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Bonnie and Clyde, peut-être...
avec Annemarie Jacir, Suheir Hammad, Saleh Bakri
Pyramide Distribution TF1 Vidéo 2009 /  19.99  € - 130.93 ffr.
Durée film 105 mn.
Classification : Tous publics

Sortie Cinéma, Pays : Palestine, Belgique, France, Espagne, Suisse, 2008
Sortie DVD : 4 mars 2009
Titre original : Salt of This Sea

Version : DVD-9, Zone 2
Format vidéo : PAL, format 1.66
Format image : Couleurs, 16/9 compatible 4/3
Format audio : International, Dolby Digital 5.1
Sous-titres : Français


Bonus :
- Entretien avec Annemarie Jacir
- Court métrage : « Like Twenty Impossibles » d’Annemarie Jacri (2003)
- Bandes annonces

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Un contrôle d'identité ouvre et clôt Le Sel de la mer. Soraya doit montrer patte blanche pour rentrer, puis rester, sur le territoire Israélien, qui pour elle est sa Palestine. Elle est pourtant américaine, a grandi à Brooklyn, mais son sang et une partie de ses souvenirs, souvenirs familiaux, sont d'ici. C'est pour cela qu'elle est là, subissant l'humiliation de questions anonymes et indiscrètes par les douaniers israéliens, qui la fouillent, par les mots et les gestes. Elle revient sur cette terre pour récupérer l'argent laissé par son grand-père, à Jaffa, avant de fuir sa patrie en 1948.

Mais c'était avant la guerre et les occupations ; le compte familial n'existe plus. Soraya n'aura pas son argent... Découvrant ainsi ce fossé aux allures de blessure, de plaie ouverte laissée par l'histoire, Soraya met à jour sa condition de Palestinienne, devient même véritablement palestinienne au gré des refus, des barrières et des contrôles. Là, elle fait la connaissance d'Emad, Palestinien de Palestine, enfant des camps – le village familial, Dawayma, de l'autre côté des murs, n'est plus que ruines -, rêvant de cet autre côté de la mer, cette mer qu'il n'a jamais vue, autre côté du monde, d'où vient Soraya. Alors qu'elle cherche le ré-enracinement, lui, il rêve d'ailleurs, d'Amérique, le Canada. Deux regards s'affrontent, se complètent et, finalement, s'aiment, la Palestine d'hier et celle d'aujourd'hui, la Palestine idéalisée par la jeune femme et celle vécue par son compagnon, compagnon d'infortune.

Ensemble, ils se la jouent Bonnie and Clyde, braquent la banque - pas pour voler mais pour réclamer un dû -, et vont squatter, sans papiers, la terre de leurs pères, dans la maison des grands-parents de Soraya et le village d'Emad. Un road movie qui, comme tout road movie, n'aura qu'un temps...

Mais le temps de ce film mérite qu'on le prenne. Il y a toujours quelque chose de saisissant dans la peinture de ces parcours heurtés, aveugles, sur une terre aussi polymorphe et ambigüe que ce bout de monde au bout du monde où démarra notre civilisation judéo-arabo-chrétienne. Le point de vue est ici évidemment palestinien, les Israéliens y sont décrits sous une lumière dure – mais pas toujours : la femme juive qui accueille Soraya dans la maison de ses grands-parents, maison qu'elle «occupe» à présent, n'est pas un monstre ; elle n'est pas l'Etat, juste un autre pion de l'histoire. Avec elle, de fait, Soraya est injuste, se radicalise, exacerbe sa colère et oppose à l'hospitalité de la jeune femme une colère vindicative mais, peut-être, dévoyée. En cela, le film est «intelligent» ; son parti pris ne tombe pas dans le manichéisme. Parce qu'il n'est pas revendicatif ; il expose simplement, et humblement, deux parcours, ceux de deux victimes, certes, dont le bourreau serait... le temps qui passe et détruit tout.

Les acteurs sont magnifiques. Soraya (Suheir Hammad) porte en elle toute la beauté et ces meurtrissures méditerranéennes, malgré son label yankee, une beauté brune, pure, dont la verdeur murit vite au contact d'une réalité qu'elle n'avait pas vraiment devinée. Saleh Bakri, qui incarne Emad, campe un homme renfermé, taciturne, lui mûri trop jeune ; il ne sait que trop à quoi s'attendre.

Un film touchant, sonnant juste, et apportant sa pierre à cet étrange édifice qu'est la compréhension d'une histoire à bien des égards absurde.


Bruno Portesi
( Mis en ligne le 06/03/2009 )
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