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Vous aimerez détester Michael Beard...
Ian McEwan   Solaire
Gallimard - Folio 2012 /  7,50 € - 49.13 ffr. / 394 pages
ISBN :  978-2-07-044831-9
FORMAT : 11cm x 18cm

Première publication française en mars 2011 (Gallimard - Du monde entier)

Traduction de France Camus-Pichon

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"Dans ce monde fermé, spécialisé, il était une célébrité grâce à Stockholm et traversait les années en roue libre, vaguement lassé de lui-même, privé d'alternative". Prix Nobel de physique, sommité en matière d'énergies propres, en tête le photovoltaïque, Michael Beard est un petit homme, un mesquin, un moyen, un médiocre que l'aura de ses lauriers scientifiques protège des autres. Mais jusqu'à quand ?...

Autrefois brillant, il est aujourd'hui terne, reflet d'une époque et d'une société manquant elles aussi de lumière, à tous les sens du terme : la chaleur, l'énergie, l'espoir, une direction aussi. Ian McEwan nous raconte, nous, en le décrivant, lui, et ses humeurs, ses rêves atrophiés, pompés par l'appétit matérialiste et l'ennui, et le temps qui passe aussi (Michael est un homme ''mûr'', la cinquantaine bedonnante et, so far, respectable).

L'auteur nous déroule l'itinéraire en sautant de quinquennat en quinquennat, de l'an 2000 à nos jours : triste époque... On n'entrera pas dans les détails de l'histoire, les coups de théâtre - une mort accidentelle et profitable, un vol de propriété intellectuelle, une expédition, délicieusement burlesque, pour flirter avec le cercle polaire. On dira simplement qu'on a aimé détester cet énergumène, sa suffisance, son atonie, les impasses où conduisent ses choix, son incapacité à interagir avec les autres, ses femmes, nombreuses et toutes déçues, ses collègues.

Ian McEwan explore avec minutie et finesse cette psyché malade, dont les ombres dessinent aussi les nôtres. Michael Beard, terrifiant alter-ego, dont l'autisme et la petitesse ne sont accentués ici que pour nous le rendre plus crédible et vivant. Un personnage qui n'incarne en rien le titre du roman, renvoyant, lui, aux préoccupations du moment, une époque prise dans le double étau d'une crise énergétique et écologique (et derrière, troisième crise, fondamentale, celle du sens). Le constat est pourtant simple : le soleil est là, dont l'énergie immense suffirait à alimenter l'humanité et exporter jusque sur Pluton le trop plein d'électricité... La fable évoquée par un jeune collègue de Beard est saisissante : l'humanité ressemblerait à cet homme assoiffé qui, dans une jungle incessamment soumise aux déluges, préfère déforester pour extraire des arbres la sève qui le désaltèrera plutôt que, tout simplement, ouvrir la bouche et boire.

Solaire parle de cela, de ces évidences oubliées, lumières aveuglantes, si aveuglantes parfois qu'on en perd le don d'acuité, disait Ponge. Beard, et nous dans l'ombre de ce personnage, est l'homme de la caverne, l'imbécile décrit par Platon. Un roman universel donc. Beard, c'est nous, et vous aimerez donc le détester.


Thomas Roman
( Mis en ligne le 17/10/2012 )
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