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La part de l'ombre
Patrick Modiano   Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier
Gallimard - Folio 2016 /  6,50 € - 42.58 ffr. / 155 pages
ISBN : 978-2-07-046827-0
FORMAT : 11,0 cm × 17,0 cm

Prix Nobel de Littérature 2014

Première publication en octobre 2014 (Gallimard - Blanche)

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On a chaud à ce point aveugle qu'on dira patriotique, sis quelque part entre le cœur et les méninges (il semble que les coquelets contemporains de la préférence nationale tirent leurs élans criards d'organes un peu moins nobles) ; chaud à ces glandes imaginaires dont on croit qu'elles libèrent les humeurs commandant le plaisir littéraire. Quand on lit du Modiano. Quand on sait que cet bel et discret romancier de France a obtenu le plus international des prix littéraires. On n'en attendait finalement pas moins. Et l'on est fier sans moue frontiste d'être français.

Quoi de plus hexagonal en effet que cette plume qui chuchote dans un souci de la forme un spleen finalement pas si désagréable ? Spleen du temps qui passe, des âmes qu'on ne gobe jamais totalement, des êtres et des lieux qu'on oublie, même - et surtout - quand on les a aimés. Autant de romans, autant de partitions tournant sublimement autour de ces impasses ontologiques. L'être et le néant. On n'est jamais vraiment ici et maintenant, toujours d'ailleurs et d'une autre époque.

Modiano, ici, s'appelle Jean Daragane, écrivain solitaire et vieillissant dont la tranquillité gentiment triste se trouve soudainement dérangée par l'intrusion d'un certain Gilles Ottolini ; ce dernier a retrouvé sur la banquette d'une brasserie son carnet d'adresses et chercher à en savoir plus sur un des noms inscrits là, un certain Guy Torstel (autant que la précision sur les lieux de Paris, rues et boulevards précautionneusement nommés, les noms des personnages chez Modiano ont quelque chose de granitique et d'empoussiéré, d'essentiel et de suranné, vestiges d'une France qui n'est plus, d'un Paris fantôme, de spectres humains). Aux côtés d'Ottolini, le belle Chantal Grippay à la robe matisséenne.

L'oubli s'impose - Daragane ne sait pas qui est ce Torstel - pour rapidement s'effriter. Le présent s'amalgame au passé dans une érosion réciproque et le récit, peu à peu, bascule vers la jeunesse et l'enfance de Daragane, et la figure d'Annie Astrand, synthèse de la mère et de la femme. Une femme aux mœurs douteuses et au passé trouble, dont Daragane n'a fait que croiser l'itinéraire, entre une maison de campagne et le côte d'Azur.

Pour que tu ne te perdes par dans le quartier rapièce leur histoire, trois fois rien, mais aussi quelque chose d’absolument essentiel dans la construction de l'homme. On n'en dira pas plus car il n'y a guère plus à conter. Chez Modiano, c'est l'ombre qui importe, ce sont les non-dits qui l'emportent, texte fantôme libéré/caché par celui occupant la centaine de pages. Une sublime impalpabilité.


Thomas Roman
( Mis en ligne le 26/02/2016 )
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