Sand, Ninon de Lenclos, Virginia Woolf, la Comtesse de Ségur, Mary Shelley, Marguerite Yourcenar, Jane Austen, autant de femmes de lettres dont l’histoire a attesté la valeur en inscrivant leur nom à son fronton. Au sein de cette liste non exhaustive, il est à ménager urgemment une place de choix à Violet Hunt, écrivain victorienne, à cheval entre la fin du 19e et le début du 20e siècle.

Cet esprit libre vit le jour Outre-manche, dans une famille encarcanée par la religion et marquée par le sceau de l’art : son père Alfred William était un modeste paysagiste et sa mère Margaret, une romancière prolifique. Le couple Hunt, complètement improbable mais indéfectiblement uni, offrit une éducation non-conventionnelle à ses trois filles : un court passage sur les bancs de l’école, quelques notions de langues étrangères glanées auprès des gouvernantes, une formation d’autodidacte, un bain d’esthétique permanent (le préraphaélite Dante Gabriel Rossetti, pour ne citer que lui, fréquenta régulièrement la demeure londonienne)…

Un mélange décalé donc, qui contribua à forger ce caractère impétueux et fort que fut Violet Hunt. Jamais pourtant elle ne savoura les joies (ni les affres) de l’amour conjugal : elle fut successivement courtisée puis mise au ban par John Ruskin (un peintre dont les préférences allaient plutôt aux jouvencelles en boutons), l’énigmatique Oscar Wilde et George Boughton (un confrère de son père, qui la dépucela, la prit comme modèle, mais ne l’épousa point), pour finalement se résigner (faussement) au célibat. À la suite de ces déconvenues, elle décida fermement de ne plus s’entourer que de «lovers» anglais (à l’instar de son héroïne Miss Alice Dammer dans Le Télégramme) et français, dont un homme marié qui lui laissa en souvenir un mal alors tabou qui la grignotera jusqu’à la tombe : la syphilis ! Ainsi, Violet Hunt mena une vie teintée de scandale(s), voyagea, s’enflamma lors de liaisons tumultueuses, tint salon, reçut d’illustres hôtes (tels Henry James, Herbert John Wells et Joseph Conrad), écrivit et mourut, seule, en n’ayant que peu goûté à la reconnaissance littéraire, et sentimentale.

Ces jalons biographiques – exposés par Jacques Finné qui, en plus d’être un traducteur pointu et un redécouvreur de plumes injustement oubliées, se révèle un postfacier de talent – s’avèrent primordiaux si l’on désire saisir au plus près la prose irriguant les cinq nouvelles rassemblées à dessein (et provenant de deux recueils distincts, Tales of the Uneasy de 1911 et More Tales of the Uneasy de 1925). D’emblée, le lecteur est embarqué par «Le Coche» et fait route avec de curieux passagers qui narrent, chacun à son tour, les motifs (souvent cocasses) qui les ont poussés à monter dans cette diligence mortuaire. Et le charme n’a de cesse d’opérer au fil des textes à l’univers fantastique, peuplé de fantômes, de présences et d’apparitions.

La mélancolie des femmes-tapisseries en société («La Nuit des saisons mortes»), la négligence des mondaines convoitées («Le Télégramme»), l’innocence sacrifiée («Le Baromètre»), la suspicion («Le Témoin») se peignent à petites touches dans ces pages avec, pour toile de fond, une atmosphère feutrée et des considérations aussi universelles qu’abyssales sur le destin, la fragilité de l’existence, la folie et le réel. Nulle raison néanmoins d’être intimidé par certaines descriptions et des dialogues par trop théâtraux.

José Corti, éditeur de qualité, a cueilli ici un bouquet dense de nouvelles qui, dans leur sillage, déposent un parfum de violette, troublant et entêtant…


Samia Hammami
( Mis en ligne le 06/05/2009 )
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