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Les Adolescents pour les nuls
Ariane Fornia   Dernière morsure
Le Livre de Poche 2009 /  5.50 € - 36.03 ffr. / 216 pages
ISBN : 978-2-253-12549-5
FORMAT : 11cm x 18cm

Première publication en août 2007 (Robert Laffont).
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Ariane Fornia, dix-neuf ans (elle est née en septembre 1989), après avoir créé l’étonnement avec Dieu est une femme, il y a trois ans, puis écrit à quatre mains un livre avec sa mère Sylvie Brunel, La Déliaison, règle ses comptes avec une adolescence dont elle considère désormais qu’elle est derrière elle, du moins pour sa première phase : Dernière morsure.

Pour quelqu’un d’aussi jeune, elle manifeste une étonnante maîtrise de la langue et un sens aigu de la polémique, elle écrit somme toute «plus vieux que son âge»… On retrouve le ton sans concession de Dieu est une femme. Le texte est féroce, alerte et amusant, et peut servir de manuel à l’usage des adultes face à la tribu dérangeante des adolescents. Il s’ouvre sur un Petit inventaire de l’adolescence à l’usage des adultes, de «A comme Adolescent» à «Z comme Zigzag» puisque «l’adolescence se présente souvent sous forme de questionnaire à Choix Multiple, un perpétuel zigzag entre des choix d’existence».

On y circule entre les choix vestimentaires, on est initié aux diverses tribus, aux rites nécessaires, aux relations avec les parents, «objet multifonction», «spécimens à la fois rigides et superprotecteurs» : «Le parent est certes moins canon que Sami Naceri, mais il fait taxi quand même, ainsi que tenancier du standard téléphonique, banquier, et, malheureusement, distributeur de conseils ineptes(…)». Ariane Fornia ressent un agacement léger et amusé à l’égard de ces handicapés de la vie, en particulier face à internet ou au maniement d’un téléphone portable ; elle dresse toutefois un tableau élogieux et ému des qualités de sa mère (et somme toute des femmes en général) ; le père (Eric Besson) lui, est réduit à un rôle plus modeste : il accepte de la conduire manifester contre la réforme Fillon (la manifestation lycéenne : autre rite de passage !).

En neuf courts chapitres, l’adulte le plus borné apprend à décrypter en ethnologue des rituels parfois déroutants : comment s’approcher entre filles et garçons, rituel évolutif de la 6ème à la Terminale ; comment se nourrir, surfer sur internet, envoyer des SMS dans un langage que les adultes croient proches de l’analphabétisme, alors qu’Ariane Fornia démontre qu’il résulte d’une gestion bien pensée : le moins de caractères possible pour le message le plus dense possible ! Etc. L’enjeu est de rester soi : ««Je suis moi et rien d’autre !», crient nos vêtements, nos blogs et nos goûts. Et nous y croyons, c’est la magie de l’adolescence. Après, nous vieillirons, et nous accepterons d’être des maillons de la société, en costume standardisé». Dans un désopilant passage sur l’école, Ariane Fornia pulvérise la bêtise simpliste des «programmes miteux» des disciplines scientifiques en classe littéraire, la nullité de l’administration.

Elle termine sur son amour de l’Allemagne, et la conviction (vertige de l’adolescence) qu’elle est désormais sortie d’une première phase, tout en espérant conserver intacte la rage de l’adolescence, et rester «en crise» : «Finalement, je tiens à mon statut de vampire, et je n’ai aucune envie de me raboter les canines».

Ariane Fornia a sans aucun doute le sens de la formule, Dernière morsure se lit avec plaisir, décomplexera les parents, ne leur apprendra sans doute pas grand chose qu’ils ne sachent au moins intuitivement… et fera rêver à ce monde idéal dans lequel une adolescente porte ce type de jugements et de propos talentueux sur sa classe d’âge…

Un bel avenir de chroniqueuse s’ouvre sans aucun doute à Ariane Fornia. Tous les ingrédients du succès littéraire pour la rentrée sont ici réunis dans un cocktail réussi : le sujet, l’âge de l’auteur, la verve du texte.


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 06/07/2009 )
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