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Abracadabraxas
Eric Corbeyran    Alfred   Abraxas, tome 1 - Le Brouet sapide
Delcourt - Conquistador 2000 /  12.06 € - 78.99 ffr. / 48 pages
ISBN : 2-84055-430-5
FORMAT : 23 X 31
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L'histoire d'Abraxas s'ouvre sur un assassinat sous la pluie : un homme au visage difforme qui se fait rattraper par une armée de citrouilles brandissant un hachoir. Le ton est donné par le dessin d'Alfred, surréaliste, inquiétant, fantasmagorique. C'est dans cet univers qu'arrive Saturnin Duvernois, apprenti magicien venu éclaircir le mystère de sa mère, morte mais absente du cimetière. Comme le lecteur, il débarque étonné dans une ville où les éclopés sont la cible d'un tueur en série. En sa compagnie, nous découvrons l'atmosphère presque malsaine du Brouet Sapide et de ses étranges pensionnaires, difformes car victimes de la "maladie du rideau gris".

Malgré son physique d'adolescent doué, sa gueule de romantique, Saturnin n'est pas homme à se laisser impressionner : il faut dire qu'ici cette vocation, qui nous paraît idéaliste, semble normale, presque conventionnelle. N'y a-t-il pas d'ailleurs plusieurs magiciens à Abraxas ? Justement, il y en a peut-être un peu trop : le manège du Dr Makabr doit fermer, victime de la concurrence du grand Mordhom. C'est dans un grand théâtre qui fait penser au music-hall où se produisait le Ramon Zarate des Sept Boules de Cristal tintinolesques que Saturnin découvre celui qui acceptera finalement de le choisir pour assistant.

Est-ce acte de philanthropie, ou Mordhom projette-t-il d'utiliser Saturnin pour recouvrer sa force, cette force qu'il a perdue en même temps qu'un étrange talisman dérobé par Pork, le fidèle second du Dr Makabr ? Comment ne pas trembler à l'idée soulevée par le détective Malfourchu : et si les meurtres avaient un lien avec l'indispensable objet ? "Ici tout le monde a peur", dit à Saturnin la patronne de l'auberge où il séjourne le temps de l'album. Cet aphorisme s'applique aussi au lecteur : dès la première page, on se sent glisser dans une atmosphère malsaine, mais également envoûtante.

A la manière des films de Caro et Jeunet, les images dérangent, mettent mal à l'aise un lecteur qui a l'impression d'évoluer dans un cauchemar dont il ne peut se réveiller. La salle des éclopés du Brouet Sapide évoque par la couleur et le sentiment qui s'en dégage les intérieurs chauds et oppressants de Délicatessen ; et la ville sous la pluie qui tombe, les grands décors prêts à bouffer les personnages donnent l'impression de revoir cette Cité des Enfants perdus qu'on a eu tant de mal à oublier. Car Abraxas, c'est cette ville où l'on reste malgré soi, où une insaisissable nécessité nous retient : on lit l'album d'une traite, très vite comme pour vouloir se réveiller dans le réel rassurant d'une vie sans citrouilles menaçantes, aux couleurs variées, mitigées, mélangées, pasteurisées. Tout le contraire de cette cité où à chaque page menace d'éclater l'opposition entre froid et chaud, palette des bleu contre armée des rouges, ce somptueux contraste entre le sombre et le lumineux.

Ce sont en effet les images, qui réussissent à imprimer littéralement le souvenir d'Abraxas dans la mémoire encombrée du lecteur. Le scénario, lui, se ferait somme toute vite oublier s'il n'était sublimé par ce graphisme original, cette "patte" qui réussit à créer un véritable univers parallèle, à la manière d'un Terry Gilliam. Cet univers trouve sa raison d'être dans le mariage des contraires, jusqu'au titre de l'album qui, dans un jeu de mots désuet, met l'accent sur la saveur insoupçonnée d'un vieux potage peu avenant : et si la ville elle-même renfermait par-delà ses drames une précieuse révélation pour notre héros ? On attend avec impatience le deuxième épisode : le lecteur n'aura plus la surprise de se voir embarqué dans un espace surréel, et il faudra alors que Corbeyran et son histoire elle-même viennent prendre le relais, pour mettre Saturnin et sa quête au devant de la scène, avec le même niveau d'exigence que le dessin qui a construit Abraxas.


Thomas Bronnec
( Mis en ligne le 16/03/2000 )
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