L'actualité du livrerencontre rencontrefemme Dimanche 21 janvier 2018
  
 
     
Le Livre
Histoire & Sciences sociales  ->  
Biographie
Science Politique
Sociologie / Economie
Historiographie
Témoignages et Sources Historiques
Géopolitique
Antiquité & préhistoire
Moyen-Age
Période Moderne
Période Contemporaine
Temps Présent
Histoire Générale
Poches
Dossiers thématiques
Entretiens
Portraits

Notre équipe
Littérature
Essais & documents
Philosophie
Beaux arts / Beaux livres
Bande dessinée
Jeunesse
Art de vivre
Poches
Sciences, écologie & Médecine
Rayon gay & lesbien
Pour vous abonner au Bulletin de Parutions.com inscrivez votre E-mail
Rechercher un auteur
A B C D E F G H I
J K L M N O P Q R
S T U V W X Y Z
Histoire & Sciences sociales  ->  Période Contemporaine  
 
Napoléon et l'Opéra
Dossier Napoléon
Dossier Napoléon
Correspondance générale
Les Royalistes et Napoléon
Les Français sous Napoléon
La Mort de Napoléon
Correspondance générale
Les Mensonges de Waterloo
Jakob Meyer, soldat de Napoléon
La Corse du jeune Bonaparte
Napoléon et Joseph Bonaparte
Correspondance générale
Cent Jours - La tentation de l'impossible
Quand les enfants parlaient de gloire
L'Aigle et la Synagogue
Nouvelle histoire du Premier Empire - Tome 3
Le Sacre de Napoléon. 2 décembre 1804
Les Français et l'Empire
Quand Napoléon inventait la France
Maret, duc de Bassano
La Chute ou l'Empire de la solitude
Napoléon. Mon aïeul, cet inconnu
Nouvelle histoire du premier empire - Tome 4
1812 - La paix et la guerre
L'Allemagne de Napoléon
Du Niémen à la Bérézina
Guerre et armées napoléoniennes
Correspondance générale
Correspondance générale
Pie VII face à Napoléon : la tiare dans les serres de l’Aigle
Murat - La solitude du cavalier
Percier et Fontaine
La Berline de Napoléon
La Première guerre totale
Les Hommes de Napoléon
Chroniques de Sainte-Hélène - Atlantique sud
L’Abdication
Napoléon et ses hommes
De la guerre
Correspondance générale
La Conspiration du général Malet - 23 octobre 1812
Napoléon, l'esclavage et les colonies
Des résistances religieuses à Napoléon
Napoléon et le Mémorial de Sainte-Hélène
Kléber l'indomptable
Napoléon et l'Opéra
Napoléon, de la mythologie à l'histoire
Napoléon et la mer
Naissance du Code Civil
Champollion
La France de la Révolution et de l'Empire
Le Grand voyage de l'obélisque
Les Opposants à Napoléon
Dominique Vivant Denon
Le Grand Consulat
Le 18 Brumaire
Waterloo
Voies nouvelles pour l'histoire du Premier Empire
Lendemains d'Empire
Le Voyage en Egypte
La Province au temps de Napoléon
Nouvelle histoire du Premier Empire - Tome 2
Napoléon, le monde et les anglais
Sainte-Hélène
Le Maréchal Davout
Nelson contre Napoléon
Austerlitz
Austerlitz
Trafalgar
La Garde impériale
La Légende de Napoléon
Figures d'Empire
L'Impératrice Joséphine
Napoléon
Napoléon Bonaparte
L'Empire des muses
Passion Napoléon
Napoléon Ier et son temps
Le Sacre de Napoléon
Napoléon
Mythes et légendes de Napoléon
Kléber après Kléber (1800-2000)

Napoléon et l'Opéra
David Chaillou   - La politique sur la scène (1810-1815)
Fayard 2004 /  28 € - 183.4 ffr. / 542 pages
ISBN : 2-213-61780-5
FORMAT : 16x24 cm

Préface de Jean Tulard.

L'auteur du compte rendu : Historienne de formation, Malika Combes travaille sur les liens entre pouvoir et musique au XXe siècle. Elle effectue une thèse de doctorat à l'EHESS sur la section musique de l'Académie de France à Rome (Villa Médicis).

