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Libéralisme, Bolchevisme, National-socialisme
Ernst Nolte   Les Fondements historiques du national-socialisme
Pocket - Agora 2004 /  6.50 € - 42.58 ffr. / 156 pages
ISBN : 2-266-13700-X
FORMAT : 11x18 cm

Ouvrage paru une première fois en 2002 (Le Rocher).

L'auteur du compte rendu : Chercheur associé à la Bibliothèque nationale de France, Thomas Roman, diplômé de Sciences-Po Paris et titulaire d'un DEA d'Histoire à l'IEP, poursuit sa recherche en doctorat, sur les rapports entre jeunesse et nationalisme en France à la "Belle Epoque".

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A l’origine de la fameuse «querelle des historiens» qui enflamma la scène intellectuelle mondiale des années 1980, Ernst Nolte défend une vision du XXe siècle dans laquelle prime la menace bolchevique et les réactions de défense contre elle. Ainsi du national-socialisme allemand. Nul doute que cette querelle sur les interprétations du nazisme soit à répétitions.

Les Fondements historiques du XXe siècle sont issus de conférences données par l’historien, d’abord à l’Université libre de Berlin, puis en Italie, à l’Université Bocconi. Nolte y répète ses thèses les plus fameuses, en trois chapitres. Le quatrième, inédit, rapporte un débat de l’historien sur les grands problèmes liés à sa théorie historiographique.

Esquissant les origines idéologiques du nazisme au XIXe siècle, en développant les thèses de penseurs et de mouvements intellectuels ou politiques, l’auteur pourrait laisser croire qu’il relativise l’importance jadis accordée à la Guerre et à la Révolution bolchevique. Il n’en est rien. Ces deux phénomènes restent les grands catalyseurs qui, avec la défaite, le «diktat» de Versailles et la crise économique, permirent à Hitler d’arriver au pouvoir en 1933. C’est alors que la préhistoire idéologique du nazisme est devenue histoire, pour ainsi dire. Quels sont ces mouvements ? Nolte en repère trois principaux : le pangermanisme, le social-darwinisme et l’antisémitisme.

Plus importante encore est l’interprétation que Nolte propose de la naissance de ces courants de pensée. Comme pour le nazisme et le bolchevisme, c’est le marxisme qui, dans un processus analogue de réaction imitative, aurait conduit aux thèses destructrices de ces idéologies. Parce que le marxisme prônait la destruction de la bourgeoisie et une vision belliqueuse des rapports sociaux, le pangermanisme ou l’antisémitisme moderne ne pouvaient que développer des visions aussi destructrices.
La thèse est séduisante mais apparaît comme réductrice. Elle fait oublier quelque peu la réaction du bolchevisme et du fascisme au système libéral. Nolte ne cède cependant pas à cette réduction. Rappelant l’ouvrage de Theodore H. Von Laue, The World Revolution of Westernization (New York, 1987), il explique que l’auteur donne la priorité à la révolution occidentale, libérale et capitaliste. Partage t-il ce point de vue ? On comprend qu’il ne revient pas sur l’importance du bolchevisme, phénomène antilibéral fondamental. Selon lui, dans cette trame antilibérale, c’est d’abord contre la menace soviétique que réagit et se construit le national-socialisme.

Les thèses de Nolte, par leur originalité et leur radicalité, ouvrent la voie à la polémique. La pluralité des causes que Nolte identifie dans la genèse du nazisme relativise malgré tout l’obsession antibolchevique que l’on voudrait lui prêter. Les distinctions que l’historien opère entre le fascisme italien et le nazisme, «fascisme radicalisé», sont importantes, de même que celles qu’il établit entre l’ «anéantissement social» propre au bolchevisme et l’ «anéantissement biologique» de l’idéologie nazie, irrémédiable.

Le présent ouvrage, synthétique et destiné à un public étudiant, résume la pensée d’Ernst Nolte. Il semble donc nécessaire de faire aussi le détour par ses ouvrages les plus importants telle La Guerre civile européenne (Editions des Syrtes, 2000), ou par sa fameuse correspondance avec François Furet (Fascisme et Communisme, Plon, 1998).


Thomas Roman
( Mis en ligne le 03/03/2004 )
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