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Un air de famille
Mazarine Pingeot   Bouche cousue
Pocket 2006 /  6.20 € - 40.61 ffr. / 228 pages
ISBN : 2-266-15728-0
FORMAT : 11,0cm x 17,5cm

Première publication en février 2005 (Julliard).
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Nul besoin de présenter l'auteur de Bouche cousue, qui vient de paraître au format poche (Pocket) : depuis un certain numéro de Paris Match, à l'automne 1994, sa vie est tombée dans le domaine public.

Parlons plutôt de l'ouvrage. Récit-confidence autobiographique, Bouche cousue est le témoignage d'une jeune femme tentant de tisser des liens entre deux existences : celle encore en germes d'un enfant à naître et celle, arrivée à son terme voici près de dix ans, d'un père pas tout à fait comme les autres, puisqu'il était aussi président de la République. Si l'enfant se refuse à venir au monde, le père, lui, demeure farouchement vivant. Il hante l'esprit de Mazarine qui tente de se remémorer ses conseils et son attitude face à la vie, s'inquiète de ce qu'elle n'a pas eu le temps de lui demander et s'efforce d'imaginer les réponses qu'il aurait apportées. Cette piété filiale est touchante.

Plus touchant encore est l'amour paternel qui se dévoile dans l'ouvrage. Ici, François Mitterrand n'est pas un mais trois personnages. Deux d'entre eux échappent à Mazarine : il y a l'homme qui a vécu 58 années avant sa naissance. Puis il y a l'homme public, qu'elle entrevoyait à la télévision, mais qu'elle ne parvenait pas à reconnaître. Enfin, il y a son père, un père étonnamment présent, qui partait travailler le matin après le petit déjeuner et revenait le soir. A ses côtés, une mère également présente, dépeinte comme un peu sèche, trop sérieuse, érudite.

Bouche cousue est le récit d'une enfance, d'une jeunesse heureuse, emplie de jeux avec de nombreux cousins, de promenades avec les chiens, de vacances en Provence ou ailleurs. Tout cela serait d'une grande banalité si le père ne devait pas poser un gyrophare sur le toit de sa voiture, pour rentrer plus vite à Paris le dimanche soir, si des gardes du corps ne veillaient en permanence sur le trio familial, et surtout si Mazarine avait pu se confier.

Car tout est là, dans cette tension entre une enfance heureuse et le silence imposé, le si lourd secret qu'il a bien fallu apprendre à garder, en ne mettant que quelques rares amies dans la confidence, les rumeurs qui rôdent... Bouche cousue donc, et Mazarine en a souffert, tout comme elle a souffert de sa notoriété médiatique soudaine lorsque le secret fut levé au seuil de ses vingt ans.

Celui qui a lu Premier roman et qui nécessairement ne peut avoir oublié, n'ouvrira Bouche cousue qu'avec réticence. Pourtant, emporté par la curiosité, il se laissera peu à peu séduire par les confidences de Mazarine, bien que desservies par un style haché, sec et alambiqué à la fois... Malgré tout, la lecture reste plaisante et la relation qui s'y dévoile entre ce père et sa fille est vraiment belle.

Deux remarques s'imposent toutefois. Mazarine retrace une enfance assombrie par ce silence imposé. On est tenté de lui rétorquer qu'en dépit de ce silence, elle a grandi dans une famille heureuse, entre deux parents qui s'aimaient, des parents toujours présents et compréhensifs à ses côtés. Par ailleurs, l'auteur tend à se plaindre de sa notoriété, et semble revendiquer l'anonymat. Mais alors pourquoi un tel ouvrage ? Pourquoi livrer son enfance au regard forcément un peu voyeur du lecteur ? Car il y a fort à parier que c'est avant tout ce nom, Mazarine, inscrit en lettres capitales, qui incitera bien des gens à ouvrir le livre. Revendiquer l'anonymat et rendre publics ses souvenirs d'enfance, n'est-ce pas contradictoire ?


Raphaël Muller
( Mis en ligne le 27/04/2006 )
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