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Mondanités exotiques
Jean-Paul Enthoven   Ce que nous avons eu de meilleur
Le Livre de Poche 2010 /  6 € - 39.3 ffr. / 183 pages
ISBN : 978-2-253-12925-7
FORMAT : 11cm x 18cm

Première publication en août 2008 (Grasset).

L'auteur du compte rendu : Essayiste, romancier, Jean-Laurent Glémin est titulaire d’un troisième cycle en littérature française. Ayant travaillé notamment sur les sulfureux Maurice Sachs et Henry de Montherlant, il se consacre aujourd’hui à l’écriture de carnets et de romans. Il n’a pas publié entre autres Fou d’Hélène, L’Imprésent, Fleur rouge, Chair Obscure, Continuer le silence.

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Le travail du critique devient de plus en plus créatif de nos jours. En effet, depuis «la mort de la littérature» que remarque avec tant d’acuité Richard Millet, il doit faire face à des lectures plus insipides les unes que les autres, qu’elles proviennent d’écrivains nouveaux ou d'autres plus connus, et du coup tenter de composer sur le vide qu’elles contiennent, qu’elles entretiennent ou qu’elles véhiculent. C’est malheureusement le cas avec Ce que nous avons eu de meilleur de l’éditeur parisien Jean-Paul Enthoven (né en 1949).

Le mieux serait de laisser page blanche devant tant de fadeur, mais nos lecteurs sont en droit de comprendre un temps soit peu le contenu affligeant de ce genre de «sous-roman de sous-sol de gare». Rappelons tristement que Enthoven est avant tout un lecteur diplômé de nos chères grandes écoles et non un romancier, en témoignent le peu d’écrits qui jalonnent son œuvre : quatre romans. Et que publier un livre lorsque l’on est éditeur ne signifie pas que l’on est écrivain, malgré des traces ci ou là du plumitif chevronné dans des revues ou autres supports non littéraires. Le livre devient donc un objet, et le roman, du remplissage plus ou moins lisible.

Ce roman, comme une pléiade d’autres sortant de nos jours, ne raconte strictement rien. C’est écrit à la première personne, c’est autobiographique, et c’est une suite d’évocations sans intérêt sur la vie du narrateur, retiré loin de Paris et des siens à Zahia, sorte de territoire paradisiaque mais sauvage qu’ont fréquenté en leur temps des célébrités telles que Marlon Brando, Maurice Ronet ou encore Alain Delon. On ne reconnaît pas tous les pseudonymes des connaissances qu’Enthoven a choisi d’incorporer pour rester dans la lignée des bourgeois parisiens qui sillonnent les alentours, mais on reconnaît sans se forcer les figures emblématiques de Bernard-Henri Lévy ainsi que sa femme, l’éprouvante Arielle Dombasle.

Et que se passe-t-il ? Entre deux conversations hautement philosophiques portant sur leur propre mort ou quelques conflits récents, le narrateur évoque Churchill, son père, Maurice Ronet ou Alain Delon venu leur faire une petite visite impromptue. Sans oublier la prostituée locale qui est plus mystérieuse que celle du boulevard Barbès et les éternels questionnements sur le temps qui passe, la célébrité, la conscience, la place d’un être dans l’univers ou dans son microcosme étriqué et l’amitié solide entre intellos : bref, la vie quoi !

Enthoven, dans une écriture à couper au couteau, introduit des personnages qui croulent sous le fric et les paillettes mais qui ont encore la décence de souffrir, d’être à fleur de peau et de se sentir encore petits devant ce monde de chiens, le tout sous les cocotiers. Même la présence de l’acteur regretté, Maurice Ronet, n’élève pas le niveau tant il est évoqué de manière éparse et dissout dans cette autofiction malheureuse. On pêche tout de même une info de taille : l’acteur repose au cimetière de Bonnieux, et il est intéressant de le savoir pour celui qui voudrait se recueillir sur sa sépulture. Bien sur, Enthoven n’évoque que Le Feu follet, Plein soleil et La Piscine comme si l'on ne cantonnait l’acteur que dans ces trois films, signe qu’il ne maîtrise pas vraiment la carrière du grand Maurice dont la filmographie s’étend jusqu’en 1983, date à laquelle il nous quittait prématurément à l’âge de 55 ans. Là est l’intérêt du livre, les minces pages évoquant sa mémoire.

Pour rester dans le sordide et comme le font un certain nombre de mauvais écrivains, le narrateur s’attache à un grand nom de la littérature française histoire de se donner une caution intellectuelle. Ici c’est Stendhal qui occupe la place du père spirituel, revenant de temps en temps dans les phrases insipides du narrateur qui, certes, l’a lu, mais qui lui fait plus du tort que de bien en le fourvoyant dans de tels écrits.

Et pour finir sur un jeu de mots, disons que Ce que nous avons eu de meilleur est sans doute ce que nous avons eu de pire en littérature dernièrement...


Jean-Laurent Glémin
( Mis en ligne le 07/10/2010 )
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