Imprimer

Si nous connaissons relativement bien les liens privilégiés qui unissaient Napoléon III et l’Opéra, il n’en est pas de même de son illustre aïeul, Napoléon Ier… Peu mélomane, l’empereur a néanmoins très vite saisi l’importance de la musique dans l’art de gouverner. On avait en effet coutume de penser que la musique avait un pouvoir quasi magique, celui d’agir sur les foules, comme le redoutait dès l’Antiquité Platon en l’excluant de sa «cité idéale» et comme l’avaient fort bien compris les Révolutionnaires. Quant à l’Opéra, il avait l’avantage à cette époque d’être populaire et de pouvoir servir un discours.

David Chaillou, dans Napoléon et l’Opéra – publication de sa thèse de doctorat en histoire - s’intéresse, suivant dans cette voie son directeur d’étude Jean Tulard, à l’élaboration du mythe de l’empereur, convaincu du rôle important joué par Napoléon dans la création de sa propre légende. L’utilisation que ce dernier fit de l’art pour forger son propre mythe a certes déjà été étudiée, notamment ses liens avec le peintre David et avec la sculpture, mais ce que nous pourrions délibérément nommer sa «politique musicale» - comme bien souvent ! - est resté dans l’ombre. Nous ne pouvons donc que remercier le jeune chercheur de s’être attelé à cette étude.

David Chaillou présente en premier lieu l’institution, l’ Opéra de Paris, scène privilégiée puisqu’elle était la seule dans la capitale à pouvoir représenter des pièces en musique et en français sur des sujets mythologiques ou historiques. Napoléon lui attribua ainsi la vocation de flatter la vanité nationale. Il décrit les réseaux qui gravitent autour de l’Académie de musique et leurs liens indéniables avec l’empereur.
Il s’attache par la suite à parler des œuvres, et souligne notamment l’importance du pouvoir politique dans le cheminement de la pièce, du simple livret déposé à l’Académie de musique jusqu’à la scène, en passant par des étapes réglementées, jury de l’Académie et censure dépendant du ministère de la Police.
En partant d’une étude approfondie des livrets, des partitions, des dessins de décors et de costumes, il nous montre comment à travers des sujets mythologiques et historiques – ceux-ci prenant bien soin de ne pas évoquer sous un jour favorable la monarchie récemment abolie -, les opéras de cette période mettent en avant la gloire impériale.
Le caractère politique de cette scène apparaît évident lorsque sont montées dans l’urgence des «œuvres de circonstance», souvent commandées par les politiques eux-mêmes, tel Le Triomphe de Trajan en 1807, qui célèbre le retour d’Iéna de l’empereur ou encore Le Triomphe du Mois de Mars et le Berceau d’Achille, composé en 1811 à l’occasion de la naissance du roi de Rome.
David Chaillou n’oublie pas non plus le public et ses réactions, que sonde l’empereur avec intérêt et parfois crainte.

Malgré quelques répétitions qui accompagnent inéluctablement un travail universitaire, l’historien réussit à rendre son sujet vivant grâce à l’intérêt qu’il porte aux acteurs de l’époque et à la description des livrets des œuvres représentées sur la scène de l’Opéra de Paris.
Si les bornes chronologiques n’apparaissent pas toujours justifiées, l’étude jusqu’en 1815, donnant un aperçu de la scène parisienne sous la Restauration, a néanmoins le mérite de nous décrire la réaction du milieu artistique face à ce brusque revirement politique. Sans scrupule, les compositeurs, épinglés par l’étonnant Dictionnaire des girouettes, changent aisément l’objet de leurs louanges.

Que d’œuvres disparues ! Force est de le constater. Nous ne partageons pas pour autant, l’avis de Jean Tulard… Nous regrettons d’ailleurs le peu de place accordé à la musique en elle-même. L’Académie sous Napoléon est prise d’assaut par les «modernes» (Spontini, Kreutzer, Méhul) comme le souligne David Chaillou, mais en quoi consiste justement leur «modernité» ? Nous ne le saurons pas. Comment «sonnait» la scène de l’Opéra à cette époque ? Nous n’en aurons qu’une vague idée. Jean Tulard est ainsi un peu trop optimiste dans sa préface en attribuant à son étudiant la réhabilitation des opéras perdus susceptibles d’être repris en concert, tant ceux-ci nous semblent liés aux événements du début du XIXe siècle et à la légende napoléonienne…


Malika Combes
( Mis en ligne le 19/03/2004 )
Imprimer
 
SOMMAIRE  /  ARCHIVES  /  PLAN DU SITE  /  NOUS ÉCRIRE  

 
  Droits de reproduction et de diffusion réservés © Parutions 2018
Site réalisé en 2001 par Afiny
 
livre dvd