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Clémence Boulouque   Chasse à courre
Gallimard - Folio 2007 /  6 € - 39.3 ffr. / 288 pages
ISBN : 9782070343546
FORMAT : 11 x 18 cm

Première publication en septembre 2005 (Gallimard - Blanche).
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On avait envie d’aimer ce livre, tant on avait été touché, admiratif, devant le premier ouvrage de Clémence Boulouque, Mort d’un silence (Gallimard, 2003), un récit dans lequel la jeune femme évoquait avec pudeur et une grande sensibilité le suicide de son père, le juge Gilles Boulouque, suite à l’affaire Gordji en 1986. Succédant à un premier roman publié en 2004 (Sujets libres, Gallimard), et moins remarqué, Chasse à courre confirme l’ambition littéraire de Clémence Boulouque, par ailleurs journaliste littéraire (Lire, Le Figaro littéraire, Cosmopolitaine sur France Inter). On avait envie d’aimer ce livre, donc, mais on reste largement sur sa faim.

Clémence Boulouque plonge ici sa plume dans un univers impitoyable, celui des chasseurs de têtes. Le héros (et narrateur) est un trentenaire, il s’appelle Frédéric Marquez. Issu d’un milieu modeste, Marquez fait un parcours typique et sans faute : école de commerce, spécialité finances, début de carrière dans une grande banque, souvent «chassé» et bientôt «chasseur». Chasse à courre est le récit de sa vie, une sorte de mise à nu d’un homme désabusé, que ses propres masques ne trompent plus. Un ambitieux qui se serait trompé d’ambition (en gros, une belle carrière et beaucoup d’argent aux dépens de ses passions profondes et de sa sensibilité), ce qui ne nous rend pas ce personnage très sympathique.

Si Clémence Boulouque dépeint de manière assez convaincante un certain milieu professionnel (bien que n’échappant pas aux clichés), son roman pèche par manque de profondeur psychologique. Les personnages féminins et masculins se succèdent sans que le lecteur n'ait jamais l’impression de vraiment les saisir. Ils sont des archétypes décrits à la va-vite et restent largement désincarnés. Le héros lui-même, bien que plus creusé, ne parvient pas à acquérir beaucoup d’épaisseur, bringuebalé qu’il est en permanence entre ses doutes, ses regrets et ses accès d’espérance. Et son auto-analyse confine parfois à une candeur assez peu passionnante : «Etonnant, comme ce métier donne le mépris facile. Peut-être l’avais-je déjà avant, peut-être me suis-je dirigé vers cette profession pour pouvoir me sentir supérieur».

L’auteur n’échappe pas non plus à un certain maniérisme : le roman commence par une petite annonce mortuaire, que l’on retrouve au premier tiers puis au deuxième tiers du livre. La curiosité du lecteur est d’emblée piquée… mais déçue une fois qu’il apprend enfin qui est ce Richard Pétrel mort à 44 ans : là encore, on ne fait que croiser ce personnage et l'on a l’impression de s’être fait rouler dans la farine par un artifice formel. Dernière déception : l’écriture en elle-même. Pas assez resserrée, elle ne fait que souligner que ce Frédéric Marquez, finalement, n’a pas grand-chose à dire. Et certains passages sont franchement médiocres : «Elle ne passera pas ses jours avec lui, donc. Elle a décidé de les abréger, ses jours avec lui». Bref, un roman un peu flasque. Dommage !


Anne Bleuzen
( Mis en ligne le 23/02/2007 )
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