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Amours historiques sous les Bourbons et sous les Ming
Laurence Plazenet   La Blessure et la soif
Gallimard - Folio 2011 /  6.8 € - 44.54 ffr. / 561 pages
ISBN : 978-2-07-044050-4
FORMAT : 11cm x 18cm

Première publication en août 2009 (Gallimard - Blanche)
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La Blessure et la soif est, comme on disait jadis, une histoire «d’amours traversées». C’est d’abord l’amour coupable d’un gentilhomme français du XVIIe siècle, M. de La Tour, pour une femme mariée, et qui plus est une parente, Mme de Clermont. Soldat de la guerre de Trente Ans et de la Fronde, M. de La Tour choisit le mauvais parti, celui des princes, qui est aussi celui de la femme qu’il aime. La Fronde est vaincue, Mme de Clermont succombe, mais son amant, saisi par le remords, choisit l’exil à l’outre bout du monde, jusqu’en Chine.

Retiré dans une solitude de la province chinoise, M. de La Tour a pour compagnon un lettré déchu, Lu Wei. Ce dernier est lui aussi le rescapé d’une passion malheureuse, mais légitime celle-là, qu’il a éprouvée pour son épouse, exécutée sur l’ordre d’un empereur félon. Comme La Tour, Lu Wei est une victime de la Grande Histoire : mandarin de haut rang, il a servi la dynastie Ming déclinante et n’a pu empêcher sa chute ni l’arrivée au pouvoir des nouveaux maîtres mandchous. Après vingt ans «à la Chine», M. de La Tour regagne la France, revoit Mme de Clermont, mais sans renouer avec elle, et se retire chez les Messieurs de Port-Royal.

De ces deux romans, enchâssés l’un dans l’autre, disons tout de suite que le «roman chinois» l’emporte en intérêt comme en agrément sur le «roman français». Les événements y font pour beaucoup : le théâtre est plus étendu, les enjeux plus vastes, le récit moins connu que celui des combats picrocholins de l’époque mazarine. On se passionne pour la destinée du plus grand empire du monde, on voit avec terreur les trônes chanceler et les têtes tomber par centaines de mille. Surtout, le style quelque peu hiératique de la romancière convient mieux aux mœurs chinoises qu’aux françaises. M. de La Tour et Mme de Clermont, dévots tourmentés par la chair, sont quelque peu ridicules au temps de Molière et de Tallemant des Réaux, où le cocuage prête davantage à la comédie qu’au drame. Ils seraient plus crédibles dans une Espagne à la Montherlant que dans la France d’Anne d’Autriche.

Ajoutons que le «roman français» est écrit au présent, temps impitoyable qui écrase les nuances, tandis que le «roman chinois» se déroule dans les temps du passé, qui fait ressortir ces nuances, qui habille la narration d’un vêtement de soie dorée.


Thierry Sarmant
( Mis en ligne le 13/04/2011 )
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