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Un Varennes entraînant
Mona Ozouf   Varennes - La mort de la royauté, 21 juin 1791
Gallimard - Les journées qui ont fait la France 2005 /  24 € - 157.2 ffr. / 433 pages
ISBN : 2-07-077169-5
FORMAT : 15,5cm x 22,0cm

Dans le cadre des Rendez-vous Citoyens du Sénat - Histoire, le jury du Prix du Sénat du Livre d'Histoire a attribué le prix 2006 à Mona Ozouf pour cet ouvrage.


L'auteur du compte rendu : Raphaël Muller, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, est allocataire-moniteur en histoire contemporaine à l'université de Paris I.

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A la fin de l’année 2005, les éditions Gallimard ont décidé de ressusciter la célèbre collection «Trente Journées qui ont fait la France», qui, dans les années 1970, avait été le symbole du retour de l’événement dans le discours historiographique. Le nom en a été légèrement modifié pour devenir «Les journées qui ont fait la France». Le directeur de collection aussi a changé ; Ran Halévy a remplacé Gérard Walter, le fondateur. Toutefois la filiation est explicite puisque, pour ouvrir la nouvelle collection, Gallimard a choisi de rééditer Le Dimanche de Bouvines, de Georges Duby, titre phare et emblématique de la collection originelle.

Cette réédition s’est accompagnée de la sortie d’un titre inédit : Varennes de Mona Ozouf. Au soir du 20 juin 1791, Louis XVI et les siens, étroitement surveillés depuis leur retour à Paris en octobre 1789, se jouèrent de la vigilance de La Fayette et firent route vers l’Est. Reconnus à Sainte-Menehould et démasqués à Varennes dans la nuit du 21 au 22 juin, les fuyards furent contraints de regagner Paris sous bonne escorte. En l’espace de trois jours, le sort de la monarchie s’était joué.

Avec une grande précision, Mona Ozouf, co-directrice avec François Furet du Dictionnaire critique de la Révolution française, s’efforce de débrouiller le drame complexe qui se noua au cours de ces journées décisives. Elle mêle surtout habilement le récit de l’équipée et l’analyse de ses enjeux : qui était présent dans la voiture ? Comment les fuyards purent-ils quitter le palais ? Quel chemin empruntèrent-ils et pourquoi ? Pourquoi avoir choisi une lourde et luxueuse berline ? Que virent les fuyards ? Qui démasqua les fugitifs ? Pourquoi le plan échoua-t-il ? Dans quel climat s’effectua le retour ? Mais aussi plus profondément, pourquoi fuir ? Quel était le but de l’équipée ? Quelle fut la réaction de l’Assemblée constituante ? Quelle fut la réponse apportée à la vacance de fait du pouvoir ? Quelle figure pouvait prendre le pouvoir au lendemain du retour du roi ? Quelles en furent les conséquences ? Autant de questions auxquelles Mona Ozouf apporte des éléments de réponse clairs, précis et étayés.

Ouvrage de synthèse, ce Varennes paraît tout juste un an après la sortie de Le Roi s’enfuit, traduction française du livre que l’historien américain Timothy Tackett avait consacré en 2003 au même sujet. Le Varennes publié par Gallimard n’est-il alors qu’un doublon superflu ? D’un strict point de vue historiographique, il est clair que l’ouvrage n’apporte pas grand-chose de neuf ; mais la nouveauté était-elle réellement le but visé ? Sans doute pas, et là n’est pas l’essentiel, car c’est avant tout par ses qualités littéraires que brille ce Varennes. Porté par le style fluide et vivant bien que souvent analytique de Mona Ozouf, le lecteur se prend à espérer que la royale berline atteindra Montmédy sans encombre, et il ne peut s’empêcher de rêver à ce qui se serait passé si le roi avait preuve d’un peu plus de résolution, les hussards d’un peu plus d’esprit militaire et leurs chefs d’un peu plus de constance.

Si cet ouvrage ne sera probablement pas le coup de tonnerre historiographique qu’avait été en son temps Le Dimanche de Bouvines, gageons qu’il saura trouver un public élargi, qui ne sera peut-être pas celui des historiens professionnels. Franchir les barrières de la communauté, quel plus beau destin pour un livre d’histoire ?


Raphaël Muller
( Mis en ligne le 12/06/2006 )
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       de Mona Ozouf
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