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Un siècle
Alan Hollinghurst   L'Enfant de l'étranger
Le Livre de Poche 2015 /  8,90 € - 58.3 ffr. / 764 pages
ISBN : 978-2-253-02042-4
FORMAT : 11,0 cm × 17,8 cm

Première publication française en août 2013 (Albin Michel)

Bernard Turle (Traducteur)

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L’écriture raffinée d’Alan Hollinghurst dessine les contours d’un jardin anglais et glisse le soir vers les «Deux Arpents», la demeure de la famille Sawle. La mère et ses trois enfants y accueillent Cecil Valance pour le week-end ; c’est un poète renommé que son fils Georges a rencontré à Cambridge.

Séduite par l’invité, la jeune sœur, Daphné, ne discerne rien de la troublante relation qui semble unir Georges à Cecil. Ce dernier la courtise sans que le lecteur ne sache vraiment quel jeu pervers cache une telle attitude. L’auteur traduit les convenances, us et coutumes de cette aristocratie qui fait de la conversation un art et du silence un devoir. Une classe sociale qui respecte l’intimité et n’aime pas les scandales. Rien n’est évoqué en cette fin d’année 1913...

Les deuils d’après-guerre ouvrent brutalement le deuxième chapitre : les Sawle se rendent à Corley Court, la somptueuse demeure des Valance, à l’invitation de la mère de Cecil, laquelle a confié à un biographe le soin de réunir tous les poèmes de son fils défunt dont la statue de marbre trône au sein de la chapelle du domaine. Autour de ce monument funéraire, les dialogues tout en retenue de Georges, l’amant, et du biographe oxfordien, prouvent combien l’art de l’ellipse et le respect de l’intimité protègent la mémoire. En 1926, rien n’est dit qui ne puisse trahir des «amours non conformes».

Alors que le cinéma diffuse ses premières scènes d’amour (à Londres uniquement), glorifie ses icônes mâles, idolâtre Ursula Andress en bikini, le troisième chapitre voit dans le même temps la vente libre dans les kiosques des premières revues d’hommes et garçons nus. Le mot ''pédé'' fait irruption dans le langage et le projet de loi Leo Abse sur «l’abus sexuel» vise à décriminaliser l’homosexualité : à l’aune des années 80, le vernis craque sur l’amour «gay», au sens anglais du terme c’est-à-dire réprimé, «niable».

Bien que l’ouvrage soit un pavé de 760 pages, le ressort de l’intrigue fonctionne parfaitement car il tient au fait que le lecteur sait que toute cette société va voler en éclat avant l’épilogue. Sur un siècle, l’auteur restitue les changements qui vont marquer la société britannique et l’évolution des mentalités face aux amours inconcevables (début XXe), inavouables (milieu du XXe) puis dissimulées sous les petites «annonces personnelles» de célibataires indisciplinés, énergiques… avant de se libérer de l’interdit (début XXIe).

Avec talent et subtilité, Alan Hollinghurst place l’homosexualité au centre d’une fresque où la quête du biographe se heurte au temps qui passe, à l’oubli ou au non-dit, et pose la délicate question de la postérité.


Marie-Claude Bernard
( Mis en ligne le 16/02/2015 )
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