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Dossier LE SOLEIL ET SES RAYONS
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Séguier ou les apparences du pouvoir
Yannick Nexon   Le Chancelier Séguier (1588-1672) - Ministre, dévot et mécène au Grand Siècle
Champ Vallon - Epoques 2015 /  29 € - 189.95 ffr. / 528 pages
ISBN : 979-10-267-0016-6
FORMAT : 15,5 cm × 24,0 cm

L'auteur du compte rendu : Archiviste-paléographe, docteur de l'université de Paris I-Sorbonne, conservateur en chef du patrimoine, Thierry Sarmant est responsable des collections de monnaies et médailles du musée Carnavalet après avoir été adjoint au directeur du département des monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de France. Il a publié, entre autres titres, Les Demeures du Soleil, Louis XIV, Louvois et la surintendance des Bâtiments du roi (2003), Louis XIV.
Homme et roi
(Tallandier, 2012), Fontainebleau. Mille ans d'histoire de France (Tallandier, 2013).

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Le chancelier Séguier offre un des cas de longévité politique les plus remarquables de l’histoire de France. Président au Parlement de Paris en 1624, il est nommé garde des sceaux en 1633, promu à la dignité de chancelier de France en 1635 et conserve cette charge jusqu’à sa mort en 1672, soit pendant près de quatre décennies. Dans ce laps de temps, se succédèrent les ministériats de Richelieu et de Mazarin, la régence d’Anne d’Autriche, la Fronde, la prise du pouvoir par Louis XIV, l’ascension et la chute de Fouquet, puis l’ascension de Colbert et de Louvois. Inoxydable, Séguier traversa presque sans accident cette période tourmentée. Issu du «parti dévot», il le trahit pour se rallier à Richelieu, dont il devint la «créature», sut négocier le tournant de la régence, puis s’effacer devant les ministres successivement en faveur, sauvant ainsi sa place sinon son prestige.

Car tout en se maintenant presque indéfiniment au sommet de l’État, Séguier n’approcha que rarement de la réalité du pouvoir. Il fut toujours un second couteau, docile au principal ministre ou au ministre prépondérant. Fait duc de Villemaur en 1650, il maria ses filles dans la haute aristocratie, recherchant l’ascension sociale autant que l’ascension politique. Les contemporains n’ont pas été indulgents à son égard : du moindre pamphlétaire au Louis XIV des Mémoires, ils fustigent tour à tour la servilité du chancelier, sa veulerie, sa vanité, sa dévotion hypocrite, son goût immodéré des honneurs, sa sénilité précoce. «Il aurait été le premier homme de son siècle, écrit Mme de Motteville, si, avec sa science et sa grande capacité, il eût eu une âme assez élevée pour préférer la gloire à la fortune». Tandis que l’époque rêvait la magistrature comme un corps indépendant, identifiée à une image abstraite de la Justice, Séguier se montra moins magistrat que haut fonctionnaire avant la lettre, serviteur de l’État avant tout, partisan de la bouche cousue et de l’obéissance passive.

À défaut de la réalité du pouvoir, le chancelier Séguier en cultiva les apparences avec un éclat inégalé. Comme pour compenser son inexistence politique, il se fit mécène des lettres et des arts, patronnant Charles Le Brun, le futur premier peintre de Louis XIV, ou succédant à Richelieu comme protecteur de l’Académie française. C’est ainsi que le plus fastueux portrait ministériel peint sous l’Ancien Régime est le Chancelier Séguier équestre peint par Le Brun, image sans antécédent ni postérité d’un chancelier-duc, enveloppé d’une majesté quasi-royale.

En s’appuyant sur sa thèse consacrée au mécénat de Séguier (1976), Yannick Nexon développe particulièrement cet aspect de la vie du personnage. Après avoir retracé les origines du chancelier, sa jeunesse et les grandes étapes de son cursus honorum, il étudie son hôtel parisien, décoré par Vouet et Le Brun, ses collections de tableaux et d’objets d’art, sa bibliothèque, le cercle à la fois domestique et littéraire qui se réunissait autour de lui, ses activités de mécène et son rôle dans l’affirmation de la propagande monarchique.

Yannick Nexon fait revivre la personnalité et les goûts du chancelier tout en les replaçant dans le contexte politique et intellectuel du XVIIe siècle. Né en 1588, l’année des Barricades qui chassèrent Henri III de Paris, Séguier appartient au monde de l’humanisme tardif. Sa bibliothèque, une des premières de la capitale, est d’abord latine ; ses centres d’intérêt sont la religion, les lettres classiques et l’érudition historique. Il réunit les «papiers d’État», collectionne les manuscrits anciens et enluminés et en fait réaliser de nouveaux. En même temps, il accompagne les innovations en dirigeant les travaux de l’Académie française ou les publications de l’Imprimerie royale. Il forme en quelque sorte le pont entre la politique culturelle de Richelieu et de celle de Colbert, «vingt ans après».

À l’heure de la fameuse pompe funèbre organisée par Le Brun en 1672, évoquée dans le dernier chapitre, à l’heure du jugement, tout cela suffit-il à compenser une vie politique qui n’est qu’une suite de palinodies, de harangues creuses, de renoncements ou de mutismes prudents, voire de dénis de justice ? En un temps où les intellectuels se plaignent volontiers de ce que les hommes de pouvoir sont indifférents aux choses de l’esprit, l’exemple de Séguier vient opportunément rappeler que la qualité de lettré ne suffit pas à faire un grand ministre.


Thierry Sarmant
( Mis en ligne le 14/07/2015 )
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