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L’envers du décor
Marc Dugain   L'Emprise
Gallimard - Folio 2015 /  7,50 € - 49.13 ffr. / 353 pages
ISBN : 978-2-07-046304-6
FORMAT : 11,0 cm × 17,8 cm
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De plus en plus de citoyens ne croient plus en la capacité des politiques à trouver des solutions aux problèmes du pays, ou tout simplement en leur volonté de le faire, et que cette perte de crédibilité se traduit notamment par un taux élevé d'abstention aux élections ou par la montée, jusqu'à présent inexorable, du vote populiste ou extrémiste. Alors pour remonter le moral de tout le monde, lecteurs et électeurs, Marc Dugain a décidé de nous faire visiter les coulisses du pouvoir. Chacun pourra alors se rendre compte que ce qu'il s'y passe est pire que ce qu'on imagine...

L'Emprise est le premier volume d’une trilogie dont le deuxième volet, Quinquennat, est paru au printemps dernier. C’est un roman de politique fiction, un peu polar et assez noir, dans lequel on trouve des politiciens ambitieux, des flics retors, des industriels aux sales secrets de fabrication à cacher et des gens ordinaires, peu importe leur métier, qui peuvent se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment. Pour mettre en scène tout ce petit monde, Marc Dugain déroule plusieurs récits en apparence séparés, mais qui vont progressivement se rejoindre au fur et à mesure de l'intrigue.

On trouve tout d'abord le récit politique. Launay, que l’on retrouvera dans Quinquennat, est le favori des futures primaires du principal parti d’opposition. Une fois qu’il aura été désigné, il sera pratiquement certain de remporter l’élection présidentielle, tant l’actuel président est impopulaire. Il y a longtemps qu'il a renoncé à l'idée que la politique pouvait changer la vie, ou tout simplement l'améliorer. Au mieux, il pense que les hommes politiques sont là pour expliquer aux citoyens pourquoi les choses ne vont pas si mal, parce qu'en vrai, elles pourraient être pires. Ce qui l'intéresse, c'est le pouvoir, surtout sa conquête. Son principal problème est d'empêcher un concurrent de son parti de se présenter contre lui et de l’attaquer avec des histoires politiquement gênantes.

Il y a ensuite le récit industriel. Blandine Habber dirigeait Arlena, le principal groupe nucléaire français, mais elle a été évincée de son poste et le vit très mal. Du coup, elle compte beaucoup sur un syndicaliste de l'entreprise pour lui fournir des informations à propos d'un contrat avec la Chine, qu'elle pourra utiliser contre son successeur.

Au milieu de tout ça, on trouve Corti, patron du renseignement intérieur. Il aime deux choses : la charcuterie corse et tout savoir sur tout le monde. Connaître les secrets et avoir des dossiers le rend indispensable et le fait craindre à la fois. Deux atouts pour s'assurer que son objectif sera atteint : rester en place. Enfin il y a Lorraine, policier au renseignement intérieur, qui mène sur une photographe chinoise à la mode une enquête dont elle ne maîtrise pas tous les tenants et aboutissants, mais qui fait progressivement le lien entre ces différentes histoires.

Les références à la véritable vie publique ou semi-publique française dans L’Emprise sont nombreuses et souvent faciles à trouver. On peut pèle-mêle reconnaître l’impopularité de Hollande, la montée en arrière-plan du Front national, qui est traitée comme une variable et jamais comme un problème de fond et une menace dont les causes sont à combattre coûte que coûte, la DCRI, Areva, un mélange des affaires des frégates de Taïwan et de Karachi. Mais ni ce petit jeu des ressemblances, ni l’intrigue elle-même ne sont les aspects les plus intéressants de ce roman agréable à lire, écrit dans un style factuel et un peu détaché. On est surtout pris par le caractère réaliste de ce sombre tableau, par le cynisme ordinaire d’une oligarchie désabusée qui cherche à tromper son ennui en s’occupant du destin d’un pays.


Antoine Picardat
( Mis en ligne le 18/09/2015 )
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