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''On n’est pas roi pour obéir''
Vincent Haegelé   Murat - La solitude du cavalier
Perrin 2015 /  29 € - 189.95 ffr. / 795 pages
ISBN : 978-2-262-03927-1
FORMAT : 15,6 cm × 24,1 cm

L'auteur du compte rendu : Archiviste-paléographe, docteur de l'université de Paris I-Sorbonne, conservateur en chef du patrimoine, Thierry Sarmant est responsable des collections de monnaies et médailles du musée Carnavalet après avoir été adjoint au directeur du département des monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de France. Il a publié, entre autres titres, Les Demeures du Soleil, Louis XIV, Louvois et la surintendance des Bâtiments du roi (2003), Louis XIV.
Homme et roi
(Tallandier, 2012), Fontainebleau. Mille ans d'histoire de France (Tallandier, 2013).

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Qui dit Murat, dit épopée, charges de cavalerie, sabres damasquinés, aigrettes, plumes d’autruche et peaux de léopard. Joachim Murat est le héros décoratif de la geste napoléonienne, empruntant à la fois aux preux des romans de chevalerie et aux soldats fanfarons de la Comedia dell’arte.

Il est vrai que sa carrière militaire et politique a quelque chose d’étourdissant, à l’image de celle de Napoléon lui-même. Fils d’un aubergiste du Quercy, Joachim quitte le séminaire pour s’engager dans un régiment de chasseurs à cheval à la veille de la Révolution. Renvoyé pour indiscipline, il se fait élire à la garde nationale du Lot et la représente à la fête de la Fédération du 14 juillet 1790. Rengagé l’année suivante, il passe brièvement par la garde constitutionnelle de Louis XVI, regagne bientôt les chasseurs à cheval et passe du grade de sous-officier à ceux de sous-lieutenant puis de capitaine dans l’armée républicaine.

Le 13 Vendémiaire est la journée décisive : pour réprimer l’insurrection qui se dresse contre la Convention, Murat est mis à la disposition du général Bonaparte et contribue au succès des troupes demeurées fidèles à l’assemblée. Leurs destinées resteront liées pendant deux décennies. Promu premier aide de camp de Bonaparte puis général de brigade pendant la campagne d’Italie, il est remarqué pour sa bravoure et sa maîtrise des combats d’avant-garde. Pendant la campagne d’Egypte, il commande la cavalerie et joue un rôle majeur dans la victoire d’Aboukir, qui lui vaut les épaulettes de général de division.

Murat est encore le sabre du coup d’État du 18 Brumaire : c’est lui qui fait évacuer les députés de l’Orangerie de Saint-Cloud, assurant la réussite de l’opération. Au lendemain du coup d’État, il commande la garde des consuls et épouse Caroline, la sœur cadette de Bonaparte. Le Premier Consul le renvoie rapidement en Italie avec un grand commandement militaire. Après Marengo, Murat reste au-delà des Alpes, sorte de proconsul de la République cisalpine puis de la République italienne. Le cavalier nourrit dès lors des ambitions politiques, à l’image de son patron.

Mais Bonaparte donne raison aux civils italiens contre le militaire français et rappelle son lieutenant au début de 1804 pour lui faire occuper le poste de gouverneur militaire de Paris. En mai, après la proclamation de Napoléon comme empereur des Français, sa qualité de beau-frère du nouveau souverain vaut à Murat de figurer parmi les seize nouveaux maréchaux d’Empire et d’occuper la dignité de grand amiral. En 1806, il est grand-duc de Berg et reçoit le prédicat d’Altesse impériale. Après s’être imaginé roi de Pologne, après avoir servi en Espagne, il est nommé roi de Naples en 1808, succédant à Joseph, «muté» à Madrid.

Murat est-il satisfait de cette escalade ininterrompue vers des honneurs toujours plus prestigieux et des titres toujours plus ronflants ? Pas vraiment. Comme beaucoup de comparses de l’épopée, il se dit, en considérant l’ascension du maître : «Pourquoi pas moi ?» Si Napoléon venait à «manquer», au hasard d’une bataille ou d’un assassinat politique, Murat serait un des compétiteurs pour la succession. En attendant, comme Joseph, comme Louis, comme beaucoup de maréchaux ou de généraux ambitieux, il souffre de n’être qu’un pion sur l’échiquier de son beau-frère, un roi-préfet que l’on rudoie ou que l’on déplace suivant les besoins du Grand Empire. À Naples, le «roi Joachim Napoléon» rumine sa rancœur à l’égard de l’Empereur : «Il doit être notre mentor et non notre maître, écrit-il à Caroline. On n’est pas roi pour obéir».

C’est un Murat désenchanté qui commande la grande réserve de cavalerie pendant la campagne de 1812. Impuissant à rallier la Grande Armée après la Bérézina, il quitte son poste pour son royaume napolitain, rejoint Napoléon en Allemagne en 1813 avant de repartir pour Naples après le désastre de Leipzig. Avec la chute du Grand Empire, le «roi Joachim» se rêve souverain d’une Italie unifiée et indépendante. Il abandonne Napoléon au début de 1814, ce qui lui vaut une année de sursis. Mais les Cent-Jours l’amènent à changer de camp une seconde fois : son armée marche vers le Nord au moment où l’Aigle vole vers les tours de Notre-Dame. Défait par les Autrichiens à Tolentino en mai 1815, Murat doit fuir Naples. Caché en Provence puis en Corse, il tente, en septembre, un retour offensif dans son ancien royaume, mauvaise copie du débarquement de Napoléon à Golfe-Juan six mois plus tôt. Arrêté, l’ex-roi de Naples est traduit devant une commission militaire et exécuté après un simulacre de procès.

Vincent Haegelé nous révèle un Murat plus complexe que le sabreur des grands tableaux d’histoire : un homme fragile, sujet à la mélancolie et à la dépression, derrière la façade du général cavalcadant ; un militaire qui se voudrait politique et administrateur, à l’exemple de son impérial modèle ; un héros écrasé, comme tant d’autres contemporains, par la stature de l’Empereur, ce Napoléon tantôt adoré et adulé, tantôt jalousé, voire haï. Dans le récit, la carrière italienne de Murat, proconsul d’Italie du Nord ou roi de Naples, l’emporte sur les exploits du commandant de la cavalerie napoléonienne.

Cinq ans après son Napoléon et Joseph Bonaparte : le pouvoir et l’ambition, recensé dans ces colonnes, Vincent Haegelé éclaire à nouveau d’un jour sans complaisance les ambiguïtés du système familial de Napoléon. L’auteur annonce un prochain livre, où ce «système fédératif» sera envisagé dans son ensemble.


Thierry Sarmant
( Mis en ligne le 13/10/2015 )
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