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Matière sombre, oeuvre éclatante
Patrick Modiano   L'Horizon
Gallimard - Folio 2011 /  6,20 € - 40.61 ffr. / 165 pages
ISBN : 978-2-07-044337-6
FORMAT : 11cmx18cm

Première publication en mars 2010 (Gallimard - Blanche)
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On lira le ce roman de Patrick Modiano comme on regarderait le monde à travers un verre de cristal taillé : lumineux mais flou, quelques détails très précis émergeant - ou se noyant ? - dans un flot bien plus indéfini.

L'espace, malgré quelques excursions suisse et berlinoise, reste Paris, terrain de jeu littéraire de l'auteur. Les détails sont en partie ici, dans les noms de rue, les toponymes et les itinéraires. L'espace, Paris donc, toujours. Le temps... C'est autre chose et le sujet même du récit, comme toujours chez Modiano : fugace, anthropophage même, pire, mangeur de lumière et de souvenirs, de vie en somme. Une entité puissante et impalpable dans laquelle les existences se démènent, sont malmenées ; celles de Bosmans et Margaret Le Coz, couple ici mis en scène.

Ils se sont croisés, se sont aimés sans doute dans un temps vieux de quarante ans, puis perdus de vue pour des raisons non dévoilées. Quarante ans plus tard, Bosmans tente de rebrousser chemin, dans sa mémoire, pour se souvenir des circonstances de cette rencontre, et dans le présent, pour retrouver Margaret ; à la dernière ligne du roman.

Sur les mêmes lieux, les images imparfaites du passé, mais pouvant soudainement regagner une acuité totale, viennent se superposer. Le récit exsude de l'asphalte parisien, un spectre envoûtant...

Ce rapport au temps, Modiano lui donne ici une image, qu'il emprunte à l'astro-physique, la matière noire : "Derrière les événements précis et les visages familiers, il sentait bien tout ce qui était devenu une matière sombre : brèves rencontres, rendez-vous manqués, lettres perdues, prénoms et numéros de téléphone figurant dans un ancien agenda et que vous avez oubliés sans même le savoir. Comme en astronomie, cette matière sombre était plus vaste que la partie visible de notre vie. Elle était infinie".

Et l'on se laissera enivrer par cette infinité, la suggestion que ces mondes parallèles que sont nos passés, nous habitent encore, bien qu'ils nous fuient. Nous sommes le coeur de ces forces centrifuges qu'il nous revient de maîtriser. Formidable leçon et, une fois encore, un roman solide, comme on n'en fait plus, lui aussi d'une autre époque, où le flou artistiquement mis en marche, sur des phrases souvent courtes, toujours millimétrées, aide paradoxalement à voir plus sûrement la lumière. Comme au travers d'un verre de Baccarat...


Thomas Roman
( Mis en ligne le 16/02/2012 )
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