L'actualité du livrerencontre rencontrefemme Jeudi 19 juillet 2018
  
 
     
Le Livre
Histoire & Sciences sociales  ->  
Biographie
Science Politique
Sociologie / Economie
Historiographie
Témoignages et Sources Historiques
Géopolitique
Antiquité & préhistoire
Moyen-Age
Période Moderne
Période Contemporaine
Temps Présent
Histoire Générale
Poches
Dossiers thématiques
Entretiens
Portraits

Notre équipe
Littérature
Essais & documents
Philosophie
Beaux arts / Beaux livres
Bande dessinée
Jeunesse
Art de vivre
Poches
Sciences, écologie & Médecine
Rayon gay & lesbien
Pour vous abonner au Bulletin de Parutions.com inscrivez votre E-mail
Rechercher un auteur
A B C D E F G H I
J K L M N O P Q R
S T U V W X Y Z
Histoire & Sciences sociales  ->  Période Contemporaine  
 
Dossier PARIS
Sous le ciel de Paris
Paris et la photographie
Paris au XVIIIe siècle
Un Parisien à travers Paris
I hate Paris
Violences et passions dans le Paris de la Renaissance
Paris pour mémoire
Vivre à Paris de la Restauration à la Belle Epoque
Les Cocottes. Reines du Paris 1900
Histoire insolite des cafés parisiens
Louvre secret et insolite
Paris, Avant Après
Une histoire de Paris par ceux qui l'ont fait
Quel maire pour Paris ?
Le Piéton du Grand Paris
Le Monde à Paris
Paris, La forme d’une ville
Paris et ses grands monuments en 3 D
Paris, Restaurants d’antan et de toujours
Atlas du crime à Paris du Moyen-âge à nos jours
Paris promenades au bord de l’eau
Huit quartiers de roture
Saint-Germain-des-Prés
Les Plus beaux panoramas de Paris
Le Carreau du Temple
Paris en latin / Legenda est Lutetia
Curiosités du Paris haussmannien
Les Halles de Paris et leur quartier
Paris dans la collaboration
Mémoire des rues. Paris 6e arrondissement
Un peu de Paris
Le Paris arabe
Place des Victoires
Les Douze heures noires
Balades littéraires dans Paris
Paris 1200
Regard d'un Parisien sur la Commune
Paris d'église en église
Les Maux & les soins
Paris 1900
Nous irons chanter sur vos tombes
Haussmann
Haussmann le Grand
Les Grands Boulevards
Les Ponts de Paris
La Ville promise
Pays parisiens
Le carnaval des Halles
Henri d’orléans, comte de Paris (1908-1999)
La Trace du fleuve
Napoléon III contre Haussmann ?
Mémoires
Histoire politique de Paris au XXe siècle

Haussmann, le bâtisseur autocrate
 Haussmann   Mémoires
Seuil 2000 /  45.04 € - 295.01 ffr. / 1204 pages
ISBN : 2-02-039898-2
Imprimer

Edition intégrale, précédée d’une introduction générale par Françoise Choay et d’une introduction technique par Bernard Landau et Vincent Sainte-Marie Gauthier.


Saluons l’heureuse et courageuse initiative des éditions du Seuil de rééditer enfin, dans leur intégralité, les Mémoires du baron Haussmann publiées entre 1890 et 1893 chez Victor-Havard, en trois volumes. La surcotation sur le marché du livre ancien de cette première édition, depuis longtemps introuvable, confirmait non seulement l’attrait des bibliophiles pour un personnage controversé, mais aussi l’intérêt des chercheurs et des curieux pour l’action et l’oeuvre du célèbre préfet de la Seine sous l’Empire.


La figure emblématique de Georges Haussmann qui présida pendant dix-sept ans, de 1853 à 1870, au destin de la Capitale, est de celles qui contribuèrent à donner au Second Empire l’image équivoque d’une fête étourdissante, où chacun se dévoyait dans l’argent facile de la spéculation et de la corruption. Le baron, imbu de sa personnalité, confiant dans le soutien de l’empereur, convaincu de la concordance de leurs vues, persuadé que son action servait le prestige des Aigles dès lors qu’il se prétendait le porte-parole de la volonté du souverain - son "second" disait-il - , ne se souciait ni de ménager ses adversaires ni de se gagner la sympathie des bonapartistes. Cet "animal de race féline", selon le mot du duc de Persigny, administra Paris en autocrate, suivant en cela l’exemple de son maître, rêvant même un moment d’un maroquin qui lui aurait permis de remodeler la France sur le modèle de ses grands travaux. Haussmann, ce n’est pas seulement aujourd’hui le nom d’une des artères les plus animées de la capitale, c’est aussi le renvoi immédiat à l’une des périodes les plus discutées de notre histoire, à l’un des monarques les plus complexes du XIXème siècle.


