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Jours de mort ordinaire
Will Self   Ainsi vivent les morts
Seuil - Points 2002 /  15 € - 98.25 ffr. / 480 pages
ISBN : 2020557223
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N'avez-vous jamais remarqué, au guichet d'une administration, un employé au regard particulièrement terne, éteint ? Observé que tel ou tel auteur de polar célèbre avait brusquement changé de style, pour virer au morbide le plus extrême ? Normal, en quelque sorte : ils sont morts. Et les défunts peuvent choisir de travailler discrètement parmi les vivants sans que ces derniers ne s'en doutent.

A vrai dire, ils ont à peu de chose près les mêmes problèmes que nous : ils rentrent le soir dans une banlieue sinistre (mais la vermine qui infeste leur appartement est très différente de celle que l'on s'attend habituellement à rencontrer), ont des soucis avec leurs enfants (surtout avec ceux qui n'ont pas été menés à terme dans leur existence précédente)... Bref, les morts vivent, à leur étrange manière : ils font la cuisine par habitude même si leur corps subtil ne leur permet aucune digestion, exploitent une compagnie de taxis fantômes et sont confrontés à une mortocratie pesante, aux usages et aux objectifs incertains.

Chacun d'entre eux est chaperonné par un "guide" aux explications confuses, mais toujours issu d'une ethnie traditionnelle. Lily Bloom par exemple, grosse blonde cérébrale et teigneuse, est cueillie par un aborigène australien à la sortie de l'hôpital où elle vient de trépasser. Et s'apercevra bien vite que son éternité est destinée à rester aussi ennuyeuse, médiocre et frustrante que le fut son existence... Bien pire, même, puisqu'elle n'éprouve plus aucune sensation ni plaisir.

Will Self est issu comme Irvine Welsh (Trainspotting) de cette nouvelle génération d'écrivains anglais à l'humour corrosif et quelque peu déjanté. Doté d'une imagination vertigineuse, il s'est imposé ces dix dernières années comme le visiteur inspiré de mondes parallèles hallucinatoires, quoique singulièrement comparables au nôtre... Ainsi, dans Les grands singes, le fêtard qui se réveille un beau jour dans une humanité totalement transformée - et dont la certitude d'être resté un homme fera l'objet d'un traitement psychiatrique éclairé. Ou la femme au foyer de Vice-versa, subitement munie d'un sexe masculin, tandis qu'à quelques lieues de là un jeune rugbyman voit un vagin apparaître au creux de son genou (tous deux aux Editions de l'Olivier).

Quant au thème des morts empêtrés dans une demi-vie crépusculaire, il avait déjà été introduit dans son premier recueil de nouvelles : La Théorie quantitative de la démence (1991, traduit chez l'Olivier en 2000). Il est développé ici, dans un style parfois déroutant : Ainsi vivent les morts est un roman d'architecture complexe, avec son héroïne improbable et ses constantes digressions rageuses - ou somnambuliques. Une oeuvre vigoureuse, envoûtante et originale, à défaut d'être toujours facile.


Isabelle Nouvel
( Mis en ligne le 27/10/2002 )
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