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Comme à la télé
Stephen Desberg    Griffo   Empire USA (tome 1)
Dargaud 2008 /  10.40 € - 68.12 ffr. / 48 pages
ISBN : 978-2-5050-0396-0
FORMAT : 24x32 cm
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Vu le regain de popularité spectaculaire que connaissent les séries télévisées américaines depuis quelques années, ce n’était qu’une question de temps avant que les éditeurs de BD n’aient l’idée de surfer sur le phénomène. Certains, comme Glénat, ont expérimenté – et déjà bien rodé – la formule du feuilleton à dessinateurs multiples (Le Décalogue, Le Triangle Secret) ; le succès a été au rendez-vous. À présent, Dargaud passe à la vitesse supérieure : avec un rythme de parution effréné (2 albums par mois jusqu'en décembre) et organisé en « saisons », Empire USA se présente officiellement comme la première série télé de papier. Un « coup » éditorial, sans aucun doute, mais aussi une vraie bonne idée : le règne du magazine ayant, depuis longtemps, cédé la place au règne de l'album, c'est à travers ce genre d'initiatives que le format « feuilleton » peut prouver qu'il reste d'actualité.
Conçue et menée par le scénariste Stephen Desberg, la série comptera 6 albums (pour la première saison), réalisés par 5 dessinateurs différents. Pour cet « épisode pilote », déjà, le générique est impressionnant : 2 scénaristes (Desberg s’est assuré la collaboration de Yann pour les dialogues), 3 dessinateurs (les planches sont signées Griffo, mais Marini et Reculé sont crédités de la « création des personnages »), 3 coloristes (dont un à la « supervision » !) ; sans oublier le maquettiste, qui a droit lui aussi à son nom en première page... Bref, une équipe digne d'une superproduction hollywoodienne.

Ce n'est pas seulement la forme, mais aussi le contenu de l'album qui lorgne vers la télé américaine : Jack Bauer et ses missions en 24 heures chrono ne sont pas loin. Les premières pages, agrémentées d'une voix-off qui ne se perd pas en digressions, nous mettent brutalement dans le bain.
Les services secrets américains viennent de déjouer un triple attentat. Sans leur intervention, trois armes de destruction massives, tombées entre les mains des frères Hashashins (une secte de fondamentalistes musulmans à côté desquels Ben Laden lui-même fait figure d'enfant de choeur), auraient sauté simultanément à New York, Los Angeles et Chicago. Mais il existe une quatrième bombe, dont la CIA n'a pas eu connaissance. Si elle explose, un nuage chimique décimera la population de San Francisco, initiant un cycle infernal : annulation des élections présidentielles, révision de la constitution, restriction des libertés... En quelques mois, les Etats-Unis seront devenus un empire, et ils entraîneront le monde occidental dans une véritable guerre sainte contre l'Islam.
Un seul homme, qui connaît l'existence de la quatrième bombe, est encore en mesure d'empêcher l'attentat... Mais cet homme est sur le point de se tirer une balle dans la tête. Comment en est-il arrivé là ? Flashback...

Terrorisme, espionnage, théorie du complot, le tout explicitement ancré dans l'actualité la plus brûlante : a priori, le « pitch » d’Empire USA contient de quoi faire monter l'adrénaline chez n'importe quel fan de techno-thrillers géopolitiques à la Tom Clancy. Mais, après un prologue choc (voire même un peu toc), l'encéphalogramme reste plat.
Ce qui cloche, ce n'est pas tant l'intrigue (on n'évite pas les poncifs, certes, mais c'est la loi du genre) que la façon dont elle est racontée. La narration, un chouia mollassonne, et surtout les dialogues, assez laborieux, déçoivent de la part de Desberg qu'on a connu plus subtil et plus inspiré. Alors qu'une bonne série télé repose avant tout sur des personnages attachants, le héros d’Empire USA manque cruellement d'épaisseur (malgré les efforts du scénariste pour nous intéresser à son histoire familiale), et aussi de charisme (avec sa bouille de top-model et son look très « fashion », ce super-agent de la CIA serait plus à sa place dans une pub Jean-Paul Gaultier qu'en mission-commando en Irak). Son équipier est une espèce d'ado attardé, fan de Star Wars, qui ne s’exprime qu’en inversant les verbes et les compléments façon Yoda. D'abord agaçant, ce faire-valoir (qui se veut sans doute drôle et sympathique) devient très vite insupportable. Le reste du casting n'est pas beaucoup plus convaincant pour l'instant, mais peut-être tous ces personnages seront-ils davantage développés dans les prochains albums.
Au dessin, Griffo réalise un travail efficace, à défaut d'être enthousiasmant. En fait, c'est tout juste si l'on reconnaît le trait du dessinateur de Vlad et Giacomo C. : travail collaboratif oblige, la personnalité de l’artiste doit s’effacer pour préserver l’uniformité de l’ensemble. La galerie de « gueules », plus ou moins cassées, qui peuplent habituellement les albums de Griffo, cède donc la place à un casting nettement plus glamour (outre le héros-beau-gosse mentionné plus haut, on notera la présence de l'indispensable tueuse-redoutable-hyper-sexy), où l’on distingue parfaitement la patte des deux « chara-designers » (dans le rôle du terroriste en chef, par exemple, on s'amusera de retrouver l'acteur principal du Scorpion et de Rapaces : un véritable habitué des productions Marini !). Comme à la télé, là aussi : les acteurs ont plus d'importance que le metteur en scène. Au vu des planches du prochain album, dessiné par Alain Mounier, la cohérence graphique est parfaitement assurée.

Empire USA démarre donc sur un épisode pilote pas particulièrement convaincant, même s'il faut avouer qu'une fois arrivé dans les dernières pages, on commence (seulement) à se laisser prendre au jeu. Peut-être la suite viendra-t-elle dissiper cette première impression mitigée ?


Michaël Bareyt
( Mis en ligne le 26/08/2008 )
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