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Sornettes au clair de lune
Fabienne Juhel   La Verticale de la lune
Actes Sud - Babel 2014 /  7 € - 45.85 ffr. / 145 pages
ISBN :  978-2-330-03421-4
FORMAT : 11,0 cm × 17,8 cm

Première publication en août 2005 (Zulma)
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C’est un petit livre bien étonnant, tout à fait remarquable, dans tous les sens du terme.

Dans le jardin d’une grande maison bretonne, une petite fille nous entraîne dans son univers fantasmagorique. Il y a Nadine, la poupée qu’elle a étranglée et jetée dans le puits. Il y a Teresa, la femme de maison mexicaine, maternelle, sensuelle et complice, la «Vénus callipyge». Il y a Marie, la mère de la petite fille, froide, trop souvent absente, et folle amoureuse de la «veuve des îles», Florence. Il y a Samuel, enfin, surnommé «l’Indien», un bûcheron qui fait son arrivée dans cette gynécée et dont la mission est d’abattre les arbres morts. Or les arbres, c’est le domaine réservé de la petite fille. Ses amis, ses amants aussi. «J’ai fait l’amour à tout ce que la Terre porte d’arbres. Enfin, je veux dire que j’ai pour périmètre affectif les arbres du domaine, et encore, les plus éloignés de la maison. Je ne voudrais pas que Teresa aille surprendre mes ébats. Elle ne comprendrait pas. Elle dont le pays est rempli de cactus».

C’est le long monologue de la petite fille qui nous guide dans son domaine. Elle est au centre de tout, elle jette sur son univers un regard poétique, fantasmé, que Fabienne Juhel rend par une langue très maîtrisée, précise et précieuse, et qui ne saurait d’ailleurs nullement sortir de la bouche d’une enfant. L’écriture de l’auteur installe parfaitement le climat velouté, onirique, qui emporte le lecteur dès les premières pages. On se demande d’abord où cette petite fille veut nous emmener, mais bientôt la question devient superflue : on se contente de la suivre, appréciant le point de vue très particulier qu’elle nous offre. Ce n’est qu’à la toute fin du roman, dans une dernière page, que le récit nous fait brusquement retomber dans la réalité. Cette dernière page jette alors une lumière nouvelle sur toutes celles qui précèdent.

Fabienne Juhel ne se cache pas dans cette Verticale de la lune. Elle dévoile une sensibilité originale. Sans effets de style gratuits, sans intrigue tonitruante, ce premier roman, publié en 2005 (aujourd'hui en format de poche chez Babel) semble être sorti du plus profond d’elle-même.


Anne Bleuzen
( Mis en ligne le 13/10/2014 )
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