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Rédemption littéraire
Amélie Nothomb   Ni d'Eve ni d'Adam
Le Livre de Poche 2009 /  6 € - 39.3 ffr. / 182 pages
ISBN : 978-2-253-12454-2
FORMAT : 11,0cm x 18,0cm

Première publication en août 2007 (Albin Michel).
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L’aveu est lourd, mais qu’il sorte. Nous n’avions jusqu’à présent jamais lu Amélie Nothomb ! Par faute de temps, parce qu’une autre collaboratrice se chargeait traditionnellement ici d’évoquer l’œuvre de la lumineuse Belge, parce que, aussi, Mlle Nothomb est à ce point médiatique, incontournable et ponctuelle (un roman chaque mois d’août), que nous étions blasé avant même d’y avoir goûté… C’est ainsi, on ne peut pas tout lire ni avoir tout lu.

Alors, profitant que notre collègue fût occupée à quelque autre tâche prenante, nous avons saisi cet opus amélienothombien (Rentrée littéraire 2007 - aujourd'hui en format de poche), pour nous donner bonne conscience, pour racheter notre faute et corriger quelques préjugés. Ni d’Eve ni d’Adam est donc un peu comme notre purgatoire. Avouons qu’il fallait bien attendre pareil titre pour mériter une rédemption !

Et nous voici converti, sans doute condamné à nous plonger dans les autres romans de la prolifique Wallonne, par plaisir en plus ! Car l’Amélie cru 2007 nous a emporté ! Il faut dire que nous avions quelque méfiance envers un écrivain puisant dans sa vie matière à écriture, le procédé, de nos jours, rabaissant plus souvent à Beigbeder qu’il n’élève à la stratosphère proustienne. Mais Amélie Nothomb est un personnage à ce point romanesque, si intrinsèquement animée du besoin d’écrire, que l’autofiction, d’emblée, est roman : le sang de Mlle Nothomb est bien d’encre.

Recherche du temps perdu aux antipodes, retour aux balbutiements de l’âge adulte dans la contrée de l’enfance. Après avoir évoqué les affres d’une employée dans l’enfer de l’entreprise made in Japan (Stupeur et tremblements), Amélie Nothomb nous raconte l’histoire d’amour qui lui fut concomitante. Amour ?... Même si la narratrice se refuse à tomber dans le piège, il semble bien s’agir de cela ; et qu’elle appelle le phénomène koi, à la nippone, n’y change rien.

Il s’appelait Rinri, garçon de bonne famille, japonais typique, suréquipé de l’attirail le plus haut-technologique, cordon-bleu fou de fondues, expert dans l’art de cuisiner les okonomiyaki, ces crêpes japonaises dont Amélie raffole. Élève de français pour commencer, il devient son comparse, son copain, son premier amour. Amélie se laisse séduire par une relation qu’elle veut la plus légère possible : «Tuvéra était la meilleure philosophie. Rinri et moi n’avions aucune idée de ce que nous faisions ensemble ni d’où nous allions.»

Ensemble, ils gravissent le Mont Fuji, pour s’autoriser une extase à la fois mystique et nationaliste, dont l’héroïne ne ressort pas indemne, nietzschéenne qu’elle est : «Le destin, célèbre pour son humour, a voulu que je naisse belge. Être originaire du plat pays quand on appartient à la lignée zoroastrienne, c’est un pied de nez qui vous condamne à être un agent double.» Le reste est à découvrir au long de ces 180 pages qui seront très vite lues. Amélie a-t-elle trouvé l’Eden au bras de son Rinri apprenti francophile ?...

Avouons le plaisir pris à la découverte de ce roman, pour le style, ce mélange de préciosité parfois ringarde et d’ingénuité si peu française, la classe d’une syntaxe qui n’a pas peur des mots mais qui, paradoxalement, se love dans un rythme fluide, rapide, facile pourrions-nous dire même. Pour le personnage qui s’y dessine, idéal-type situé entre l’auteur et sa projection romanesque, les deux s’interpénétrant avec finesse. Pour l’humour enfin, si goûteux qu’il pourra peindre un sourire entre deux pages.

Mieux vaut tard que jamais donc.


Bruno Portesi
( Mis en ligne le 06/05/2009 )
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