Deux biographies, l’une de Michel Carmona (Fayard), l’autre de Georges Valance (Flammarion), d’une valeur et d’un apport inégaux, viennent de replacer Haussmann au coeur de l’actualité, faisant de lui une éphémère coqueluche des médias parisiens. Oui, la transformation de Paris a été son grand oeuvre. Mais nous ne devons toutefois jamais oublier qu’elle fut aussi l’une des priorités personnelles de Napoléon III. L’empereur, tout imprégné d’idéaux saint-simoniens et sincère dans son souci d’éradiquer le paupérisme, résolument sourd aux lamentations des nostalgiques du Vieux Paris, s’est attaché à décorseter la Capitale, à l’embellir, à l’aérer, à l’arracher à son insalubrité chronique. Napoléon III, comme tous les visionnaires, tourne son regard délibérément vers le futur, dont il décèle les signes annonciateurs. Il se veut décrypteur de l’avenir, il refuse de se figer dans la contemplation extatique du passé, il préconise le mouvement et récuse l’immobilisme. Il aime les audacieux, il les encourage dans leurs entreprises, il les flatte dans leur mégalomanie. Sous son règne et sous son impulsion, Haussmann percera Paris tandis qu’à la frontière de l’Orient Ferdinand de Lesseps ouvrira l’isthme de Suez à la navigation maritime !


Il faut le dire, Haussmann n’existerait pas sans Napoléon III. Et inversement le bilan politique de l’empereur serait encore plus décrié s’il ne pouvait compter sur le legs de son préfet favori, de ce collaborateur irremplaçable qu’il défendra contre vents et marées jusqu’en janvier 1870, c’est-à-dire jusqu’à l’ultime épuisement de ses forces, alors contraint de l’abandonner à ses adversaires quand lui-même renonça à se battre et à sauver les derniers vestiges de son gouvernement personnel. Comment dissocier, en effet, le destin de ces deux hommes qu’une commune foi dans le progrès et ses bienfaits, qu’une réciproque estime, qu’une même méfiance instinctive envers le parlementarisme et une même adhésion inconditionnelle au despotisme (tel que l’entendait Napoléon Ier, c’est-à-dire la version française de l’autocratie) allaient souder pour le meilleur comme pour le pire ? Si, au lendemain de la capitulation de Sedan, l’architecte Viollet-Le-Duc, oublieux des faveurs impériales, proclama un peu trop vite - et surtout avec quelle impudeur ! - son ralliement à la République, Haussmann, au contraire, courba le dos sous les coups souvent très vils qu’une coalition hétéroclite d’accusateurs publics porta contre lui. Dans l’adversité et la diffamation, il se montre bon prince et résigné; presque octogénaire, il prit la plume pour se justifier, avec cette sorte d’indifférence aux effets de l’âge qu’on rencontre souvent chez ceux qui ont l’intime conviction de l’irréversibilité de leur oeuvre. Non seulement Haussmann savait qu’on ne pourrait jamais défaire ce qu’il avait construit, mais il eut même la satisfaction de voir qu’on poursuivait les chantiers qu’il avait laissés en plan.


Il faut donc se réjouir que les Mémoires d’un personnage aussi considérable soient de nouveau disponibles. Françoise Choay précise dans l’avertissement que ce projet est né il a plus de vingt ans, dans le cadre de son enseignement à l’ancien Institut français d’urbanisme. Vingt ans pour convaincre un éditeur à s’engager dans une telle entreprise - avec tous les risques qu’elle implique - n’étaient certainement pas de trop. Mais qu’il nous soit permis d’exprimer un regret. Pourquoi, dès lors, ne pas avoir employé tout ce temps à préparer une solide et complète édition critique ? Hormis les sept index, fort utiles, l’appareil critique se résume à "une présentation synthétique et générale de l’oeuvre édilitaire du Préfet", qui pose la problématique davantage dans le jargon des urbanistes modernes que dans une perspective résolument historique. L’introduction tient davantage de l’article du Moniteur que de l’établissement critique d’un texte et l’on a évité de peu le fac similé. Tout cela manque singulièrement de notes, de renvois au manuscrit lui-même ou à d’autres sources, de recoupements avec d’autres témoignages.


Cette édition fera date par défaut et non pas pour son excellence. Après un siècle d’absence et deux décennies d’attentisme, elle donne l’impression d’avoir été réalisée dans la précipitation. C’est dommage, parce que les Mémoires d’Haussmann d’un strict point de vue scientifique méritaient assurément un meilleur traitement.


Christophe Pincemaille
( Mis en ligne le 02/04/2001 )
Imprimer

A lire également sur parutions.com:
  • Haussmann le Grand
       de Georges Valance
  • Haussmann
       de Michel Carmona
  •  
    SOMMAIRE  /  ARCHIVES  /  PLAN DU SITE  /  NOUS ÉCRIRE  

     
      Droits de reproduction et de diffusion réservés © Parutions 2018
    Site réalisé en 2001 par Afiny
     
    livre dvd